Pierre Frondaie, L’Homme à l’Hispano (1924)
“ Cette année-là, mourut Pascal Coulevaï. Sa dépouille traversa l’obscure ville d’Oloron, dont chaque demeure est orgueilleuse et cadenassée comme une banque. On la vit passer au confluent de gaves ; dans l’église de Sainte-Croix, tout le peuple pria pour elle. Pour une fois, Oloron fut dans la rue. Cette sombre cité catholique, écrasée sous le soleil comme une grappe de raisin noir, semble destinée à mûrir sur sa colline sans être cueillie par les siècles. Les générations s’y succèdent à la façon de peupliers, si parfaitement pareils sur les routes qu’on ne saurait, de loin, les distinguer. ”
