“ Oui, j’étais heureuse, je le déclarerais le lendemain matin sans attendre davantage ; heureuse de rester à Montserrou, dans une ville où les nuits sont si belles et d’où l’on voit le coteau de Palommiers, sa métairie blanche et ses grands châtaigniers tout ronds ; dans un pays où les simples artisans ont des voix de chanteurs d’opéra et font aux petites filles qui pleurnichent sans raison la grâce de bercer, de charmer leur bouderie par un chœur exécuté en plein air. ”
Montserrou
Définition et enjeux
Citations sur “Montserrou”
Stella Blandy,
La benjamine
(1882)
“ Si la place était déserte, Montserrou n'était pourtant pas encore endormi. Il m'arrivait, de l'esplanade qui entoure notre petite ville, un de ces airs patois que les jeunes gens du pays chantent en choeur, à trois parties, avec cette justesse de ton qui est instinctive chez eux et un don du terroir. Cette mélodie m'arrivait par bouffées de sonorités éclatantes ; elle semblait fêter cette nuit lumineuse et monter dans l'éther comme un hymne de reconnaissance et d'amour. ”
“ Le bon temps que celui-là ! Je trouvais qu’il était toujours trop tôt pour redescendre à Montserrou, et je disais : « Déjà ! » quand je voyais atteler la voiture. Nous partions par la route en zigzag qui contourne les pentes du coteau de Palommiers ; nous perdions de vue et nous dominions tour à tour notre petite ville, toute rouge par ses toitures et ses constructions en briques, et entourée de la ceinture verdoyante de son esplanade dont le demi-cercle est coupé droit à ses deux extrémités par la ligne bleue de la Varèze, la rivière de notre vallée. ”
Stella Blandy,
La benjamine
(1882)
“ Il était dix heures du soir. Les rues et les places des petites villes du Midi sont désertes à cette heure-là. Montserrou, que nous habitons, cet humble chef-lieu de canton de l'Ariège, n'a aucun mouvement de commerce et d'industrie qui le pose en exception de cette loi générale. Pas un passant sur cette vaste place que mon balcon dominait, et c'était vraiment dommage qu'il n'y eût personne pour admirer les jeux du clair de lune de cette belle nuit d'août. ”
Stella Blandy,
Rouzétou
(1887)
“ Depuis quinze jours on ne parlait d'autre chose au cercle de Montserrou. Les loisirs des provinciaux leur font retenir et supputer les détails que les journaux donnent au sujet des pièces théâtrales en vogue, et les amis des Lapeyre auguraient d'après cette base flatteuse les succès de la future illustration de Montserrou. Les imaginations méridionales vont vite. Quelques ergoteurs, de ces gens chagrins qui prennent toujours le contre-pied des faits les plus certains, objectaient que dans l'Olympe littéraire aussi bien que dans le ciel chrétien, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus ”
Stella Blandy,
Rouzétou
(1887)
“ Comme toutes les bastides qui sont d'anciennes villes de plaisance, Montserrou est construit d'après un plan régulier, dont l'église constitue à peu près le centre, et qui dessine un damier de rues s'entrecroisant en lignes droites. Maman Suzette savait d'ailleurs qu'il serait inutile de chercher M. Augustin Lapeyre dans les rues bordées de jardins et quasi désertes qui avoisinent l'Esplanade. Elle se dirigea tout droit vers la place de l'Église, à peu près sûre de trouver M. Lapeyre devant quelque café ou se promenant sous les arcades avec des auditeurs plus ou moins bénévoles. ”
Stella Blandy,
La benjamine
(1882)
“ Je vous ai surprise l'autre jour regardant du côté de ce rideau de peupliers qui coupe en deux la plaine devant nous. Quand je vous ai demandé quelle était cette tour ronde qu'on apercevait au delà, vous m'avez répondu en soupirant que c'était le clocher de Montserrou. Depuis, je vous ai revue bien des fois à la même place, absorbée dans la contemplation du lointain, et j'ai compris ce qui vous y attirait. Les premiers amis sont les meilleurs, mon enfant, ceux qui nous comprennent le mieux. Surmontez un peu de fausse honte. Voulez-vous que je vous conduise chez M. Semalens ? ”
Stella Blandy,
La benjamine
(1882)
“ J'essayais de rire moi-même et je m'en sentais allégée. Tout effort est sain et profite. L'Angelus du soir sonnait quand nous atteignîmes l'esplanade qui entoure la petite ville de Montserrou de sa double rangée d'arbres et de verdure. Le sonneur, un vieillard sourd qui avait la passion de ses cloches, les manoeuvrait avec art. Ce gai carillon me pénétra l'âme. Oh ! je ne pensais plus à ce cauchemar parisien que j'avais traversé. Rien qu'à entendre ces notes s'envoler par groupes ailés du haut de la tour à créneaux, je sentis descendre en moi cette paix qui m'avait délaissée. ”
Stella Blandy,
La benjamine
(1882)
“ Peut-on rien rêver de plus excentrique ? Aussi je vous réponds que l'originalité des Anglais, maître et valet, défraye les cancans de Montserrou, et, si je m'étais oublié à les écouter, j'aurais de vraies légendes à vous répéter, ces curieux prenant leurs assertions dans leurs imaginations plutôt que dans leurs découvertes réelles. Personne autre que moi, si ce n'est M. Semalens, n'a pénétré dans l'en¬ clos de la prairie dont John tient fermée la barrière de bois, récemment fournie d'une serrure. ”
Judith Gautier,
Le Collier des jours
“ On me confiait à mon grand-père, qui vivait, avec ses deux filles, sœurs de mon père, au Grand-Montrouge.Un jardin!... des fleurs!... des arbres!... la vraie campagne!... Cela me séduisit tout de suite. J'étais grisée par tant de lumière, après la pénombre de l'impasse d'Antin. Le temple grec de la barrière Monceau, et même les beautés sahariennes du terrain vague, furent vite éclipsées par les splendeurs champêtres du Grand-Montrouge. ”
De Montmartre à Montserrat : d'un moulin à un monastère (1899)
“ Aujourd'hui, je pars pour Montserrat, et après un arrêt à Monistrol, où, pour la montée, qui devient rapide, on est obligé d'employer un système de crémaillère, j'arrive dans une région absolument grandiose, où les escarpements s'engendrent successivement, révélant des déchirures de roches, des cours d'eau, des rangées de grenadiers tordus, dont les fruits sont loin d'être en état de maturité, malheureusement, car leur vue m'eût ravi certainement. ”
Jules Claretie,
Brichanteau comédien
(1913)
“ Pauvre Montescure ! Ce banc où vous êtes, j'y ai vu, depuis l'Ouverture, bien des gens assis. Personne ne regarde le Romain vaincu de ce malheureux Montescure ! Le grand art n'a pas de chance aujourd'hui... Et Dieu sait pourtant les espoirs que Montescure bâtissait sur cette figure ! Une commande, une médaille, une place au Luxembourg, dans le Musée ou dans le jardin. Ah ! sa tête allait, allait, s'enflammait. Du reste, il avait constamment la fièvre. ”
Catherine de La Guette, Mémoires de Madame de La Guette (1681)
“ Quand je fus à Montereau-Faut-Yonne, il y eut des gens qui me voulurent donner l’épouvante de cet animal ; ce qui ne m’empêcha pas de passer outre avec ceux que j’avois menés. Je ne trouvai rien en chemin, qu’un grand nombre de personnes qui alloient par bandes, armées d’épieux, de fourches, de hallebardes, d’épées et de toutes sortes d’armes pour se défendre, en cas qu’ils eussent rencontré ce monstre. Quand j’eus retiré mes filles du couvent, je revins à Montereau et m’embarquai pour Paris. À un quart de lieue de Melun, le bateau demeura au milieu de la rivière de Seine ”
Charles Malo, Champs de bataille de France, descriptions et récits… (1898)
“ Montereau, ville fort ancienne qui a joué un rôle assez important dans la guerre de Cent Ans, puis dans les guerres de religion, et qui était encore entourée en 1814 d'une vieille muraille, à la vérité, sans valeur défensive, est située au confluent de la Seine et de l'Yonne, qui la divisent en trois parties d'étendue inégale. La plus considérable, ou la ville proprement dite, est bâtie sur la rive gauche, c'est-à-dire au sud de l'Yonne ; entre cette dernière rivière et la Seine, se trouve -le faubourg Saint-Maurice ”
De Montmartre à Montserrat : d'un moulin à un monastère (1899)
“ Le prieuré se présente derrière vous, encastré dans le double plan des monts ; au-dessus, l'horizon surgit, et à mesure que l'ascension se fait, les pays d'alentour montent avec vous. Les vapeurs matinales se dégagent de la terre et se répandent, formant une légère fumée blanche qui gagne le ciel. Je marche toujours, et les flancs du Montserrat prennent une dimension plus imposante. Le monastère peu à peu descend, et se perd dans le décor grandiose, qui s'élargit sans cesse. Je gravis des roches et d'autres encore qu'il faut contourner, parce qu'elles sont à pic. ”
Léo-Paul Desrosiers, Les Engagés du Grand Portage
“ Fils dessalé de la grande ville parmi tous ces fils naïfs de la campagne, Montour étonne ceux qui le regardent agir. Sans gêne aucune, il lie vite connaissance avec ses voisins. La soupe n’est pas plutôt avalée, le soir, qu’au lieu de se chauffer auprès des feux, il aborde ses chefs à tour de rôle : on dirait qu’il est en service commandé tant il met de régularité dans ses visites. ”
R de M, Mémoires de l'armée de Chanzy… (1871)
“ Après avoir contemplé du haut d'un moulin à vent, qui domine la route de cent cinquante pieds, l'admirable vallée d'Anjou et de Touraine,je suis retourné à Montsoreau pour dîner. La petite auberge, ouverte à tous les vents, est située sur le bord de l'eau ; pendant qu'on y mettait notre couvert, nous jouissions avec délice d'un magnifique coucher du soleil ; nous montions en courant jusque sur les plus hautes terrasses du vieux château de Monsoreau, où Alexandre Dumas a placé la scène d'un conte célèbre, et nous apercevions à droite l'embouchure du Cher, avec les forêts de saules et d'osiers. ”
Jules Claretie,
Brichanteau comédien
(1913)
“ Il est félibre. Du malheureux Montescure, élève de l'École de Toulouse, et du Romain passant sous le joug, le maire, M..., j'allais vous le nommer, mais il ne mérite que l'anonymat, ne se souciait pas plus qu'un poisson d'une pomme, comme dit Hugo. On l'avait parfaitement laissé crever de faim quand il vivait, Montescure ; mais, lui, mort, on se rappelait qu'il était né à Garigat-sur-Garonne, à deux pas de Toulouse, on se disait qu'une inauguration donnerait du relief à la ville et à son premier magistrat. De là l'achat du Romain passant sous le joug et la fonte de la statue. ”
Album de Montserrat : colleción de 30 fototipias con un texto histórico descriptivo ilustratdo con… (1897)
“ Excursion à Montserrat.-Nous avons fait le voyage en partant de Barcelone et prenant à Monistrol le chemin de fer à crémaillère; mais quelques touristes préfèrent encore se passer de cette commodité et faire le voyage en voiture par la magnifique grande route qui va de Monistrol au Monastère, en serpentant la montagne. En effectuant le voyage ainsi, il est plus fatigant, mais l'on jouit davantage des formes multiples et capricieuses que prend la montagne à mesure qu'on en approche. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ J’ai déjà vu Montereau, d’où je t’ai écrit, Bray et Provins. Montereau est une ville assez pittoresque, assise sur une espèce d’Y que forme le confluent de l’Yonne et de la Seine. Cela produit un pont tortu, d’où l’église est charmante à voir. Il a passé toutes sortes d’hommes sur ce pont-là, depuis Jean sans Peur jusqu’à Napoléon. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Il était d’autant plus fondé à cette sévérité que, Montreuil-sur-mer étant une ville de garnison, les occasions de corruption abondaient. Du reste sa venue avait été un bienfait, et sa présence était une providence. Avant l’arrivée du père Madeleine, tout languissait dans le pays ; maintenant tout y vivait de la vie saine du travail. Une forte circulation échauffait tout et pénétrait partout. ”
Jacques de Latocnaye, Promenade dans la Grande Bretagne - 2e
“ Ce qui surtout est remarquable à Montrose, c’est l’hospitalité et la politesse dont se piquent les habitans. La campagne aux environs est couverte d’un grand nombre de maisons, appartenantes à des particuliers riches, qui vivent de la manière la plus honorable. Comme rarement la facilité des manières, marche sans être accompagnée de qualités encore plus essentielles, aussi Montrose est-il fameux pour les souscriptions nombreuses, qui se lèvent souvent pour les pauvres. ”
Jules Claretie,
Brichanteau comédien
(1913)
“ Mais, vous savez, monsieur, je n'oublie pas mon serment, le serment que j'ai fait devant le plâtre de Montescure. Une de mes sensations les plus extraordinaires, c'est même le jour où j'ai assisté à la fonte de mon image. Oui, ma statue, vous vous rappelez bien, celle que Montescure avait sculptée d'après moi, le Romain passant sous le joug. Pauvre garçon ! ”
Album de Montserrat : colleción de 30 fototipias con un texto histórico descriptivo ilustratdo con… (1897)
“ Le P. Crusellas, se basant sur des données que nous considérons exactes, affirme que l'étymologie du mot Montseirat dérive de ses propres rochers escarpés qui paraissent réellement avoir été sciés, ou, pour mieux dire, qui ressemblent aux dents d'une scie: la preuve en est le blason du monastère. Liberato prétend que depuis l'an 187 jusqu'en 253, il exista sur les montagnes de Montserrat un temple païen consacré au culte de la déese Vénus, mais des historiens compétens doutent de l'exactitude de cette assertion. ”
Album de Montserrat : colleción de 30 fototipias con un texto histórico descriptivo ilustratdo con… (1897)
“ Excursion a Montserrat.—Hemos descrito el viaje desde Barcelona tomando el ferrocarril de Cremallera en Monistrol, pero algunos prefieren aún hoy, prescindir de esta comodidad, y hacerlo en carruaje por la magnifica carretera que, serpenteando la Montana, va desde esta villa hasta el Monasterio. Haciendo el viaje por la carretera, es más penoso, pero se disfiuta mejor de las variadas y caprichosas formas que toma la Montana á medida que nos acercamos á ella. ”
La prise de Montereau en 1420… (1896)
“ La ville et le château pris, le roi d'Angleterre exigea que les habitants de Montereau prêtassent serment de fidélité à lui, au roi de France et au duc de Bourgogne. On trouvera plus loin cette « lettre » de serement » qui existe encore aux Archives nationales4 et qui serait beaucoup plus intéressante encore, si elle nous donnait toutes les professions des habitants d'alors, presque tous inconnus et qui n'ont laissé aucune trace dans la ville. ”
William de La Rive, La Marquise de Clérol, par William de La Rive (1868)
“ A Paris, quand vous entrez dans un salon, et vous entrez chaque soir dans plusieurs salons, vous attirez tous les regards et tous les hommages. A la campagne, Montrevaux ne désemplit pas de voisins, d'amis, d'invités, que votre présence y amène, et Montrevaux est vaste. Où que vous soyez, vous y régnez. Votre excellent oncle n'a qu'une volonté, la volonté de sa nièce. Madame Corbier ne s'en plaint pas. Son fils est pour elle un dieu, et Henri ne voit rien au-dessus de vous. Il a mille fois raison ”
Florentin Lefils, Histoire de Montreuil-sur-mer et de son château… (1860)
“ La guerre se ralluma plus violente que jamais dans le Ponthieu . Jacques d' Harcourt qui commandait au Crotoy , ne voulut point abandonner le parti du Dauphin , il ravagea tout le pays jusqu' aux alentours de Montreuil dont la garnison , par suite de ces expéditions , avait de la peine à trouver de quoi se sustenter . 1 Mémoires de J. LEFEBVRE DE SAINT-REMY , chap . LXXVII . Le comte de Saint-Pol , accompagné de quelques chevaliers , vint de Paris à Amiens et de là à Montreuil où il fit prêter aux habitants serment d' être fidèles à la cause du duc de Bourgogne . ”
Anatole Cerfberr,
Répertoire de la Comédie humaine
“ Montriveau (Général marquis Armand de) , neveu du précédent, fils unique du général de Montriveau. — Orphelin et sans fortune, il fut placé par Bonaparte à l’école de Châlons, entra dans l’artillerie, fit les dernières campagnes de l’Empire, entre autres celle de Russie, et reçut plusieurs blessures graves sur le champ de bataille de Waterloo : il était alors colonel dans la garde. Montriveau passa, loin de l’Europe, les trois premières années de la Restauration. Il voulait explorer la haute Égypte, le centre de l’Afrique. Des sauvages le réduisirent en esclavage. ”
Album de Montserrat : colleción de 30 fototipias con un texto histórico descriptivo ilustratdo con… (1897)
“ Fué el conde á Montserrat á visitar al ermitano Garin, con gran acompanamiento de nobles y criados, pidiéndole encarecidamente le devolviese la sal ud de su hija. Vinieron los sucesos de tal modo, que el conde regresó a Monistrol, dejando á Riquilda en poder de Garin por nueve dias, plazo convenido para que pudiese la doncella curada ya, ser restituída al seno de su familia. Al encontrarse Garin solo con la hermosa Riquilda, el demonio hizo nacer en su corazon desconocidas pasiones. El amor lascivo y sensual despertóse en su sér con impetuosa vehemencia ”
