Antoine de Saporta

Résumé

Antoine de Saporta Revue des Deux Mondes

L’usage ou, pour mieux dire, l’abus du fard règne universellement dans les harems de Syrie. Par malheur, à la date où écrit la voyageuse, les miroirs y sont rares et chers, et chaque femme n’a pour guide de sa toilette que les conseils très intéressés de ses compagnes, toujours prêtes à redouter une rivale et qui la poussent avec perfidie à se barbouiller à tort et à travers. C’est un véritable concours de grossières enluminures entre odalisques : vermillon sur les lèvres, rouge sur les joues, sous le nez et le menton, au front, blanc « à l’aventure, » bleu autour des yeux.
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Antoine de Saporta Revue des Deux Mondes

On accentue, dit-il, par du noir de fumée les sourcils trop faibles ; la brune corrige son teint avec de la céruse ; celle qui se juge pâle se barbouille d’un fard liquide (de rouge sans doute) ; ces sortes d’emplâtres trahissent chez celles qui les portent non unie plaie extérieure, mais une véritable maladie de l’âme. « Malgré tes ornemens de pourpre et d’or et tes yeux peints à l’antimoine, ta beauté est vaine, » dit-il, citant Jérémie. Une femme peinte se transforme en idole, ce qui est contraire à la loi divine.
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Bien vives sont à l’heure actuelle les souffrances de l’agriculture. Les guérir tout à fait, beau rêve, mais aussi étrange utopie. Les soulager, à merveille ! mais encore faut-il que la difficulté de la situation ne résulte pas de la brutalité inéluctable des faits. Or, l’huile de colza, après avoir jadis glorieusement illuminé les phares, brillé dans les réverbères, les lampes Carcel, les fanaux, se voit aujourd’hui évincée par le gaz de houille, l’électricité, l’acétylène, le pétrole, sur les voies publiques, dans les magasins, les plus humbles ménages.
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