Résumé

Souvenirs d'un volontaire. Campagne 1870-1871… (1872)

Heureusement le lieutenant avait à sa boutonnière le sifflet réglementaire, instrument précieux pour les signaux de francs-tireurs et emprunté à la marine. C'est le seul
son qui domine le bruit des flots en courroux, de l'orage qui gronde, du canon qui tonne.
Je le comprends maintenant par expérience, car le sifflet du lieutenant domina le ronflement du caporal de Pommeroye. Quel puissant engin !
Tout le monde s'éveille en sursaut, et le ronfleur luimême, disant, comme tous ceux qui ronflent à bras fermés : « Mais non, je ne dormais pas. » Ou bien. « Je vous » assure, ce n'est pas moi. »
Source : Gallica

Souvenirs d'un volontaire. Campagne 1870-1871… (1872)

Comment croire à la guerre, à la poudré, aux chevaux - éventrés, aux cuirassiers sanglants, aux villages pillés, aux femmes lorraines fusillées sur les cadavres de leursenfants, écrasées à coups de talons de bottes, quand on marche au milieu de cette splendide nature, de cette fraîcheur, de cette verdure qui est collée aux flancs des Vosges ?
Comment donc croire que des peuples s'égorgent pour posséder des villes, des maisons, des pierres, quand on voit, solitaires et inhabités, ces sites splendides qui doivent toutes leurs richesses à la nature?
Source : Gallica

Souvenirs d'un volontaire. Campagne 1870-1871… (1872)

Nous sommes bien encore sur la grande route, la position n'est pas sûre, mais que faire avec des hommes harassés, mouillés ?
Ne pouvant marcher comme des loups, nous nous terrons comme des lapins. — Nous faisons nos terriers dans un immense pailler, on cache les armes, on cache les mules, les provisions, tout, en un mot, pas de feu, pas de sentinelle. On ferme les portes et l'on s'endort bon gré mal gré, en se demandant si l'on se réveillera au milieu des Français ou des Prussiens.
Source : Gallica

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