Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ Alors les jeunes gens entrèrent dans le café et se dirigèrent vers le comptoir. — Saint-Eugène est-il ici? demanda Marius à une grosse femme qui trônait derrière quatre planches d'acajou, entre un bocal de prunes et un bocal de cerises, les doigts criblés de bagues en chrysocale et les tempes couvertes d'accroche-coeur. —M. Saint-Eugène vient de sortir, dit la dame en minaudant ; mais vous le trouverez dans la journée ; il ne bouge pas de chez nous, ajouta-t-elle en caressant sa tempe gauche, comme si l'artiste y avait accroché son coeur avant de s'éloigner. ”
