“ Elle les regarda pâlir, leur tourna le dos et s’assit sur un lit à côté de Paphnuce, La voix de Cotta, impérieuse et bienveillante, domina tout à coup le murmure des propos intimes, — Amis, que chacun prenne sa place ! Esclaves, versez le vin miellé ! Puis, l’hôte élevant sa coupe : — Buvons d’abord au divin Constance et au génie de l’Empire. La patrie doit être mise au-dessus de tout, et même des dieux, car elle les contient tous. Tous les convives portèrent à leurs lèvres leur coupe pleine. ”
Cotta
Définition et enjeux
Citations sur “Cotta”
“ Puis, levant la tête et portant sa main sur ses yeux, pour n’être point aveuglé par le soleil, il enfla sa voix : — Holà ! Paphnuce. S’il te souvient que tu fus mon hôte, réponds-moi. Que fais-tu là-haut ? Pourquoi y es-tu monté et pourquoi y demeures-tu ? Paphnuce, considérant que Cotta était idolâtre, ne daigna pas lui faire de réponse. Mais Flavien, son disciple, s’approcha et dit : — Illustrissime seigneur, ce saint homme prend les péchés du monde et guérit les maladies. — Par Jupiter ! tu l’entends, Aristée, s’écria Cotta. Le néphélococcygien exerce, comme toi, la médecine ! ”
“ Une autre fois, nous reprendrons notre dispute ; mais présentement, si c’est la commodité de Balbus, écoutons-le. J’aimerais mieux, reprit Balbus, que Cotta lui-même continuât le discours, à condition que cette éloquence, dont il vient de terrasser de faux Dieux, lui servirait à établir les véritables. Car enfin, sur une si grande matière, les opinions vagues et flottantes de l’Académie ne sont pas ce qui convient à un philosophe, à un pontife, à un homme tel que Cotta : il lui faut un dogme certain et stable, comme le nôtre. ”
“ Mais enfin je voudrais bien savoir comment une chose, qui serait claire pour Velléius, serait impénétrable pour Cotta ? Je sais ce que c’est qu’un corps, je sais ce que c’est que du sang : mais je ne sais point du tout ce que signifie comme un corps, comme du sang. Vous ne faites pas le mystérieux avec moi, comme Pythagore avec ceux qui n’étaient pas de ses disciples : vous n’affectez pas, comme Héraclite, de parler obscurément : il faut, ce qui soit dit entre nous, que vous ignoriez vous-même le sens de ces paroles. ”
Henri Blaze,
Revue des Deux Mondes
“ En feuilletant cette infinité de publications poétiques que le libraire Cotta édite sans relâche, et qui, chose étrange, se vendent toutes plus ou moins, tant est vivace aujourd’hui encore le goût des vers dans cette Allemagne de Mme la comtesse Hahn-Hahn et de M. de Sternberg, il nous a semblé surprendre chez l’auteur de ce mince volume un romantisme doucement élégiaque, une fraîcheur native, que nous avons essayé de faire apprécier. Ici rien de titanique, de byronien. La douleur humaine, quand elle se rencontre, n’est guère qu’un soupir, qu’une larme assez rapidement séchée. ”
Samuel-Henry Berthoud, Les Soirées du Dr Sam... (1871)
“ Le Morgenblatt est une des premières revues que l'on ait publiées en Europe : elle date de 1800 et eut pour fondateur le baron Cotta de Cottendorf, célèbre éditeur allemand que les écrivains mes contemporains se rappellent avoir vu souvent chez Ladvocat, qui tenait alors le haut bout de la librairie parisienne. Cotta était un petit vieillard, vert, sec, portant, la tête haute, parlant la langue française avec pureté, sauf un accent germanique fortement caractérisé. ”
“ On disait qu’au moment où Cotta, après une longue dispute, avait confessé la vérité, un ange était venu du ciel essuyer la sueur de son front. On ajoutait que le médecin et le secrétaire du préfet de la flotte l’avaient suivi dans sa conversion. Et, le miracle étant notoire, les diacres des principales églises de Libye en rédigèrent les actes authentiques. On peut dire sans exagération que, dès lors, le monde entier fut saisi du désir de voir Paphnuce, et qu’en occident comme en orient, tous les chrétiens tournaient vers lui leurs regards éblouis. ”
Amédée Prévost, Revue des Deux Mondes
“ Ce n’est que dans un pays de dévoûment pour la science, d’amour impartial et persévérant pour la vérité, que les livres peuvent devenir une puissance, et dans toute autre contrée on ne comprendrait ni la carrière de Cotta, ni ses succès, ni l’influence étendue qu’il avait fini par acquérir dans sa patrie. Nous sommes habitués en France à tout considérer sous le point de vue pratique et politique ; c’est une tendance que nous a léguée la philosophie du dernier siècle. ”
“ Il faut que ce moine soit atteint dans quelque organe caché. D’ailleurs, son genre d’existence n’est pas aussi singulier qu’il te semble, Lucius. Rappelle-toi les gymnosophistes de l’Inde qui peuvent garder une entière immobilité, non point seulement le long d’une année, mais durant vingt, trente et quarante ans. — Par Jupiter ! s’écria Cotta, voilà une grande aberration ! Car L’homme est né pour agir et l’inertie est un crime impardonnable, puisqu’il est commis au préjudice de l’État. ”
Adam Oehlenschläger,
Théâtre choisi de Oehlenschlaeger et de Holberg…
(1881)
“ Le mandat tant désiré arriva enfin: mais le compte de l'hôtel en absorba la plus grande part. Le pauvre voyageur, trompé par la fortune, se confia aux Muses. Il réunit ses poésies inédites, Hakon Jarl, Palnaloke, prit le chemin de Stuttgard, et s'en alla tout droit chez Cotta, l'éditeur de Goethe et le Mécène des jeunes poètes. Hélas! le Mécène était absent. Il fallut rester à l'hôtel et attendre. Trois semaines après, Cotta revint, paya richement les oeuvres qui lui furent présentées; et OEhlensehläger partit pour l'Italie, bénissant les libraires qui savent user noblement de leur fortune. ”
Camillo Benso Cavour, Nouvelles lettres inédites (1889)
“ Depuis ma dernière lettre, j'ai vu Cotta qui est la seule personne qui comprenne bien l'affaire. Il m'a dit qu'en réduisant le nombre des fondateurs à dix, il n'avait eu qu'un objet en vue, celui d'éviter que les marchands de soie fussent en majorité dans le conseil. Il prétend que cela aurait les plus graves inconvénients et peut-être n'a-t-il pas tort. Si on avait été juqu'à 15, cela serait certainement arrivé. Nigra et Vicino n'entendent absolument rien à l'affaire. Barbaroux en est ennuyé, quoiqu'il la comprenne fort bien. ”
Guillaume de Rubrouck,
Deux Voyages en Asie au XIIIe siècle
“ Comment la dame Cotta fut guérie par le faux moine Sergius. Il arriva ensuite, environ la Septuagésime, que la seconde femme de Mangu, nommée Cotta, devint fort malade, et Mangu, voyant que les devins et idolâtres ne savaient rien faire qui lui profitât, il envoya vers le moine lui demander ce qui se pourrait faire pour sa guérison ; il répondit assez indiscrètement qu’il se soumettait à perdre la tête s’il ne la guérissait bientôt ”
André Bellessort,
Saint François Xavier : l'apôtre des Indes et du Japon
(1917)
“ Ce ne sont pas les prodiges qui me semblent incroyables, c'est que le roi de Cotta ait tué son fils à cause de sa foi chrétienne, dans un temps où il avait besoin des armes portugaises; mais peut-être ce fils avait-il prémédité de le tuer, ce qui serait vraisemblable. En tout cas, ses deux autres fils, également chrétiens, arrivèrent à Goa, soit qu'ils se fussent enfuis ou que leur père les y eût envoyés, cousus d'or, pour maquignonner avec les Portugais une expédition contre le royaume de Jafnapatam. Tous deux allaient bientôt mourir de la petite vérole. Mais avant, l'affaire de Manar éclata. ”
Lerminier,
Les Destinées de la philosophie antique
“ Balbus vient ensuite exposer les opinions du portique, et Cotta reprend la parole pour critiquer la théologie du stoïcisme. Cotta déclare qu’en voyant les erreurs des stoïciens, il n’a plus tant de dédain pour l’ignorance du vulgaire et pour ses divinités. Il est vrai que les Syriens adorent un poisson, les Égyptiens ont divinisé presque toutes les bêtes, et les Grecs ont fait des dieux avec des hommes, ex hominibus deos. Maintenant vous, philosophes, qu’avez-vous trouvé de mieux ? Pour vous, le monde est Dieu, soit ”
Théodore Grellet-Dumazeau, Le barreau romain : recherches et études sur le barreau de Rome… (1851)
“ M. Cotta, dit Valère Maxime, le jour même où il prit la robe virile et à peine sorti du Capitole, appela en justice Cn. Carbon qui avait provoqué une condamnation contre son père et le fit condamner lui-même, inaugurant ainsi avec éclat les débuts de sa jeunesse et de son talent (2) . 11 est évident que Cotta n'avait attendu pour agir le jour du tirocinium que parce que son âge avait été un obstacle jusqu'à ce moment ; et s'il est vrai, comme le rapporte Quintilien sur une simple tradition (3) , que quelques enfants eussent paru au forum avec la (1) Pro Rose, aruer., 5t. ”
Arthur Mangin,
Voyages et découvertes outre-mer au XIXe siècle…
(1880)
“ L'expérience a réussi parfaitement. Acouasie a appris avec succès le hollandais, l'anglais, le français et l'allemand; il a étudié la minéralogie à Freyberg, en Saxe, sous la direction du célèbre Bernh. Cotta. Il s'est converti au christianisme. Son frère voulut retourner à la côte d'Or, où il espérait introduire quelque civilisation : il y fut assassiné comme coupable de tendances révolutionnaires ”
Théodore Grellet-Dumazeau, Le barreau romain : recherches et études sur le barreau de Rome… (1851)
“ Cotta lui-même, renommé pour son extrême dextérité en affaires; Lélius, plein d'esprit, d'atticisme et d'élégance; Publius Crassus, travailleur infatigable, qui accrut les richesses d'un excellent naturel de tous les trésors de l'étude; Tibérius Gracchus, initié par sa mère aux beautés des lettres grecques, mort victime de la tempête qu'il avait soulevée ; Caïus, son frère, le plus beau génie de ces anciens temps suivant Cicéron, orateur aux solides pensées, à l'imagination brillante et féconde, qui laissa des plaidoyers admirables quoique inachevés ”
Firmin Roz,
Revue des Deux Mondes
“ L’imagination anglaise ne répugne aucunement à l’inexpliqué, à l’étrange, et ce penchant que nous avons signalé déjà, à propos de quelques belles histoires de l’Inde, reparaît ici au service non plus du pittoresque, mais du symbole. George Cottar a beau grandir et avancer dans la vie, ses nuits continuent à être traversées d’un certain rêve au cours duquel il se retrouve « the brushwood boy, » l’enfant qui joue autour d’un tas de broussailles, coupées quelque part près d’une grève. ”
Édouard Le Héricher,
Normandie scandinave, ou Glossaire des éléments scandinaves du patois normand…
(1861)
“ Il y a un Cotin près de Vire qui figure dans le poème en patois, par Lallemant, la Campenade En Pic, Coter sign. possesseur d'une maisonnette de campagne, et l'a. possède Cottier, habitant d'une chaumière. Le n. p. Cottard est commun en B.-N, en b. l.Cottarius. Toutefois, cette famille pourrait bien partir du breton Koat, bois, d'où vient le f. Cotteret. Il y a. à Vauville une lande des Cottes, où se trouvent des vestiges, de campement, des tumuli. CRÈQUE, crique, en a. Creek, de l'isl. Kring. ”
Marcel Proust,
Du côté de chez Swann
(1913)
“ Le docteur Cottard ne savait jamais d’une façon certaine de quel ton il devait répondre à quelqu’un, si son interlocuteur voulait rire ou était sérieux. Et à tout hasard il ajoutait à toutes ses expressions de physionomie l’offre d’un sourire conditionnel et provisoire dont la finesse expectante le disculperait du reproche de naïveté, si le propos qu’on lui avait tenu se trouvait avoir été facétieux. ”
Marcel Proust,
Sodome et Gomorrhe
(1921)
“ demanda Mme Cottard. — Rien, cela ne te regarde pas, ce n’est pas pour les femmes », répondit en clignant de l’œil le docteur, avec une majestueuse satisfaction de lui-même qui tenait le milieu entre l’air pince-sans-rire qu’il gardait devant ses élèves et ses malades et l’inquiétude qui accompagnait jadis ses traits d’esprit chez les Verdurin, et il continua à parler tout bas. Mme Cottard ne distingua que les mots « de la confrérie » et « tapette », et comme dans le langage du docteur le premier désignait la race juive et le second les langues bien pendues, Mme Cottard conclut que M. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ COTTE. s. f. partie du vêtement des femmes, qui s’attache à leur ceinture, & qui descend jusqu’en bas. Tunica, crocota. Il ne se dit plus qu’à l’égard des paysannes, ou personnes du peuple. Les Dames de qualité l’appellent jupe. On dit encore à l’égard des enfans ; levez votre cotte, troussez votre cotte. Ménage après Scaliger, dérive ce mot du latin, crocota, dont parle Cicéron, qui est une espèce de jupe ou de robe de femmes, qui répond à ce que nous appelons cotte & cotillon. Du Cange dit que cota étoit un habillement propre aux Ecclésiastiques. ”
Marcel Proust,
Le Temps retrouvé
(1927)
“ Mme Verdurin, souffrant pour ses migraines de ne plus avoir de croissant à tremper dans son café au lait, avait obtenu de Cottard une ordonnance qui lui permettait de s’en faire faire dans certain restaurant dont nous avons parlé. Cela avait été presque aussi difficile à obtenir des pouvoirs publics que la nomination d’un général. Elle reprit son premier croissant le matin où les journaux narraient le naufrage du Lusitania. ”
Marcel Proust,
Sodome et Gomorrhe
(1921)
“ Mon exaltation était à son comble et soulevait tout ce qui m’entourait. J’étais attendri que les Verdurin nous eussent envoyé chercher à la gare. Je le dis à la princesse, qui parut trouver que j’exagérais beaucoup une si simple politesse. Je sais qu’elle avoua plus tard à Cottard qu’elle me trouvait bien enthousiaste ; il lui répondit que j’étais trop émotif et que j’aurais eu besoin de calmants et de faire du tricot. ”
“ DE COTTE, GÉNÉRAL, AIDE DE CAMP DU DEUX DÉCEMBRE. De Cotte est un aristocrate à particule, et d'une stature effilée; son regard est oblique; de ses lèvres amincies sort un sourire facile et froid ; il touche à sa 48me année. Ignorant, il affecte de dédaigner la science ; à défaut de jugement, il exerce, à tout propos, sa médisance envieuse; il est jaloux de tout et de tous. Joueur effréné, débauché sans retenue, il se hâta de gagner l'Afrique, afin d'échapper à ses créanciers qui le harcelaient. Chef d'escadron en 1842, lieutenant-colonel en 1845, il devint colonel deux ans après. ”
Paul Féval, L’Arme invisible ou le Secret des Habits noirs… (1869)
“ Il avait des bottes et son pantalon froncé sur les hanches le serrait à la ceinture comme une robe de femme. C’était lui qui « bloquait » le plus de billes et qui plaçait le plus de « mots. » Son succès était complet ; tous les hommes l’admiraient, toutes les dames le caressaient du regard. Cocotte, c’était le nom qu’on lui donnait, acceptait ces hommages comme une chose due et gagnait gaiement les sous de ses partners en guenilles. ”
P.-J. Stahl,
Les bonnes fortunes parisiennes…
(1882)
“ « Pauvre Pouff aussi! » m'écriai-je à mon tour; et mon cœur plein déborda en un déluge de larmes entrecoupées de sanglots. « Oh ! oh ! oh ! » se mit à crier une petite vieille voix déchirante ; c'était Cocotte. Cocotte savait pleurer. Vous en penserez ce que vous voudrez, mais à côté du chagrin de Cocotte le mien se sentit moins abandonné. Si Cocotte avait ri, par exemple, je crois que j'aurais eu bien de la peine à ne pas la jeter, elle et sa cage, par la fenêtre. Quand le dur de ma douleur fut passé, je mis mon front brûlant à la portière. L'air vif me fit du bien. ”
Paul Féval, L’Arme invisible ou le Secret des Habits noirs… (1869)
“ Cocotte le suivit. Dès qu’ils furent éloignés, au lieu de continuer la partie, joueurs et buveurs se massèrent en un seul groupe où l’on se mit à parler tout bas. Le résumé de l’entretien aurait pu se traduire ainsi : — Cocotte, Piquepuce et le marchef ! c’est une mécanique à grand spectacle ! L’endroit que ce bon M. l’Amitié appelait son confessionnal était tout bonnement un cabinet particulier, situé au premier étage. L’unique fenêtre de ce réduit, destiné à fêter l’amour en guenilles et Bacchus frelaté, donnait en face de la ruelle et avait vue sur le boulevard. ”
Guy de Maupassant,
Clair de lune
“ Cependant François adorait Cocotte. Il l'avait nommée Cocotte, sans malice, bien qu'elle méritât son nom; et il répétait sans cesse: «Cette bête-là, c'est une personne. Il ne lui manque que la parole.»Il lui avait fait confectionner un collier magnifique en cuir rouge qui portait ces mots gravés sur une plaque de cuivre: «Mademoiselle Cocotte, au cocher François.»Elle était devenue énorme. Autant elle avait été maigre, autant elle était obèse, avec un ventre gonflé sous lequel pendillaient toujours ses longues mamelles ballottantes. ”
