“ Ah! quels mufles! répéta Clara, pour qui décidément cette locution résumait tout ce qu’on peut penser de mieux et articuler de plus juste sur le sexe oppresseur. Imagine-toi que nous avons été réduites, Eugénie et moi, à faire des clubs! C’est à Chicago que ça a commencé ...—Faire des clubs? interrogea Léonce.—Tu vas saisir ... C’est comme en Turquie, comme en Orient, là-bas. Ou plutôt c’est bien pis! On parle du progrès: il est joli! Au moins, en Orient, si les femmes ne possèdent aucune liberté ni aucun droit, chaque harem ne sert qu’à un seul homme. ”
Ciste
Définition et enjeux
Le terme ciste désigne un concept complexe reliant corps, genre et société, exploré par de nombreux auteurs à travers l’histoire. Albert Cim dénonce l’oppression des femmes et l’inégalité entre les sexes, tandis que Pierre Mille interroge les clichés culturels sur le corps féminin.
Minucius Félix critique les normes de genre dans l’Antiquité, et Louise Michel met l’accent sur la nécessité de l’égalité. Les textes révèlent des approches variées, allant de la réflexion politique à l’analyse des mœurs. Le thème, à cheval entre anthropologie et sociologie, s’inscrit dans un réseau de concepts comme le myrte ou le dolmen, reflétant une profonde résonance avec les traditions humaines.
Citations sur “ciste”
Pierre Mille,
Le bol de Chine; ou, divagations sur les beaux-arts
(1919)
“ Vous croyez qu’ils se figurent leurs tribus, leur race, leur patrie sous les traits d’une femme ? C’est des pays de mâles, vous entendez ! Les femmes, ils s’en foutent. Ensuite, elles ne sont nues, chez eux, que si elles sont pauvres, misérables, esclaves de guerre. Et par-dessus le marché il n’y a pas un peuple, hors de l’Europe, pour croire que le nu soit une beauté. Pour eux il est obscène, il est sale, il donne des idées, il fait rire comme on rit entre hommes. Savez-vous ce que ça veut dire, pour un Bambara ou un Peuhl, cette femme nue et ce soldat qui joue avec son fusil ? ”
Minucius Félix, Les Pères de l’Église
“ Si vous les jugez d’après leur aspect, que ne direz-vous point de ces adultères mous et efféminés, hommes et femmes tour à tour dans leurs exécrables plaisirs, qui, prenant en horreur les marques distinctives de leur sexe, soignent leurs cheveux comme des femmes, et ne laissent aucun poil sur leur visage ni sur leur corps ? L’audace criminelle de leurs actions l’emporte sur l’infamie de leurs mœurs, et leur folie cède à leur méchanceté. C’est pour eux que nos cités regorgent de ces ouvriers inutiles incessamment occupés à masser, poisser, épiler ces misérables qui ne sont plus d’aucun sexe ”
