“ Il n’y a pas lieu de s’étendre sur cette halte que les excursionnistes firent à Daya. Les dames ne se promenèrent pas en dehors de la ville. Les hommes s’aventurèrent un peu plus loin, sur la pente des montagnes, à l’intérieur de belles forêts. Quelques-uns descendirent même vers la plaine, jusqu’à ces bois marécageux qui portent le même nom que la bourgade, et dans lesquels poussent les bétoums, les pistachiers, les jujubiers sauvages. ”
Citations sur “Daya”
“ Le trajet de Saïda à Daya ne dépassait pas cent kilomètres. L’itinéraire, soigneusement étudié, indiquait un hameau à mi-chemin, auquel on devait arriver vers huit heures du soir, dans lequel on passerait la nuit, et d’où l’on repartirait le lendemain afin d’atteindre Daya dans la soirée. Une lieue à l’heure, en moyenne, permettrait de transformer le voyage en une promenade à travers ces territoires si variés d’aspect. En quittant Saïda, la caravane abandonna immédiatement le terrain de colonisation pour le territoire de Béni-Méniarin. ”
“ Heureusement, si l’eau ne vient pas du ciel, elle vient du sol, grâce aux multiples ramifications des oueds. La distance entre Daya et Sebdou est d’environ soixante-quatorze kilomètres, en suivant la route carrossable qui conduit de Ras-el-Ma à Sebdou par El-Gor. Cette distance est allongée de cinq lieues de Daya à Ras-el-Ma. Toutefois le mieux est encore d’accepter cet allongement plutôt que de s’aventurer en ligne droite à travers les plantations d’alfa de l’Ouest et les cultures indigènes. Ce pays accidenté n’offre plus aux voyageurs le salutaire ombrage des forêts limitrophes du sud. ”
Frédéric Lacroix, Les moeurs et costumes de tous les peuples… (1847)
“ Les Dayas sont, du reste, sournois, traîtres, cruels, ignorants, fripons et superstitieux, tels, enfin, que leur société n'a rien de bien séduisant. Mais que dire de leurs frères et des autres races sauvages qui peuplent l'intérieur de l'île? Il n'est peut-être pas au monde de gens plus féroces, de plus enragés coupeurs de têtes ; aussi ne rêvent-ils que perfidies, guet-apens, surprises de villages, embuscades dans les forêts. Tout homme, s'il n'appartient pas à leur tribu, est un ennemi dont le crâne doit orner leur demeure. ”
Adolphe Bitard,
Les races humaines et les grandes explorations du globe
(1880)
“ En tout cas les Dayas sont bien supérieurs aux Malais, bien que quelques-unes de leurs tribus aient accepté leur domination. Ils ont le teint beaucoup plus clair, les traits réguliers et beaux, les yeux un peu plus écartés que dans la race caucasienne, la physionomie engageante. Les femmes, mieux conformées, sont aussi plus sympathiques ; leurs manières sont aimables et prévenantes, et leur physionomie exprime le contentement et la gaîté. Elles sont pourtant esclaves de fait et vouées aux plus durs travaux, mais le despotisme qu'elles subissent n'a rien de trop humiliant. ”
Frédéric Lacroix, Les moeurs et costumes de tous les peuples… (1847)
“ Les Dayas se font généralement remarquer par uue haute stature, uue constitution robuste, un teint d'un jaune mat, souvent terreux, des lèvres minces ou médiocrement épaisses, de grands yeux, un visage plein, et enfin une tête assez belle, assez bien organisée en apparence, mais assurément peu intelligente, s'il faut en juger par l'état de barbarie dans lequel ils vivent, bien que sur un sol riche en ressources de tout genre, et abondant surtout en or et en fer, ces agents si puissants de civilisation. ”
Adolphe Combanaire, Au Pays des coupeurs de têtes, à travers Bornéo… (1902)
“ Les parents dayaks aiment beaucoup leurs enfants, et sont, pour eux, plein de bonté et de douceur ; toutefois, les manifestations extérieures de l’affection qu’ils leur portent sont plus discrètes que les nôtres : le baiser leur est inconnu. Le chef du campong et quelques hommes, qui me semblent d’une intelligence au-dessus de la moyenne, me fournissent, sur leur religion, des renseignements qui complètent ceux que j’ai recueillis, depuis mon séjour avec les Dayaks du Lupar. ”
Frédéric Lacroix, Les moeurs et costumes de tous les peuples… (1847)
“ Ce sont des hommes presque noirs, agiles, robustes, sauvages, grands coupeurs de têtes, comme les Dayas, et couverts seulement d'une étroite ceinture roulée autour des reins. Leur véritable costume ne consiste, à proprement parler, qu'en un bouclier carré incrusté de nacre, de coquilles et d'ivoire. A la vérité, ils s'attachent, comme ornement, des bouquets de feuilles de palmier et de fleurs sur la tête, sur les épaules et aux genoux. Chez eux, les faveurs d'une belle ne s'obtiennent qu'en déposant à ses pieds l'humble hommage d'une demi-douzaine de têtes. ”
Gabriel Lafond de Lurcy,
Voyages autour du monde et naufrages célèbres…
(1843-1844)
“ A la moindre discussion avec un individu d'une tribu différente de la sienne, le Dayak le guette lâchement; s'il a le bonheur de surprendre son ennemi, il lui tranche la tète et la porte ensuite en triomphe aux siens, qui le reçoivent comme un vainqueur digne des plus grands éloges. ”
Amélie Chevalier, Les voyageuses au XIXe siècle
“ Les circonstances les plus critiques ne la prirent jamais au dépourvu, et l’histoire des découvertes et des voyages n’a peut-être pas de chapitre plus étonnant que celui des explorations de Mme Pfeiffer dans le centre de Bornéo. Nous lui devons des détails intéressants sur les usages et les mœurs des Dayaks ou population indigène. Leur férocité est proverbiale en Asie ; ils ont un goût particulier pour les têtes humaines, trophées dont ils décorent leurs demeures ; et, s’ils ont juré de s’en procurer une, il la leur faut à tout prix, celle d’un ami ou d’un ennemi. ”
Adolphe Combanaire, Au Pays des coupeurs de têtes, à travers Bornéo… (1902)
“ Avec un incroyable sang-froid, les Dayaks les plus rapprochés lui jettent, en plein visage, leur fine poussière de poivre ; l’orang-outang, subitement aveuglé, pousse un effroyable rugissement et étend, au hasard, ses grands bras, dont l’un saisit un homme qu’il culbute. Vingt Dayaks forment maintenant le cercle autour de lui : chacun de ses bras est saisi,par derrière, parcinq oU six hommes, tandis que d’autres lui passent autour des jambes de solides rotins. Il retombe alors sur les quatre pattes, en dégageant un bras qui envoie rouler au loin ceux qui le maintenaient ”
Armand Sinval, Les pionniers de l'inconnu : essai sur les explorateurs modernes… (1884)
“ Les Dayacs aiment tant les têtes humaines que toutes les fois qu'ils entreprennent, en commum avec les Malais, quelque guerre ou quelque expédition de piraterie, ils ne se réservent que les têtes et abandonnent le reste du butin aux cupides Malais. ”
Mme Ida Pfeiffer, Le Tour du monde
“ Vraiment, je suis étonnée de voir comment nous autres Européens nous osons fulminer anathème contre de pauvres sauvages qui tuent leurs ennemis comme nous tuons les nôtres, mais qui peuvent au moins s’excuser en disant qu’ils n’ont ni éducation ni religion qui leur prêchent la douceur, la clémence et l’horreur du sang. On lit dans beaucoup de descriptions de voyages que les Dayaks témoignent leur amour à leur bien-aimée en déposant une tête d’homme à ses pieds. ”
Congrès international des orientalistes, Congrès international des orientalistes… (1874-1876)
“ Joignez à cet équipement un peu de tatouage, et vous avez devant vous le guerrier dayak pur sang. En tout temps, hommes et femmes portent de longs anneaux aux deux oreilles. Quand une tribu dayak attaque à l'improviste une tribu ennemie, et que celle-ci surprise prend la fuite, les assiégeants, avant d'accaparer quoi que ce soit, s'emparent d'abord des têtes coupées, qui, fraîches ou desséchées, pendues à l'entrée de chaque demeure, constituaient le plus bel ornement mobilier de la tribu, et les emportent comme des trophées en triomphe chez eux. ”
Mme Ida Pfeiffer, Le Tour du monde
“ Les Dayaks peuvent prendre autant de femmes qu’il leur plaît ; mais ils se contentent généralement d’une seule. Ils les traitent bien et ne les accablent pas d’ouvrage, se réservant la partie la plus difficile. Les divorces, les querelles sont très-rares, et les mœurs sont incomparablement plus pures et meilleures que celles des Malais. Les jeunes gens et les jeunes filles sont tenus assez séparés les uns des autres. Les jeunes filles couchent dans les chambres, les jeunes gens dans la véranda ou bien dans la cabane du chef. Les Dayaks ne se mélangent pas avec d’autres peuples ”
Lucien Lévy-Bruhl,
La mentalité primitive (4e édition…
(1925)
“ Dans la vie des Dayaks, dit-il, le sentiment de l'invisible est toujours présent et actif. Les esprits et les démons leur paraissent aussi réels que leurs propres personnes. A la fête des têtes, c'est Singalang Burong dont on invoque la présence. ”
Antoine Cabaton,
Les Indes néerlandaises
(1910)
“ Les Dayaks qui les ont évincés, sont visiblement de race malayo-polynésienne, proches parents des Bataks de Sumatra, et semble-t-il aussi des Chams, Bahnars, Stiengs, Radés, Djaraïs de l'Indochine française. Qu'ils soient nés dans l'ile ou y soient venus, ils se présentent sous l'aspect d'individus très bien bâtis, supérieurs en taille et en force aux Malais comme aux Javanais, au visage assez régulier et agréable dans sa couleur jaune, malgré l'épatement du nez et la proéminence des lèvres; ils ont l'air gai et avenant. ”
Pierre Kropotkine,
L’Entraide, un facteur de l’évolution
“ Les Dayaks n’ont généralement qu’une femme et ils la traitent bien. Ils sont très sociables, et chaque matin le clan entier sort pour pêcher, chasser ou jardiner en bandes nombreuses. Leurs villages consistent en grandes huttes, chacune d’elles est habitée par une douzaine de familles et quelquefois par plusieurs centaines de personnes, vivant pacifiquement ensemble. Ils montrent un grand respect pour leurs femmes et ils aiment beaucoup leurs enfants ; quand l’un d’eux tombe malade, les femmes le soignent chacune à leur tour. ”
Congrès international des orientalistes, Congrès international des orientalistes… (1874-1876)
“ La troisième partie de cette construction forme sur toute sa longueur une waranda entourée d'écorce d'arbre ; c'est la place commune à toute la tribu ; on y mange, on y joue, on y travaille, on y couche en commun, sans se gêner, pour y satisfaire même à tous les besoins de la nature. Le langage 1 des Dayaks indépendants ressemble, quant à sa construction, à la langue malaise; un grand nombre de mots ont la même origine. J'y ai trouvé beaucoup de mots javanais, et bien des noms donnés aux ruisseaux, montagnes et villages se retrouvent à Java, Sumatra, Riouwet Banca. ”
Lucien Lévy-Bruhl,
La mentalité primitive (4e édition…
(1925)
“ Le rajah Brooke, qui jouissait d'un prestige sans pareil chez les Dayaks, a raconté lui-même les sollicitations dont il était l'objet. « Quand je me suis assis sur la natte, ils s'avancent un par un, et ils m'attachent de petites clochettes au bras ; on apporte une noix de coco et on me demande de cracher dedans. On me présente la poule blanche Je me lève, et je la secoue, en disant : « Puissent les Dayaks être heureux,. puissent leurs « récoltes être abondantes, les fruits de leurs arbres mûrir « en la saison, des enfants mâles leur naître, du riz être « emmagasiné dans leurs maisons, etc. » ”
Lucien Lévy-Bruhl,
La mentalité primitive (4e édition…
(1925)
“ Anthropological notes on the Bangala of the upper Congo river, J. A. I., XL. (1910) , p. 376. du malheur, envoyé par une puissance supérieure, ne s'adresserait-on pas d'abord, pour le détourner, à cette puissance qu'on essayerait de fléchir, ou à ses représentants si l'on en connaissait ? Le Dayak n'y songe pas. Il oppose à une puissance mystique une autre puissance mystique supérieure. Le présage n'est pas détourné : il est combattu et détruit. ”
Adolphe Combanaire, Au Pays des coupeurs de têtes, à travers Bornéo… (1902)
“ Dans, dns l’après-midi, les dernières traces du sentier se perdent et nous marchons à l’aventure, cherchant le passage le moins difficile. Je n’ai pas de boussole, et, seul, le soleil peut nous être utile ; mais les Dayaks ont un sens parfait de l’orientation et, si nous décrivons, parfois, des cercles entiers pour tourner un endroit infranchissable, l’homme de tête se remet, d'instinct, dans la bonne route. ”
Adolphe Combanaire, Au Pays des coupeurs de têtes, à travers Bornéo… (1902)
“ Il est médecin parce qu’il a eu successivement trois femmes ! Je crois qu’il veut plaisanter, mais c’est trop réel : chez les Dayaks, il suffit d’avoir été veuf plusieurs fois pour être jugé capable de soigner les autres ! Contrairement aux Malais, et surtout aux Siamois, qui savent si bien utiliser les herbes de la forêt, il est, comme tous les indigènes de Bornéo, d'une igno-rance complète pour l’emploi des simples, et les sucs d’herbes qu’il ordonne ne reposent sur aucune observation sérieuse. ”
Léon Gérardin, L'homme : éléments de physiologie… (1890)
“ Les Malayo-Polynésiens sont les habitants de l'intérieu des terres de l'archipel malais, ils comprennent : le Dayaks de Bornéo (fig. 267) , les Baltaks de Sumatra, le Alfourous, les Makassars et les Bougins des Célèbes. Leu nombreuses tribus parlent des langues analogues et so encore dans un état voisin de la plus complète barbari Les Dayaks font la « chasse aux têtes », ce n'est ni soif du carnage, ni le désir du meurtre, ni aucun esprit - (1) Voir A. Bertillon, Les races sauvages, Paris, G. Masson, éditer vengeance qui les porte à accomplir cette chasse impie. ”
Olivier, Voyage autour du monde : contenant la description géographique et pittoresque des divers pays… (1879)
“ Les lois sont sévères à Bornéo. Le meurtre est puni de mort, excepté quand c'est un maître qui a tué son esclave. Le vol est puni par l'amputa- tion de la main droite, et quelquefois par la mort. Les hautes montagnes centrales sont habitées par des tribus de Pounams, sauvages qui ont quelque ressemblance avec les Beddas de l'île de Ceylan. Les aborigènes de l'intérieur de l'île sont les Idaans au nord, les Tidouns ou Tirouns, dans la partie orientale, les Biadjous, au nord-ouest ; mais tous appartiennent à la race primitive des Dayaks. Les purs Dayaks sont francs dans leurs procédés ”
Adolphe Combanaire, Au Pays des coupeurs de têtes, à travers Bornéo… (1902)
“ Le campong dayak le plus rapproché est à deux heures de marche, il ne pourrait fournir que quelques porleurs : la plupart des hommes ayant rejoint l’expédition. Je conserverai donc mon bateau, quoique le chef batelier craigne que nous ne puissions remonter bien haut, à cause du poids des bagages. Si nous avons la chance d’avoir une grosse pluie dans la nuit nous pourrons peut-être aller jusqu’à Siding, village qui est le lieu de ralliement des troupes du frère du sultan, qui va ordonner aux malheureux Dayaks de se faire tuer pendant qu’il restera prudemment à l’abri de tout mauvais coup. ”
Gabriel Lafond de Lurcy,
Voyages autour du monde et naufrages célèbres…
(1843-1844)
“ Les Dayaks ou habitants primitifs de l'île, dont les tribus nombreuses et indépendantes se tiennent le plus loin possible des habitants de la côte, sont féroces, sauvages et d'une paresse invincible. Chez les Dayaks, chaque district et même chaque village se maintient en état de guerre continuelle avec ses voisins, afin de pouvoir se procurer sans cesse des têtes humaines, indispensables à toutes leurs cérémo- ”
Lucien Biart, Revue des Deux Mondes
“ Non, Dizio ne fouille pas la terre, ce qu’il regarde souriant, épanoui, c’est l’empreinte très nette d’un pied nu, d’un petit pied de femme. Il semble tout ému de sa découverte, Dizio ; au fait, je le suis moi-même. Une femme dans cette solitude, et qui doit habiter dans les environs du lieu où nous nous trouvons ! Nous en croyons à peine nos yeux. Nous ne continuons pas notre récolte, nous marchons la tête baissée, cherchant une nouvelle trace. ”
Daïra, histoire orientale en quatre parties (1760)
“ Saint Homme ! La fille de mon Maître va périr, si tu ne la sauves dans ton sein. Dérobes-là pour un temps ; eh ! veuille le Ciel la préserver par tes soins. Il courut à toi, Daïra, qui m'entends ; il te ravit, & disparut dans le moment même que les Brigands s'avançoient. Alors le fort d'un Maître si cher à mon coeur m'appella tout entier ; je volai près de lui, je m'armai comme lui-même. La multitude ne fit qu'accroître mon courage : j'avouerai pourtant, que le discours de l'un d'eux me frappa d'effroi : Saheb, dit-il, tu as outragé le Muphti Sezula, redoute sa vengeance ”
Daïra, histoire orientale en quatre parties (1760)
“ Mon Pere, s'écria Daïra, son sang est la source du mien ; son ame soutient la mienne ; je ne vis que par lui ; nous vous demandons d'avoir pitié de nous, c'est la feule récompense qui me soit dûe pour toutes les peines que j'ai souffertes. J'y consens, reprit l'Emir, je ne vous sépare point, je le promets ici à la face du Ciel & devant ce Peuple innombrable qui m'entend. ”
Frédéric Lacroix, Les moeurs et costumes de tous les peuples… (1847)
“ Les propriétaires de harems à Timor, Java et Sumatra, estiment fort les femmes de Rotti. Dao est renommée pour l'industrie de ses naturels, presque tous orfévres et bijoutiers. Les planches qui représentent quelques indigènes de ces divers pays, suffiront pour donner une idée de leur physionomie et de leur costume. Nous ajouterons qu'on rencontre dans les îles orientales de la Sonde, des peuples grands et bien faits, dont la couleur olivâtre est très-prononcée, et une race aux cheveux laineux, dont la peau, d'un brun foncé, est moirée de teintes violettes. ”
