Résumé

Jean Babelon Cervantès : Bibliothèque nationale… (1947)

C'est là un des moments critiques de l'humanité. La vérité est mise en doute, en doute salutaire : car le doute est la première méthode qui s'impose à l'esprit — à celui de Montaigne, à celui de Descartes, à celui de Hamlet, entre l'être et le non-être ; à celui de Sigismond, entre la vie et le songe ; à celui de Cervantes, entre Don Quichotte et Sancho, entre ses géants et ses moulins — lorsqu'il s'agit de passer d'une autorité ébranlée à une quête de nouveaux principes universellement valables.
Source : Gallica

Jean Babelon Cervantès : Bibliothèque nationale… (1947)

La position de Cervantes, la position de l'homme en ce moment de l'homme, est donc ambiguë, contradictoire, ironique, dialectique, toute partagée et combattue entre le regret et le courage, entre le tragique et le comique. C'est dire qu'il n'est pas de livre qui nous engage autant et dans toute la plénitude et la complexité de notre destin que Don Quichotte. Il est le livre saint de l'humanisme.
Tout grand génie exprime son temps. Mais quelle inestimable valeur ne revêt pas un génie lorsque son temps est un des temps cruciaux de l'aventure humaine !
Source : Gallica

Jean Babelon Cervantès : Bibliothèque nationale… (1947)

Il a su décrire les combats navals en homme qui y a pris part : « Si ce péril vous semble petit, voyons s'il n'est pas égalé ou surpassé par l'abordage de deux galères qui s'accrochent par leurs proues au milieu de la vaste mer, en ne laissant dans leur enchevêtrement d'autre place au soldat que la planche de l'éperon large de deux pieds. » (Don Quichotte.)
Il a tiré un juste orgueil de sa conduite valeureuse au combat : « Que dira-t-on de moi ? Que je ne fais pas mon devoir. Je préfère mourir en combattant pour mon Dieu et pour mon roi, que de me garer sous le pont du navire. »
Source : Gallica

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