Résumé

Jean Vidailhet Pour ceux de la montagne et des vallées… (1909)

Les pattes du mouton, en effet, sont comme autant de petites pioches qui délitent les cailloux et mettent la terre en poudre. Elles rayent les pentes de multiples sentiers entrecroisés qui forment comme des filtres par où l'eau glisse sous les pierres; bientôt ces pierres qui ne sont plus soutenues, roulent, s'entraînent les unes les autres. Le mal serait plus lent si les herbes pouvaient fixer le sol; mais le mouton ne coupe pas l'herbe, il l'arrache. Plus une radicelle ne reste. Alors un jour d'orage, soudain la montagne s'ouvre, crève.
Source : Gallica

Jean Vidailhet Pour ceux de la montagne et des vallées… (1909)

La nourriture vous restaure davantage peut-être, mais elle vous alourdit en vous restaurant. Le vin vous éveille, mais il vous enivre en vous éveillant; l'air, au contraire, est tout ensemble doux et fort ; il calme et fortifie, il semble qu'il agisse sur l'âme.
Oui, quand on respire à pleine poitrine, près d'une forêt, on sent son coeur battre plus librement plus disposé à s'ouvrir aux sentiments affectueux ; que disje, et qui ne l'a pas éprouvé, on est comme détaché de la terre elle-même et tout enchanté de cette vie nouvelle.
Source : Gallica

Jean Vidailhet Pour ceux de la montagne et des vallées… (1909)

Mais une trouée imprudente, une éclaircie exagérée dans la forêt, y deviennent bientôt un couloir d'avalanches. Et, alors, « dès qu'un peu de neige perd l'équilibre, beaucoup de neige, infiniment de neige, s'ébranle, et l'on dirait que la montagne elle-même s'écroule : le vent qui précède la neige emporte les rochers, les maisons, les hameaux; neige, rocs, débris, l'avalanche a passé sur des villages endormis à jamais. Si l'armée des arbres s'était alignée sur les versants du précipice, elle aurait arrêté l'ennemi, elle aurait divisé, brisé son effort. »
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature