Julie Gouraud

Résumé

Julie Gouraud Le petit colporteur (1876)

Pierre ne bougeait pas.
SUZANNE.
Eh bien! faut-il t'aider?
PETIT PIERRE.
Non, mais.
SUZANNE.
Mais, quoi? t'imagines-tu, par hasard, que nous allons te laisser sur la route? Ton accident est de bon augure pour moi. Maintenant, je n'ai plus peur d'être battue, dit Suzanne, en regardant Georges d'un air moqueur. Pierre était entouré d'amis, et, comme l'avait dit Suzanne, il ne resterait pas sur la route.
La gentille fermière, sans souci de sa belle jupe bleue brodée d'un ruban d'or, de sa chemisette blanche et de son beau corsage, se mit en devoir de frotter le pied du voyageur.
Source : Gallica

Julie Gouraud Le petit colporteur (1867)

PIERRE.
Je ne sais pas monsieur, mais le fait est que je suis très-étonné d'avoir commis une pareille faute.
Moi, avoir joué! avoir osé me placer à côté de ces beaux messieurs et de ces belles dames ! Et jeter mon argent sur ce tapis vert ! Ah! si celui qui l'a gagné savait ce qu'il m'a coûté de peine, et surtout le bonheur que j'aurais eu de le donnera ma mère, il me le rendrait, j'en suis sûr!
LE COMTE.
Tu es dans l'erreur, mon pauvre garçon, tout argent est bon pour le joueur. L'amour du jeu éteint dans le cœur de l'homme les plus nobles sentiments.
Source : Gallica

Julie Gouraud Le petit colporteur (1876)

Pierre trouvait cela si joli, qu'il ne pouvait en détacher ses yeux. « Mais, pensa-t-il, les voyageurs doivent être entrés, et, si je m'y prends bien, je pourrai profiter de leur instruction. » Il entre donc : à l'éclat du jour succède une ombre mystérieuse qui transforme en un pieux recueillement sa curiosité.
L'horloge l'avertit qu'il était midi moins un quart, et, voyant arriver des soldats, des enfants avec leurs mères, des curieux de toutes sortes, qui se dirigeaient vers la fameuse horloge, il alla prendre place pour voir de ses yeux ce qu'on lui avait raconté tant de fois.
Source : Gallica

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