“ C’étaient presque tous de grands et fermes garçons, des bruns bien découplés, recrutés dans toutes les castes de l’île, dans les fermes de Zoudbertinge aussi bien que dans les taudis de Klaarvatsch. La Ghilde, d’essence très démocratique, fondait les fils de notables avec la progéniture mâle des pillards d’épaves et des coureurs de grèves. ”
Ghilde
Définition et enjeux
Citations sur “ghilde”
Dictionnaire de théologie catholique
“ Partout au Xe et XIe siècle, on les trouve unis dans les Ghildes, et partout ces Ghildes bourgeoises sont confondues avec la commune ; l’autorité de la Ghilde est celle de la cité : à Londres, la Ghilda mercatoria, à Cologne, la Richerzeclieit, à l’aris, les mercatores aquæ, en Flandre, les Geschlechten. Ce sont les génies, les lignages, les patriciens de naissance. ”
“ Les Govaertz et les autres invités le suivirent en bas dans la vaste orangerie dont on avait ouvert sur l’ordre de la toujours invisible Blandine, les larges portes vitrées. Les musiciens de la Ghilde se sont formés en demi-cercle au pied du perron. Ils soufflent à pleins poumons dans les tubes à larges pavillons et martèlent en conscience la peau d’âne des caisses. Tous portaient, à quelques variantes près, le costume pittoresque des gars du pays. Chez beaucoup, l’accoutrement, élimé et même rapiécé, contractait plus de patine et de ragoût que les nippes trop neuves des convives. ”
Paul Lacroix,
Le Moyen-âge et la Renaissance…
(1848)
“ L'élément urbain se développe dans les pays Scandinaves par l'application du principe de la ghilde, ou confrérie jurée, au gouvernement des villes : la ghilde ne s'y transforme pas comme chez nous : elle y garde son nom et ses formes spéciales. En Angleterre, des ghildes urbaines s'étaient également formées sous les Saxons : elles n'y embrassent pas l'universalité des habitants de la ville : elles y prennent un caractère étroit et exclusif, que les corporations municipales anglaises doivent conserver en partie jusqu'à nos jours. ”
Jules Belin de Launay,
La ghilde n'est pas l'origine de la commune…
(1855)
“ Est-il explicable que, lorsqu'on connaît l'essence des corporations Romaines , lorsqu'on admet l'influence du christianisme et même celle de l'association jurée pour la Paix et la Trêve de Dieu, on croie devoir recourir à la ghilde pour expliquer les caractères originels de la commune, examinés ou séparément ou par leur ensemble ? ”
Philippe-Joseph-Emmanuel de Smyttère, Notice historique sur les armoiries… (1862)
“ Les confréries qu'on appelait en flamand ghilden, instituées à Cassel, dans ces derniers siècles, n'étaient pas uniquement, comme on l'a dit, des réunions d'hommes qui s'assemblaient, à certains jours, sous l'attrait de la sympathie et du plaisir, pour s'exercer soit à l'arc, soit à l'arquebuse, soit à l'art dramatique ”
Ernest Prarond,
De quelques assertions de M. Fl…
(1861)
“ Et M. Lefils renvoie sur les ghildes à M. Augustin Thierry : « Voir, dit-il, sur les gueuldes ou ghildes, M. Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, introd. ch. V.- M. Louandre ne fait pas le même renvoi dans la page 333 copiée ici, mais parcourez l'extrait suivant, également emprunté à M. Louandre, et vous trouverez à la page 261 la même indication exactement: « Voir sur les gueuldes, etc. » Enfin tout le renvoi textuel de M. Lefils. ”
Nicolas Martin, Poètes contemporains en Allemagne
“ La belle Hildegonde alors prend le saint voile, et, d’une bouche, hélas ! pâle comme la mort, consacre à Dieu sa pauvre âme. Mais bientôt d’autres bruits circulent sur les vertes rives du Rhin : — Nulle épée, disait-on, n’a pu le vaincre, mais l’amour seul. Ah ! la pointe acérée d’une lance perça profondément son cœur, quand il apprit que la belle Hildegonde était désormais fiancée à Dieu. Il se fit construire une cellule là-haut sur le rocher, afin que ses yeux pussent plonger sans cesse dans le cloître au milieu du Rhin. ”
“ C’est la baronne Hilda, morte ou captive ! — C’est une personne vivante, reprit le major fort ému en relevant le voile ; mais ce n’est pas la baronne Hilda. C’est une femme que je connais. Approchez, Joë Bœtsoï ; entrez, Christian. Il n’y a rien ici de ce que vous imaginiez. Il n’y a que la pauvre Karine, évanouie ou endormie. — Non, non, dit le danneman en s’approchant doucement de sa sœur, elle ne dort pas, elle n’est pas évanouie, elle est en prières, et son esprit est dans le ciel. Ne la touchez pas, ne lui parlez pas, avant qu’elle se relève. ”
Mary Mapes Dodge,
Les Patins d’argent
“ Hilda tourna autour de la cabane ; elle vit que le toit abaissé était tout frangé par le chaume en mauvais état. Au moment de regarder, une pensée soudaine l’arrêta. « Je n’ai pas le droit, se dit-elle à elle-même, de regarder ainsi dans la maison qui ne m’est point ouverte. » Appelant doucement Gretel, elle lui dit tout bas : « Il vaut mieux que vous regardiez, Gretel ; vous verrez plus vite qu’il dort, qu’il dort seulement peut-être. » Gretel essaya de marcher vitement en se dirigeant vers le carreau, mais ses jambes flageolaient. Hilda courut à elle et la soutint. ”
Mary Mapes Dodge,
Les Patins d’argent
“ « Comment vous appelez-vous, petite fille ? lui demanda Hilda. — Gretel, mademoiselle, répondit l’enfant, saisie de respect à la vue des beaux atours de son interlocutrice, bien qu’elle fût à peu près du même âge qu’elle. Et mon frère s’appelle Hans. — Hans est un garçon solide, dit gaiement Hilda. Loin d’avoir froid comme tant d’autres, il semble avoir un poêle caché dans la poitrine. Mais vous paraissez transie, vous, ma mignonne ; vous devriez mieux vous vêtir. » ”
Mme Jos. Périn de Gradenstein, Contes gothiques. Tome 1 (1818)
“ Hildegarde l'appela : Viens , mon fils , dit-elle, jeune homme aimé de Dieu et des anges , qui ne sont pas plus purs que toi ; viens , qu'Athulph embrasse en toi celui qui a changé mon coeur, celui qui me donna la pensée et l'exemple du sacrifice. — Ah ! je l'avais deviné, dit Athulph en se précipitant vers lui. Mais Hugues resta dans la même attitude , cachant dans les rideaux son visage inondé de pleurs et poussant de tristes gémissemens. Il avait pitié d'Hildegarde ; son coeur , brisé de tant de combats , ne voulait point pour lui d'adoucissement à sa douleur. ”
Mme Jos. Périn de Gradenstein, Contes gothiques. Tome 1 (1818)
“ Hildegarde déjà couverte de vêtemens où brille la plus grande magnificence , veut mettre elle-même la dernière main à la parure de sa fille ; elle se plaît à orner sa tête , son cou et ses beaux bras de joyaux superbes; elle essaye, ajoute , retranche, compare, et se consulte long-temps avant de se décider; car rien n'est assez beau , rien n'est assez précieux pour la fille bien-aimée d'Hildegarde. Enfin l'orgueil maternel est satisfait ; Hildegarde se place à quelque distance de sa fille pour mieux juger de l'effet que va produire sa beauté ”
“ Le sort de cette pauvre baronne Hilda a été si triste ! Savez-vous que mes soupçons ont encore augmenté, depuis tantôt, sur son genre de mort ? — Au diable ! reprit M. Goefle ; je ne suis plus en train de ressasser les histoires du passé, moi ! Je me sens en humeur de rire et de courir. À l’œuvre, Christian, à l’œuvre, et à demain les idées tristes ! Voyons, passez donc cette robe à la polonaise ; elle est magnifique ! Pourvu que vos épaules y entrent, le reste ira tout seul. ”
Anna Geiger, Souvenirs de femme (1876)
“ Elle avait pour le dessin un talent remarquable et son imagination trouvait mille sujets qui devenaient en quelques coups de crayon des croquis charmants. La fantaisie dominait dans la nature d'Hilda bien plus que la pensée; c'était un caractère tout d'impulsions et de sensations. Olga s'avança tout doucement derrière elle pour la surprendre. Hilda dessinait toujours. — Comme c'est ressemblant ! s'écria Olga quand elle eut jeté les yeux sur le portefeuille de sa sœur. Hilda, tu es une artiste, toi aussi ! La nature a fait de toi un peintre. Il faut que nous t'emmenions en Italie. ”
J.-J. Ampère,
Revue des Deux Mondes
“ Le monde, ajouta-t-il en souriant, semble vouloir faire comme nous, et l’empire passer aux Barbares. Hilda, tu m’as conservé la vie, tu m’as ouvert le ciel ; j’ai besoin de toi pour la vie et pour le ciel. — Hilda était de plus en plus troublée. — Et qui, dans cette solitude, bénirait l’union de deux chrétiens ? dit-elle en rougissant. — Il faut fuir, Hilda, s’écria Lucius ; il faut fuir ensemble. Tu. me guideras à travers les détours de cette forêt, qui est ta patrie, et moi je te protégerai contre les animaux farouches ou contre les Barbares ”
Mme Jos. Périn de Gradenstein, Contes gothiques. Tome 1 (1818)
“ Bonne, tu le vois, il faut qu'il parte ; ne laissons point sa force se consumer en inutiles combats, contre son propre coeur ou contre les fantômes de son imagination. Pourquoi ne veux-tu pas que , marchant sur les traces de ses frères et sur les miennes, il aille chercher d'autres ennemis ? — Ah ! s'écria Bonne, il ira chercher les plus redoutables de tous ! ne vois-tu pas que c'est Hildegarde , Hildegarde elle-même et son cortége infernal qu'il veut attaquer? qu'il a conçu le projet d'enlever Ervina, de la soustraire, même malgré elle, au pouvoir de sa mère ?.... ”
“ Avec une Hilda, on serait sûr, au moins, de n’être pas trahi... Une Hilda ? Mais on n’épouse pas une pauvre petite Hilda Campbell, comme elle a dit... On n’épouse pas ? Pourquoi ? C’est ce que je me demande... Pourquoi ?... Parce que la vie est arrangée en dépit du bon sens. C’est l’œuvre du diable devenu fou, racontait cet autre... Décidément, mon cousin Gorka n’a pas tort, avec son éternel nitchevo. Vivons toujours. ”
Amédée Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ Ospiru, la reine des Huns, traite Hildegonde comme sa propre fille; elle lui confie l’intendance de son palais et les clés du trésor royal. « Hildegonde, dit le poète, est plus reine que la reine elle-même. » Hagen, et surtout Walter, rencontrent dans Attila une affection non moins grande : c’est lui qui préside à leurs jeux guerriers, et qui leur apprend à manier l’arc et la lance; il fait plus, il veut qu’ils étudient les sciences, et que, « croissant à la fois en intelligence et en vigueur, ils surpassent les braves par la force du corps et les sophistes par l’esprit. » ”
“ C’est sans doute parce que je suis oisif depuis quelques jours, que mon cerveau travaille malgré moi, et que j’ai été chercher dans les ténèbres du passé et de l’oubli la figure de cette baronne Hilda... — D’autant plus, dit Christian, que ce qui vous est apparu n’est peut-être pas un songe, mais tout simplement quelque personnage réel dont le costume s’est trouvé ressembler à celui de ce vieux portrait. — J’aimerais à le croire ; mais les gens qui passent à travers les murs ne sont autres que les maussades habitants du pays des idées noires. — Attendez, monsieur Goefle ”
Récits et nouvelles illustrés (1892)
“ Le lendemain, ébahissement complet du père, de la mère et de Gildas. Ce dernier, après avoir écouté avec attention le récit de Malo, s'écrie d'un air fanfaron : « Moi, je suis beau, grand et fort pour mes dix ans! Je demanderai .donc ce que Malo a laissé ; avec cela, il ne me manquera plus rien! » Un soir que les étoiles brillent dans un ciel pur, Gildas se glisse hors de la hutte, parvient sans encombre à la clairière, est entraîné par les nains dans une ronde folle, puis, après une courte délibération des korrigans, est sommé de choisir un don. ”
Hildebrand, Scènes de la vie Hollandaise, par Hildebrand
“ Aussi bien, ne pouvons-nous tout exiger.—Assurément non! dit M. Witse.—Et puis, continua madame, qui sait si cela serait bon pour lui? Un professeur doit étudier si terriblement!—Il le doit sans doute, ma chère, mais ce serait là le moindre pour notre Gerrit.—Oui, je veux bien le croire, reprit la mère de Gerrit; c'est seulement pour dire, et je puis vous assurer sincèrement que je n'y pense jamais.—Eh! il ne faut pas rejeter cela si loin! répondit le père de Gerrit.—Non! dit la mère de Gerrit, certainement non. ”
Jean-Jacques Ampère,
Mélanges d'histoire littéraire et de littérature…
(1867)
“ Tu veux que je vive, Hilda? dit Lucius avec impétuosité. Ah! je vivrai si tu peux m'aimer. Vois-tu, il n'y a plus ici de maître et d'esclave, il n'y a plus qu'une belle jeune fille et un jeune insensé qui a jeté sa vie à toutes les folies humaines et qui n'a jamais possédé une heure de félicité; mais cette heure toujours attendue et jamais trouvée, tu peux la lui donner, Hilda. ”
Jacques Normand, Le Monde où nous sommes, par Jacques Normand (1884)
“ J'aperçus ma cousine Hildegarde, mais Hildegarde transfigurée, superbe, magnifique, revêtue du costume de la fin du XIIIe siècle, celui de l'héroïne dont l'histoire me passionnait. Ses beaux cheveux blonds, tordus en nattes, sortaient des deux côtés du chaperon, de forme cylindrique, et tombaient en flots pressés sur ses épaules. Un voile transparent, s'enroulant autour de son cou, enveloppait son visage d'une blancheur de lait ; un corsage montant, à manches justes, d'un bleu pâle, serrait sa taille élégante ”
Mme Jos. Périn de Gradenstein, Contes gothiques. Tome 1 (1818)
“ Ah ! répondit Hugues, tu veux sans doute me tromper par les dehors d'une amitié à laquelle je me garderai bien de croire. Pourquoi feindrai-je ? reprit Hildegarde : la force et la puissance dédaignent la feinte qui est le rempart de la faiblesse..... Levez-vous, Hugues, vos liens sont rompus. — En effet Hugues se trouva libre. Confus et ne sachant que penser, il sortit de la nacelle. La présence d'Hildegarde agissait sur lui d'une manière bien différente de ce qu'il avait attendu d'elle. ”
Hildebrand, Scènes de la vie Hollandaise, par Hildebrand
“ Il n'était rien moins que séduisant, avec ses longs cheveux défrisés et tombant en désordre sur son pâle visage, sa robe de chambre usée, ses bas de laine et ses pantoufles éculées.—Vous ici, monsieur Hildebrand? dit-il en entrant.—J'avais une commission pour vous! répondit l'interpellé.—Charmant! charmant!—Monsieur désire peut-être vous parler seul! dit le digne Bout; je vais gober un bout de service; la chose sera sans doute déjà en train.Van der Hoogen rit aux éclats de cette plaisanterie.Peut-on s'imaginer aussi rien de plus plaisant que de se railler de la religion? ”
George Sand,
L’Homme de neige
(1859)
“ En donnant cet enfant bien-aimé aux susdits époux Goffredi, j’ai cru remplir le vœu de la défunte baronne Hilda, laquelle désirait qu’il fût élevé loin de ses ennemis, par des gens instruits et vertueux, lesquels, sans aucun motif d’intérêt, l’aimeraient comme leur propre fils, et le rendraient propre à soutenir un jour dignement le nom qu’il doit porter et le rang qu’il doit recouvrer après la mort de ses ennemis, laquelle mort, d’après l’ordre de la nature, doit précéder de beaucoup la sienne. ”
“ « Vous arrivez trop tard, lui répond le père d’Hildegonde, ma fille s’est unie au Christ. » - Sur la rive droite du Rhin, juste vis-à-vis de Nonnenwerth, s’élève un pic aride et nu (aujourd’hui le Rolandseck) ; l’amant infortuné s’y construit une hutte ; de là son regard plongera nuit et jour dans la cellule où gémit sa pauvre bien-aimée, de là son oreille entendra le son des cloches appelant le cloître à la prière, et distinguera même pendant l’office divin la voix ineffable d’Hildegonde s’élevant vers le ciel sur des nuages d’encens. ”
Anna Geiger, Souvenirs de femme (1876)
“ Ce besoin de se rapprocher de celle qui avait été la compagne de toute sa vie devenait d'autant plus ardent que Hilda avait le doux espoir d'être bientôt mère. Parler avec son Olga du petit être adoré qu'elle attendait avec tant de joie, c'eût été pour le cœur de Hilda une telle fête ! Toutefois ce rapprochement si difficile à éviter était impossible ; il n'eût fait que hâter la fin de la malade. Le comte le savait. Il ne vit qu'un parti à prendre : c'était de tout dire à son gendre. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Il va sans dire que Hildegonde se tira avec honneur de l’épreuve, grâce à la divine Providence, et que le coupable se brûla horriblement. On rend son cheval à la sainte et la voilà partie à la recherche de son chanoine ; elle comptait sans les amis du brigand, qui lui dressent une embuscade dans un bois, la saisissent et la pendent à un arbre. Là encore, l’intervention de Dieu se manifesta : des bergers coupèrent la corde et lui sauvèrent la vie. Alors, Hildegonde revint à Cologne et embrassa la profession monastique, mais dans un couvent d’hommes. ”
