“ « Lui ! s’écrie Sébastien Zorn, qui se sent l’envie de le prendre à la gorge et de le serrer comme il serre le manche de son violoncelle dans les forte. — Calmez-vous, mon cher Zorn, dit l’Américain. Veuillez passer, vos camarades et vous, dans le salon où le café nous attend. Là, nous pourrons causer à notre aise, et à la fin de notre conversation... — Je vous étranglerai ! réplique Sébastien Zorn. — Non... vous me baiserez les mains... — Je ne vous baiserai rien du tout ! » s’écrie le violoncelliste, à la fois rouge et pâle de colère. ”
Zorn
Définition et enjeux
Citations sur “Zorn”
Henri Focillon,
Maîtres de l'estampe : peintres graveurs…
(1930)
“ Un homme n'est pas seulement un organisme d'os, de tissus et de nerfs, c'est un certain air, une certaine coupe, comme l'habit. Il arrive que Zorn, facile génie, rencontre et capture, d'une brosse rapide, cette note impondérable. Cette aptitude, on est tenté de la rapprocher de la qualité de certains comédiens qui, d'un coup et non par une minutieuse étude, entrent, comme en triomphe, dans la peau d'un rôle. Il intervient là-dedans un instinct de mimétisme extérieur à l'intelligence, et cette absolue servitude de la main, du corps tout entier, qui donne de la grâce aux acrobates. ”
“ « Où ?... » rugit Zorn. moustaches en pointe, langue claquant entre ses dents blanches et acérées, indécrottable amateur de calembredaines et calembours, prêt à l’attaque comme à la riposte, la cervelle en perpétuel emballement, ce qu’il attribue à la lecture des diverses clés d’ut qu’exigé son instrument, – « un vrai trousseau de ménagère », disait-il, – d’une bonne humeur inaltérable, se plaisant aux farces sans s’arrêter aux désagréments qu’elles pouvaient attirer sur ses camarades, et, pour cela, maintes fois réprimandé, morigéné, « attrapé » par le chef du Quatuor Concertant. ”
Henri Focillon,
Maîtres de l'estampe : peintres graveurs…
(1930)
“ Pour interpréter la vie, il nous faut mille lentes démarches dont un Zorn ne s'encombre pas. Il la saisit et il la fixe sans user d'un questionnaire analytique, il la comprend parce qu'il la surprend. ”
“ Après leur premier épanchement de dépit et de colère, Sébastien Zorn, Pinchinat, Frascolin, abandonnant Yvernès à ses admirations, sont demeurés silencieux et finissent par rester immobiles. Au-dessus d’eux, l’étamine du pavillon se déploie le long de la hampe. Sébastien Zorn éprouve une envie féroce d’en couper la drisse, de l’abaisser comme le pavillon d’un bâtiment qui amène ses couleurs. Mais mieux vaut ne point s’attirer quelque mauvaise affaire, et ses camarades le retiennent au moment où sa main brandit un bowie-knife bien affilé. ”
Jules Verne,
Aventures de trois Russes et de trois Anglais
(1872)
“ William Emery et Michel Zorn devaient être deux amis. Les mêmes goûts, les mêmes aspirations les réunirent. Le plus souvent, ils causaient ensemble. Pendant ce temps, le colonel Everest et Mathieu Strux s'observaient froidement, Palander extrayait mentalement des racines cubiques sans remarquer les sites enchanteurs de la rive, et sir John Murray et le bushman formaient des projets d'hécatombes cynégétiques. ”
Ch.-G. Klein, Saverne et ses environs (1849)
“ ET LUTZELBOURG. C'était par un après-midi des derniers jours d'avril que nous quittâmes Saverne, pour parcourir la vallée de la Zorn, qui présente aujourd'hui un si grand intérêt, tant parles beautés naturelles qui lui sont propres, que par les grands et immenses travaux d'art qui y ont été exécutés. Le temps était magnifique et nous disposait tous à ce sentiment indéfinissable de bien-être qui circule dans les veines de l'homme à la naissance du printemps; la nature paraît se réveiller, et sous mille formes, sous mille couleurs, elle manifeste la vie intérieure. ”
Louis-Philippe Alphée Pichat, Géographie militaire du bassin du Rhin… (1876)
“ La Zorn reçoit : 10 La Zintzel du sud, dont la vallée, resserrée entre des rochers, est facile à barrer; toutefois elle est moins boisée, ainsi que la vallée de la Zorn, que les vallées plus au nord : elle est donc plus accessible; c'est un débouché d'autant plus important qu'il est très-rapproché de la ligne principale d'opérations, la ligne de Saverne; par lui on atteint la route de Bitche, la route de Sarre-Union par Bust, et celle de Paris par Wescheim et Lixheim; on tourne ainsi Phalsbourg et la Petite-Pierre. ”
“ L’obscurité est déjà profonde. Des nuages épais chassent à travers l’espace, se trouant parfois d’étroites déchirures, parmi lesquelles apparaît une lune narquoise, presque dans son premier quartier. On ne sait trop pourquoi, sinon parce qu’il est hargneux, irritable, la blonde Phœbé n’a pas l’heur de plaire à Sébastien Zorn. ”
“ Le quatuor allait devant lui, observant ce quartier de la ville, chacun à sa manière, Yvernès attiré par ce qui n’attire pas Frascolin, Sébastien Zorn s’intéressant à ce qui n’intéresse point Pinchinat, — tous, en somme, très curieux du mystère qui enveloppe la cité inconnue. De cette diversité de vues devra sortir un ensemble de remarques assez justes. D’ailleurs, Calistus Munbar est là, et il a réponse à tout. Que disons-nous réponse ?... Il n’attend pas qu’on l’interroge, il parle, il parle, et il n’y a qu’à le laisser parler. Son moulin à paroles tourne et tourne au moindre vent. ”
“ Lorsque Sébastien Zorn, Pinchinat, Yvernès, Frascolin lui furent présentés par le surintendant, ils éprouvèrent en sa présence une très favorable impression, celle que produit l’individualité d’un homme bon et juste, d’un esprit pratique, qui ne s’abandonne ni aux préjugés ni aux chimères. ”
“ Si l’obstiné Sébastien Zorn se refuse à admirer ces merveilles, si Frascolin est plus modéré dans ses sentiments, en quel état de ravissement vit sans cesse l’enthousiaste Yvernès ! À son opinion, le vingtième siècle ne s’écoulera pas sans que les mers soient sillonnées de villes flottantes. Ce doit être le dernier mot du progrès et du confort dans l’avenir. Quel spectacle superbe que celui de cette île mouvante, allant visiter ses sœurs de l’Océanie ! ”
Jules Verne,
Aventures de trois Russes et de trois Anglais
“ Ils se surveillent, ils s’épient. Si l’un ne parvient pas à annihiler l’autre, nous opérerons dans des conditions vraiment déplorables. — Et selon vous, demanda William avec une certaine hésitation, auquel de ces deux savants souhaiteriez-vous... ? — Mon cher William, répondit Michel Zorn avec une grande franchise, j’accepterai loyalement pour chef celui des deux qui saura s’imposer comme tel. Dans cette question scientifique, je n’apporte aucun préjugé, aucun amour-propre national. Mathieu Strux et le colonel Everest sont deux hommes remarquables. Ils se valent tous deux. ”
“ Ce qui est naturel chez ceux qui dépensent leur souffle à chasser les ondes sonores à travers les instruments à vent, est moins excusable chez ceux qui jouent des instruments à cordes. N'importe! Yvernès, Pinchinat, Frascolin lui-même commencent à voir la vie en rose et même couleur d'or dans cette cité de milliardaires. Seul, Sébastien Zorn, tout en tenant tête à ses camarades, ne laisse pas sa colère se noyer dans les crus originaires de France. ”
Jules Verne,
Aventures de trois Russes et de trois Anglais
“ Quelques discussions, il est vrai, s’élevèrent à plusieurs reprises sur le choix des stations qui devait être décidé en commun ; mais elles n’amenèrent pas d’altercations sérieuses. Michel Zorn et son ami William pouvaient donc espérer, que, grâce à la séparation des deux rivaux, les opérations géodésiques se poursuivraient sans amener un éclat regrettable. ”
Bibliothèque nationale, Zorn (1860-1920) : exposition de son oeuvre gravé (1952)
“ Tout est simple et facile. La vie paraît sans problème. A ce maître graveur dont on admire la virtuosité, manquerait-il ainsi que le notait Focillon, « cette ombre qui vient, non des noirs de l'eau-forte, mais des profondeurs de la vie » ? Peut-être. JEAN VALLERY-RADOT Conservateur du Cabinet des Estampes. Bibliographie Sommaire DAYOT (A.) Les artistes scandinaves, Anders Zorn, dans l'Art et les artistes, 1906 (avr. – sept., p. 43) . – Galerie Durand-Ruel. Exposition Anders Zorn Catalogue (17 mai-16 juin 1906) . ”
Auguste Daubrée,
Description géologique et minéralogique du département du Bas-Rhin
(1852)
“ La Moder sort des montagnes des Vosges, au nord de la Petite-Pierre; elle passe à Pfaffenhoffen, à Haguenau, et après avoir reçu le Meisenbach près d'Ingwiller, le Rothbach à Pfaffenhoffen, la Zinsel à Schweighausen, et la Zorn près de Rohrwiller, elle va se jeter dans le Rhin non loin de Drusenheim. La Zorn a sa source dans le département de la Meurthe; elle traverse Saverne et reçoit le Baerenbach, le Mosselbach, la Zinsel savernoise, le Rohrbach et quelques autres ruisseaux. ”
Jules Verne,
Aventures de trois Russes et de trois Anglais
“ S’ils ne riaient jamais de la science, ils souriaient quelquefois en songeant à ces austères savants qui ne sont pas de ce monde. Aucune méchanceté en tout ceci, d’ailleurs. C’étaient deux excellentes natures, expansives, aimables, dévouées, qui contrastaient singulièrement avec leurs chefs, plutôt raidis que raides, le colonel Everest et Mathieu Strux. Et précisément ces deux savants étaient souvent l’objet de leurs remarques. William Emery, par son ami Michel Zorn, apprenait à les connaître. ”
“ Pour ne point l’oublier, mentionnons que si Sébastien Zorn est bilieux, Yvernès flegmatique, Frascolin paisible, Pinchinat d’une surabondante jovialité, — tous, excellents camarades, éprouvent les uns pour les autres une amitié de frères. Ils se sentent réunis par un lien que nulle discussion d’intérêt ou d’amour-propre n’aurait pu rompre, par une communauté de goûts puisés à la même source. Leurs cœurs, comme ces instruments de bonne fabrication, tiennent toujours l’accord. ”
“ Eh bien, mon ami, lui demande-t-il, qu'allons-nous faire, s'il vous plaît?— Ce que l'on fait, répond l'homme, quand on n'a plus ni chevaux ni voiture... attendre...— Attendre qu'il en vienne! s'écrie Pinchinat. Et s'il n'en doit pas venir...— On en cherche, observe Frascolin, que son esprit pratique n'abandonne jamais.— Où?... rugit Sébastien Zorn, qui se démenait fiévreusement sur la route.— Où il y en a! réplique le conducteur.— Hé! dites donc, l'homme au coach, reprend le violoncelliste d'une voix qui monte peu à peu vers les hauts registres, est-ce que c'est répondre, cela! ”
Jules Verne,
Aventures de trois Russes et de trois Anglais
(1872)
“ Après ce repas réconfortant, les astronomes se retirèrent dans leur chariot spécial, tandis que Mokoum établissait des sentinelles sur la lisière du campement. De grands feux, dont les branches mortes du gigantesque baobab firent les frais, demeurèrent allumés toute la nuit, et contribuèrent à tenir à une respectueuse distance les bêtes fauves qu'attirait l'odeur de la chair saignante. Cependant, après deux heures de sommeil, Michel Zorn et William Emery se relevèrent. Leur travail d'observateurs n'était pas terminé. ”
“ À supposer que Sébastien Zorn, Frascolin, Yvernès, Pinchinat eussent été gens à ne s'étonner de rien, il leur eût été difficile de ne point s'abandonner à un légitime accès de colère en sautant à la gorge de Calistus Munbar. Avoir toutes les raisons de penser que l'on foule du pied le sol de l'Amérique septentrionale et être transporté en plein Océan! Se croire à quelque vingt milles de San-Diégo, où l'on est attendu le lendemain pour un concert, et apprendre brutalement qu'on s'en éloigne à bord d'une île artificielle, flottante et mouvante! ”
Auguste-Alexandre Ducrot,
Wissembourg : réponse du général Ducrot à l'état-major allemand…
(1873)
“ En conséquence, nous avions préparé l'installation des quatre divisions d'infanterie et des troupes auxiliaires aux environs de Strasbourg sur les bords de la Brusche et de l'Ill; la division de cavalerie en avant et formant rideau sur les bords de la Zorn, près de Brumath. ”
“ Cette fois, ce n'est plus la sottise humaine ni l'entêtement imbécile de ses chefs qui entraîne Standard-Island, c'est un formidable météore qui va achever de l'anéantir.Le roi de Malécarlie, le commodore Simcoë, le colonel Stewart, Sébastien Zorn et ses camarades, les astronomes et les officiers abandonnent l'observatoire, où ils ne sont plus en sûreté. Il était temps! À peine ont-ils fait deux cents pas que la haute tour s'écroule avec un fracas horrible, troue le sol du square, et disparaît dans l'abîme. ”
“ «O Mozart! divin Mozart! qu'il faut peu te comprendre pour ne pas t'adorer! Toi, la vérité constante! Toi, la beauté parfaite! Toi, le charme inépuisable! Toi, toujours profond et toujours limpide! Toi, l'humanité complète et la simplicité de l'enfant! Toi, qui as tout ressenti, tout exprimé dans une phrase musicale qu'on n'a jamais surpassée et qu'on ne surpassera jamais!»Alors Sébastien Zorn et ses camarades prennent leurs instruments et, à la lueur de l'ampoule électrique qui verse une douce lumière sur le salon, ils jouent le premier des morceaux dont ils ont fait choix pour ce concert. ”
A la France : sites et monuments… (1937)
“ Le donjon a fait place à une modeste église qui perpétue le souvenir de saint Léon IX, mais le panorama du haut du rocher de Dabo n'a rien perdu de son intérêt : au-dessus des immenses forêts, le Donon dresse son cône majestueux, derrière lequel se perd au loin le plateau de Lorraine, tandis que du côté alsacien le regard se pose sur les ruines de l'Ochsenstein, de Turkestein et, plus près, sur Haselbourg et Phalsbourg. La vieille route d'Alsace ne passait pas comme l'actuelle dans les défilés rocheux de la Zorn, mais plus au nord sur un plateau gardé par le château d'un Électeur palatin. ”
André Hugel, Centenaire de la Société d'archéologie de Riquewihr… (1998)
“ Puis Henri Meyer en costume de vigneron avance et donne la gerbe de raisins ; je reviens à la charge avec le paquet que me donne Zorn de Bulach. C'était la collection des cartes postales et les publications de la société, envoi adressé à Bulach le lundi 7 septembre. Mais le temps passe. Sur l'ordre de Guillaume II le chauffeur saute sur l'auto et en route pour le Zimmerplatz (le haut de la Ville) , les autres autos suivent. Riquewihr était vide car toute la population se trouvait à la mairie. Mad. Waltz était présente à l'entrée de la Kirchgasse (rue des Eglises) ”
A. Bekludoff, Revue des Deux Mondes
“ Trois délicieuses jeunes filles, dont l’aînée fit son entrée dans le monde pendant mon séjour à Stockholm, et un beau petit garçon, complétaient la famille. Le frère cadet du Roi, le prince Eugène (Napoléon) , le seul de la famille qui eût beaucoup conservé le type français, vit presque en homme privé, s’adonnant exclusivement à la culture des arts. C’est un peintre paysagiste très sincère et jouissant d’une vogue véritable dans le pays. On peut sans exagération le ranger parmi les très bons peintres de la Suède, tout de suite après Zorn, le célèbre Liliefors et Carl Larson. ”
Eugène Cormon,
Les Pêcheurs de perles
“ ZURGA. Malheur à toi !... Brahma demande une victime ! La mort t’attend !... la mort doit expier ton crime !LE CHŒUR. La mort t’attend !... la mort !LEILA. Dieu ?... qu’entends-je ?... la mort !NADIR, se levant et s’avançant. Hélas ! funeste sort !LEILA, à part, reconnaissant Nadir. Ah ! c’est lui !ZURGA, saisissant la main de Leïla. Qu’as-tu donc ?... ta main frissonne et tremble ! D’un noir pressentiment ton cœur est agité... Eh bien !... fuis ce rivage où le sort nous rassemble, Renonce à nous servir, reprends ta liberté !... Il en est temps encor... ”
Eugène Cormon,
Les Pêcheurs de perles
“ ZURGA. Il doit mourir !LEILA. Il doit mourir !Eh bien, venge-toi donc, cruel !ENSEMBLE.LEILA. Va, prends aussi ma vie ; Mais, ta rage, assouvie, Le remords, l’infamie Te poursuivront toujours ! Que l’arrêt s’accomplisse, Et qu’un même supplice Dans les cieux réunisse À jamais nos amours.ZURGA. Tu demandais sa vie, Mais de ma jalousie, Ranimant la furie, Tu le perds pour toujours ! Que l’arrêt s’accomplisse, Et qu’un même supplice Me venge et réunisse Vos coupables amours ! Scène IV Les Mêmes, NOURABAD reparaissant au fond, suivi de quelques pêcheurs. Cris de joie dans l’éloignement. ”
Comtesse Dash,
Le beau voleur
(1876)
“ La beauté étrange de Zora resplendissait en ce moment d'un éclat suprême ; toute son âme était dans son regard. Le greffier en eut pitié et chercha à la sauver en dépit d'elle-même. — La fièvre vous donne le délire, ma pauvre fille; allez vous recoucher et laissez ce misérable subir la peine qu'il a bien méritée. Vous ne pouvez vous accuser vous-même; sans autre témoignage, on ne vous écoutera pas. ”
