Résumé

Gabriel Pélin Six mois à Mazas en 1862 et 1863… (1863)

Ce ne sera plus l'homme privé que la prévention fera souffrir, ce sera une masse compacte de travailleurs ou de capitalistes, toute une industrie, vous préparerez la faillite et la destruction.
Non, la loi morale se révolte à penser que le chef d'une maison puisse être enlevé ainsi sans des motifs impérieux. ! — La répression ne refuse pas terme à l'expiation d'une faute, et quand cette faute n'est pas évidente et palpable, vous, garantie sociale, vous venez briser le lien social, et vous ne vous préoccupez pas du résultat de votre oeuvre?
Source : Gallica

Gabriel Pélin Six mois à Mazas en 1862 et 1863… (1863)

Voilà la moralité du système préventif.
Dans cet état préventif, il y a encore des choses énormes, monstrueuses, que nous signalerons en passant.
L'homme malade qui meurt dans ces affreuses cellules que Mazas impose, même aux moribonds!
Voyez-vous ce malheureux prévenu qui râle loin des siens et va rendre son âme à Dieu ! Sa famille pleure au guichet, un de ses plus proches parents pourra, seulement aux jours des visites, s'approcher de son lit. Il est condamné à mourir seul ; après la mort l'instruction permettra que la famille emporte le cadavre... si elle peut payer le droit de fosse.
Source : Gallica

Gabriel Pélin Six mois à Mazas en 1862 et 1863… (1863)

Passons maintenant sur toutes ces choses, et, dans ce Mazas préventif, il va nous rester encore à apprécier une série de mesures étranges, prises en vertu de l'autorité d'un règlement qu'a fait le bon plaisir administratif.
Ce n'est pas assez de n'accorder au prévenu qu'une cellule étroite, à l'air raréfié, et de ne lui accorder la vue du ciel que trois quarts d'heure chaque jour, il faut qu'on lui refuse les adoucissements accordés dans les prisons pour peine; et l'honnête homme en est ainsi réduit à envier le sort du condamné.
Source : Gallica

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