Émile Zola,
Nouveaux contes à Ninon
“ Quelques jeunes gens y nagent en baigneurs convaincus. L’eau est plus fraîche, après le sommeil de la nuit. Elle est plus pure, plus vierge. Il faut y aller avant cinq heures. La ville à un réveil tiède. Rien n’est délicieux comme de suivre les quais, en regardant l’eau, de ce regard de convoitise des amants. Elle va être à vous. Dans le bain, l’eau dort. C’est vous qui la réveillez. Vous pouvez la prendre entre vos bras, en silence. Vous sentez le courant s’en aller tout du long de votre chair, de la nuque aux talons, avec une caresse fuyante. ”
