“ Cassius Asclépiodotus, Bithynien distingué par ses grandes richesses, après avoir honoré la fortune de Soranus, n’abandonna pas sa disgrâce ; trait qui lui valut l’exil et la perte de tous ses biens : ainsi la justice des dieux opposait un bon exemple à un mauvais. Thraséas, Soranus, Servilie, eurent le choix de leur mort. Helvidius et Paconius furent chassés d’Italie. La grâce de Montanus fut accordée à son père, à condition que le jeune homme renoncerait aux honneurs. ”
Soranus
Définition et enjeux
Citations sur “Soranus”
Augustin d’Hippone,
''Œuvres complètes de Saint Augustin''
“ Cette habitude appartenait à un roi de Chypre, au rapport de Soranus, auteur d’un livre de médecine ; mais Soranus ne donne pas le nom de ce roi. Cet ouvrage commence ainsi : « Vos outrages et vos malédictions, Julien. » ”
Franc̜ois Xavier de Feller, Biographie universelle, ou Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom par leur génie… (1847-1850)
“ V ALÉRIUS-SORANUS, poète latin du temps de Jules-César, vers l'an 50 avant J. C., fut mis à mort pour avoir tenu des propos tendant à l'athéisme : car cette funeste erreur était frappée chez les païens du glaive de la loi, comme l'on voit par l'histoire de Socrate et de beaucoup d'autres. Varron cite de lui deux vers sur la nature de Dieu, qui semblent prouver qu'il ne connaissait pas d'autre dieu que le monde, ou l'assemblage de tous les êtres de cet univers, le dieu de Spinosa, en un mot. ”
P. de Rémusat, Revue des Deux Mondes
“ Cependant, malgré les travaux ingénieux d’un savant allemand, M. Petersen, la date de sa naissance semble bien fixée par Soranus ; elle concorde avec ce qu’on sait des principaux événemens de sa vie. Elle le fait un peu plus jeune que Socrate, et un peu plus vieux que Platon, qui le met en scène dans ses dialogues et le place au nombre des Asclépiades du temple de Cos. Hippocrate mourut à Larisse, en Thessalie, à un âge avancé, qui varie entre quatre-vingt-cinq et cent neuf ans. ”
Anatole France,
Le livre de mon ami
“ Quant au loup qui la dévore... laure C’est un nuage. raymond Non pas, cousine. C’est le soleil. laure Le soleil, un loup ? raymond Le loup dévorateur, au poil brillant, Vrika, le loup védique. N’oubliez pas que deux dieux solaires, l’Apollon Lycien des Grecs et l’Apollon Soranus des Latins ont le loup pour emblème. octave Comment a-t-on pu comparer le soleil à un loup ? raymond Quand le soleil tarit les citernes, brûle les prés et sèche le cuir sur l’échine amaigrie des bœufs haletants qui tirent la langue, n’est-ce point un loup dévorant ? Le poil du loup reluit, ses prunelles brillent ”
Eduard Jacobi, Dictionnaire mythologique universel… (1863)
“ SOPHAX. Fils d'Hercule et de Tinga, épouse d'Antée; il donna son nom à la dynastie des Syphacides. SORANUS. Dieu du monde souterrain, chez les Sabins. Suivant Servius, le mont Soracte, qui avait probablement tiré son nom de cette divinité, était consacré aux dieux infernaux, et particulièrement à Dispater. — Un jour qu'on sacrifiait à ce dieu , des loups vinrent enlever les victimes; poursuivis par des bergers, Ils se réfugièrent dans une caverne d'où sortirent des vapeurs pestilentielles qui com- muniquèrent la peste à la contrée. ”
“ Souvent, elle venait à Noirchain, et, sur le divan, dans le petit kiosque, pendant qu’elle s’abandonnait au piano dans quelque troublante improvisation, Jacques retrouvait ses premières impressions et se sentait plus que jamais amoureux. Ah ! Soran, vous avez voulu être trop fort ! La nature en dehors de laquelle vous avez vécu dans une artificielle indépendance, vous fait sentir sa représaille, et sa représaille est cruelle ; comme ce monde que vous trouviez si ridicule rirait bien s’il vous voyait ainsi amoureux et au-dessous de vous-même, au-dessous du vous-même de jadis ! ”
“ La galère de Soranzo, objet de toute sa secrète sollicitude, marchait de conserve avec celles qui portaient Morosini et sa suite. Vous pensez bien que sa maladie, son désespoir et sa folie n’avaient pas empêché Soranzo de couver de l’œil, à toute heure, sa chère galéotte lestée d’or. Naam, le seul être auquel il pût se fier autant qu’à lui-même, était assise à la proue, attentive à tout ce qui se passait à son bord et à celui de l’amiral. Naam était profondément triste ; mais son amour avait résisté à ces terribles épreuves. ”
“ Maintenant on voit nettement la mort étreindre Soran peu à peu : l’être disparaît par parties ; les jambes, déjà, sont impotentes et les bras impuissants ; la parole inintelligible, sauf dans les moments de fureur. ”
George Sand,
Revue des Deux Mondes
“ Mais auprès de vous, noble et vénéré seigneur Morosini, je tiens à ne point passer pour un homme qui s’acharne sur les vaincus, et qui se plaît à fouler aux pieds ceux qui tombent. Si dans cette circonstance je me suis investi d’un rôle tout-à-fait contraire à mes goûts et à mes habitudes, c’est que j’ai failli être pris pour complice d’un nouveau crime de messer Soranzo, et qu’entre le rôle de dupe de l’imposture et celui de vengeur de la vérité j’aime encore mieux le dernier. ”
“ Soran, par des questions et des objections, se plaisait à le faire parler, et il jouissait de cette voix mal assurée d’enfant, et de ce regard qu’il osait à peine regarder, dans la crainte de se trahir. ... Il s’appelait Henri Laus : il avait dix-sept ans, et il était orphelin. Avec la confiance d’un enfant et l’admiration qui s’impose à cet âge pour un homme de trente ans, beau et séduisant, il se livra tout de suite entièrement. Ils sortirent ensemble et Jacques le quitta avec la promesse de le revoir souvent. ”
“ Il y eut alors une double lutte, la lutte de Soran contre lui-même et contre elle. Il pourrait sembler bizarre qu’il s’y fût exposé, mais l’abbé Gratien n’avait-il pas pris dans cet esprit la puissance que cet esprit avait perdue sur lui-même. Une grande nonchalance et une grande faiblesse, à ce moment, décida donc de la vie de Jacques et de celle de Berthe Gouvaut. Par des suggestions de tous les instants, par des supercheries louables, l’abbé Gratien arriva à son but. ”
“ Longeant la pâture, Soran, avec son guide qui semblait bien plutôt un débris d’une gargouille descendue de la vieille chapelle, examinait. C’est bien là une retraite : aucun bruit n’arrive du dehors, les grands arbres avec leur verdure un peu sombre semblent appeler et favoriser les réflexions : très doucement une brise subtile ride la surface de l’eau qui coule lentement avec un clapotis timide rythmant les pensées. ”
“ Soran, sans comprendre, repoussa Giraud, d’instinct, et ces caresses le secouèrent. « Passes-tu souvent ici, à cette heure ? fit Giraud — À peu près tous les soirs. — Veux-tu que je vienne quelquefois causer avec toi, en sortant de ma leçon de piano ? Je te raconterai des choses épatantes ; les jours de congé ma mère me laisse sortir seul ; tu verras... Et puis, j’ai été au bordel. » Soran ouvrit de grands yeux en oyant ce vocable sonore, inconnu tout à fait. Il soupçonnait vaguement que Giraud n’eût pas dit ce mot devant un Père. ”
“ Jacques Soran n’était pas un saint ; il n’était plus guère pur, ni fort ; il était faible à présent, bien faible ! Comme l’athlète invaincu que terrasse en un moment la tremblante fièvre, le doute subtil et timide, le simple doute, avait effleuré cet esprit et il avait suffi pour le désorganiser et l’énerver ; du moins devait-il produire cet effet dans un cœur surtout soutenu par la foi, chez un homme trouvant sa force dans la prière et sa puissance dans la certitude de sa puissance ”
“ L’abbé Gratien devait avoir une quarantaine d’années, Jacques Soran avait alors à peu près dix ans de moins. Entre deux hommes de cet âge, la différence est petite et l’intimité peut être grande, l’esprit ayant à peu près un développement égal. Et cependant, en se rappelant leurs rapports au collège, Jacques se regardait comme un enfant auprès de l’abbé, et il lui témoignait un respect, il avait pour lui des prévenances qui marquaient bien cet abîme qui, dans son esprit, devait le séparer d’un prêtre. ”
“ Hélas! dans ces périls auxquels Soranzo s'expose chaque jour, c'est en vain que j'ai interrogé de toute la puissance de mes sens et de toute celle de mon âme l'horreur des ténèbres ou les brumes de l'horizon; ni dans mes veilles désolées, ni dans mes songes funestes, je n'ai trouvé le moindre éclaircissement au mystère de sa destinée. Mais avant d'en finir avec ces visions qui sans doute vous font sourire, laissez-moi vous dire que l'homme au turban rouge de mon rêve vous a fait, en s'effaçant dans les airs, un signe de menace. ”
Charles Sorel,
La Vraie Histoire comique de Francion
(1623)
“ Mais il est bon de constater que Sorel est descendu dans la lice vingt-neuf ans avant Scarron, et quarante-quatre ans avant Furetière. C’est à lui que revient l’honneur d’avoir ouvert le feu contre l’Astrée et les romans à la suite. Le début de Francion ressemble à une fanfare : « Nous avons, dit Sorel, assez d’histoires tragiques qui ne font que nous attrister ; il en faut maintenant voir une qui soit toute comique et qui puisse apporter de la délectation aux esprits les plus ennuyés. » ”
“ Eh bien ! voici : je vous marie. Et cependant que Soran stupéfait ne trouvait pas un mot, l’abbé Gratien, avec une tendresse toute paternelle, lui fit un tableau attristant de sa vie présente, et il trouva dans son cœur de prêtre et d’ami des accents si sincères, ce prêtre pur, des arguments si habiles, cet ami adroit, que Jacques ne put se défendre ”
“ Pour vous, qui savez quelle était la véritable position de Soranzo, vous seriez portés à croire, au premier aperçu, que, maître de trésors si chèrement acquis, ayant tout à craindre s’il retournait à Venise, il cingla vers d’autres parages, et alla chercher une terre neutre où la preuve de ses forfaits ne pût jamais venir le troubler dans la jouissance de ses richesses. Pourtant il n’en fut rien, et l’audace de Soranzo, en cette circonstance, couronna toutes ses autres impudences. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand. 10
“ Elle prête l’oreille, son cœur palpitant brise sa poitrine ; mais elle retient son souffle. La porte d’Orio est mieux gardée par la peur qu’il inspire que par une légion de soldats. Giovanna écoute, prête à s’enfuir au moindre bruit. La voix de Soranzo s’élève, sinistre dans le silence et dans les ténèbres. La crainte de se trahir par la fuite enchaîne la Vénitienne tremblante au seuil de l’appartement conjugal. Soranzo est en proie aux fantômes du sommeil. ”
Minucius Félix, Les Pères de l’Église
“ C’est ainsi que les démons conduisent au feu leurs amis, leurs adorateurs. Ô hommes plus vrais, plus amis des hommes que le divin Apollon, ayez compassion de cet infortuné prince attaché sur le bûcher. Solon, dites hardiment la vérité. Pour vous, Cyrus, faites éteindre le feu ; mais vous, Crésus, devenez sage à l’école du malheur. Quel être ingrat vous adorez ? il prend votre or et s’en va. Oui, Solon, en toutes choses, voyons la fin ; prince, ce n’est pas un démon, mais un homme qui vous donne ce conseil. Les oracles de Solon ne sont pas obscurs ”
Paul Scarron,
Le Roman Comique
“ On disoit proverbialement: Planter un homme pour reverdir, quand on le laissoit là et qu'on ne venoit point le retrouver. On conçoit que cette locution prêtât à des plaisanteries et à des équivoques comme celle de Scarron. Sorel, dans son Berger extravagant, fait dire par Carmelin à Lysis, qui lui conseille de se métamorphoser en arbre, en se fourrant dans un grand trou creusé exprès et en se faisant arroser: «Pensez-vous qu'il me seroit beau voir planter là pour reverdir?» ”
Platon,
Sophiste ; Politique ; Philèbe…
“ Ils vivaient la plupart du temps en plein air sans habit et sans lit ; car les saisons étaient si bien tempérées qu’ils n’en souffraient aucune incommodité et ils trouvaient des lits moelleux dans l’épais gazon qui sortait de la terre. Telle était, Socrate, la vie des hommes sous Cronos. Quant à celle d’aujourd’hui, à laquelle on dit que Zeus préside, tu la connais par expérience. ”
Thomas Corneille,
Poèmes dramatiques de Thomas Corneille
“ À Sostrate cent fois a demandé sa tête ; Qu’à son refus tantôt dans ma noble fierté, Mon bras se l’immoloit s’il ne l’eut arrêté ; Que l’aveu qu’à sa flamme il a crû propice Pour le mieux éblouir n’étoit qu’un artifice, Crois-tu que ce rapport trouve si peu de foi Qu’il le laisse douter entre Sostrate et moi ?phénice. Le voici qui paroît ; avant que rien éclate Songez à Sinatus, jetez l’œil sur Sostrate, Et craignez qu’à sa rage abandonnant vos jours, L’un ne soit sans vengeance, et l’autre sans secours. Scène II Sinorix, camma, phénice, phaedimeSinorix. ”
George Sand,
Revue des Deux Mondes
“ Si parfois il la brave avec un courage de lion, c’est quand il combat pour sa fortune. À ses yeux, la vie n’est rien sans l’opulence, et si, dans ses jours de ruine et de détresse, la voix du destin lui annonçait qu’il est condamné pour toujours à la misère, il précipiterait, du haut de son donjon, dans la mer noire et profonde, ce corps tant choyé pour lequel aucun aromate d’Asie n’est assez exquis, aucune étoffe de Smyrne assez riche ou assez moelleuse. Quand l’Arabe a fini ses maléfices, Soranzo le presse de partir. ”
Thomas Corneille,
Poèmes dramatiques de Thomas Corneille
“ Sostrate. Ah, contre-elle, Seigneur, qu’osez-vous soupçonner ? J’atteste tous les Dieux, et je veux que leur foudre Tombe à vos yeux sur l’heure et me réduise en poudre, Si dans ce grand projet qu’a détruit le hasard, On peut à la Princesse imputer quelque part. C’est moi seul dont le sang doit laver votre injure.Sinorix. Les serments d’un perfide entraînent un parjure, En vain tu crois par là nous éblouir les yeux, Qui peut perdre son Roi ne connoît point de Dieux. Scène IV Sinorix, camma, hésione, sostrate, phaedime, sosime, gardesSinorix. ”
“ Et la gloire le nargue, et il se croit un « génie méconnu » et la dépression revient : toutes ces émotions l’ont blasé, son palais est maintenant insensible aux épices. Y a-t-il un piment assez fort pour le réveiller ? Un pareil homme n’est-il pas mûr pour les plus grands vices, ou préparé pour les plus grandes vertus ?... Tel était l’état de Jacques Soran, plus triste encore, car le temps ne l’avait pas guéri, et, rarement, il avait été autant découragé que ce jour-là. ”
“ III Jacques Soran était depuis quatre mois à Noirchain. L’automne arrivait avec ses suggestions doucement moroses, et la solitude semblait plus nue au milieu des grands arbres roussissants, sous la pâleur du ciel sans soleil. À peine, si heureux dans son parc, Jacques entrevoyait-il la campagne, dans de peu fréquentes promenades. Ici, pourtant, ce n’était pas la foule qui l’effrayait ; les plaines sont éternellement silencieuses, à peine troublées par l’apparition d’un paysan ; le village même, avec ses mineurs silencieux est calme, aux allures de nécropole qu’il aimait. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand. 10
(1847)
“ « Soranzo? s'écria-t-il, ne pouvant plus se maîtriser, qui donc est ce Soranzo, et où est-il maintenant? — Messer Orio Soranzo, le gouverneur de cette île, est celui dont j'ai l'honneur de parler à votre seigneurie, répondit Léonlio ; il est impossible qu'elle n'ait pas entendu parler de ce vaillant capitaine. » Ezzelin se rassit en silence; puis, au bout d'un instant, il demanda pourquoi le gouverneur d'une place si importante n'était pas à son poste, surtout dans un temps où les pirates couvraient la mer et venaient attaquer les galères de l'État presque sous le canon de son fort. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand. 10
(1847)
“ Reine dans le harem, elle n'avait pas cessé de se sentir esclave ; esclave parmi les chrétiens, elle se sentit libre, et la liberté, selon elle, c'est plus que la royauté. Un jour nouveau va poindre, lorsqu'un faible soupir réveille Naam de son premier sommeil. Elle se soulève sur ses genoux et interroge le front penché de Soranzo. Il dort paisiblement, son souffle est égal et pur. Un soupir plus profond que le premier et plein d'une inexprimable angoisse frappe encore l'oreille de Naam. Elle quitte le lit d'Orio et soulève sans bruit le rideau de la croisée. ”
