Cénobitisme

Définition et enjeux

Portrait de Honoré de Balzac Honoré de Balzac Contes bruns

Le cénobitisme est le nourricier du génie ; la cellule en est le berceau. Croyez-vous que ces jésuites qui émouvaient le monde et pétrissaient les ames royales eussent acquis dans le tumulte d’une société bruyante leur génie si fécond et si dangereux ? Non. Même le talent de l’intrigue peut émaner de la cellule : là, dans la solitude, en face du ciel, loin du mouvement des pensées tumultueuses, qui nous enlèvent à nous, germent et grandissent tous les bons et mauvais génies.
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Abbaye de Sainte-marie du Mont de l'ordre de Cîteaux réformé au mont des Cattes (1898)

L'ennui et le dégoût sont l'apanage du désordre, la paix et le bonheur régnent dans une bonne conscience. D'ailleurs, au monastère, ce n'est pas la variété
qui manque : variété des exercices au cours de chaque journée, variété du cycle liturgique sur lequel l'existence du moine se modèle ; il n'y a point de place pour l'ennui, ce gâte-fête des séculiers.
Isolés par leur silence, mais toujours réunis, les Cisterciens pratiquent le plus parfait cénobitisme, et profitent des avantages de la solitude sans en subir les inconvénients.
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Portrait de Anatole France Anatole France Thaïs (1890)

Il y avait aussi, tout au bord du fleuve, des maisons où les cénobites, renfermés chacun dans une étroite cellule, ne se réunissaient qu’afin de mieux goûter la solitude.
Anachorètes et cénobites vivaient dans l’abstinence, ne prenant de nourriture qu’après le coucher du soleil, mangeant pour tout repas leur pain avec un peu de sel et d’hysope. Quelques-uns, s’enfonçant dans les sables, faisaient leur asile d’une caverne ou d’un tombeau et menaient une vie encore plus singulière.
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