Jacques Arago

Jacques Arago

Résumé

Portrait de Jacques Arago Jacques Arago Comme on dîne à Paris (1842)

Ce qu'il faut à la Régence de notre époque, c'est ce qu'il fallait à la Régence des jours éteints, de l'air libre, du gazon odorant, des bois touffus, des chevaux infatigables de l'espace ; mais surtout les fumées d'un vin généreux, les étincelles du Champagne, les caresses et la colère de la souveraine du jour et les dettes, que je me garderai bien d'oublier.
La dette ! le lion qui n'a pas de dette perd son titre de lion, c'est une brebis qui se fait
tondre, un chien qui se laisse museler, un taureau sans puissance, un dominateur sans esclaves.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Arago Jacques Arago Comme on dîne à Paris (1842)

Hélas! dit la philosophie, c'est le diner qui tue le plus vite, c'est celui qui fait douter de la tendresse , de la pitié des hommes, c'est celui qui conduit au crime, à l'échafaud, c'est celui qui jette le plus de cadavres à la Seine: car il ne vient pas toujours à l'appel du malheureux, et il le laisse se tordre dans le supplice de la faim.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Arago Jacques Arago Comme on dîne à Paris (1842)

Venons au diner de Mariette.
Elle a une toute petite poêle, un tout petit pot, point de gril, un réchaud imperceptible, du bois acheté en cotrets, du charbon pris à la livre, deux chaises d'inégale hauteur, une table assez grandette, mais où le couvert ne s'étale jamais, car on y repasse les cols, les manchettes, les guimpes, et le frugal diner y laisserait peut-être des traces dangereuses. Je vous l'ai dit : Mariette est la plus propre des jeunes filles, et l'on dirait qu'elle se promène toujours dans une atmos.
Source : Gallica

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