Jean Vidailhet, Pour ceux de la montagne et des vallées… (1909)
“ Les pattes du mouton, en effet, sont comme autant de petites pioches qui délitent les cailloux et mettent la terre en poudre. Elles rayent les pentes de multiples sentiers entrecroisés qui forment comme des filtres par où l'eau glisse sous les pierres; bientôt ces pierres qui ne sont plus soutenues, roulent, s'entraînent les unes les autres. Le mal serait plus lent si les herbes pouvaient fixer le sol; mais le mouton ne coupe pas l'herbe, il l'arrache. Plus une radicelle ne reste. Alors un jour d'orage, soudain la montagne s'ouvre, crève. ”
