Pélaguée

Définition et enjeux

Portrait de Maxime Gorki Maxime Gorki La Mère (1907)

Parvenue au premier rang, la mère regardait son fils qui la dominait. Elle se sentait pleine de fierté : Pavel était là au milieu des vieux ouvriers les plus estimés, tout le monde l’écoutait et l’approuvait. Pélaguée admirait son sang-froid, sa simplicité ; il parlait sans se fâcher, ni jurer comme les autres.
Les exclamations, les cris de mécontentement, les invectives pleuvaient comme des grêlons sur un toit de zinc. Pavel regardait la foule et, de ses yeux grands ouverts, il semblait chercher quelque chose parmi les groupes.
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Portrait de Maxime Gorki Maxime Gorki La Mère (1907)

Il n’y a pas de souffrance plus amère que celle qui, jour après jour, dévore le cœur et dessèche la poitrine...
L’espion se précipita au-devant d’elle et brandissant son poing devant le visage de la mère, cria d’une voix aiguë :
— Tais-toi, canaille !
Les yeux de Pélaguée s’élargirent et étincelèrent ; sa mâchoire trembla. Collant ses pieds à la dalle glissante, elle cria :
— On ne tue pas une âme ressuscitée.
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Portrait de Maxime Gorki Maxime Gorki La Mère (1907)

Ils verront !
Ces paroles effrayèrent Pélaguée ; elle regarda Rybine et remarqua combien il avait changé et maigri : sa barbe n’était plus carrée, mais inégale ; on entrevoyait au-dessus les os des pommettes. De fines veines rouges se dessinaient sur la cornée bleuâtre, comme s’il eût été en proie à l’insomnie. Son nez était devenu plus cartilagineux et crochu, comme le bec d’un rapace. Le col déboutonné de sa chemise, jadis rouge et imbibée de goudron, découvrait des clavicules sèches et l’épaisse toison noire de la poitrine.
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