“ LA DIÈTE ET LA QUESTION D’ARGOVIE. La Suisse est un bien petit pays, mais sa position au cœur de l’Europe, son héroïque histoire, le génie indépendant et fier de ses habitans, lui assignent parmi les nation une importance qui contraste avec sa faiblesse apparente. La France surtout doit se préoccuper de la Suisse, et suivre avec soin tous les évènemens qui se passent dans ce coin de terre. La Suisse est une des plus vieilles alliées de la France ; elle touche à plusieurs de nos plus belles provinces ; une grande partie de ses cantons parle notre langue ”
Diète de Suisse
Définition et enjeux
Citations sur “Diète de Suisse”
André Beaunier,
Les idées et les hommes. Troisième série…
(1916)
“ Et il cherche sa Suisse, la Suisse des chants d'école, celle qui sent le rhododendron, l'alpe, la vapeur du torrent, celle qui frissonne au mot de liberté, pour elle et pour les autres. Il la sait vivante. Vivante, mais enchaînée. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ C’est une heure grave et pleine de méditations que celle où l’on a sous les yeux la Suisse, ce nœud puissant d’hommes forts et de hautes montagnes, inextricablement noué au milieu de l’Europe, qui a ébréché la cognée de l’Autriche et rompu la formidable épée de Charles le Téméraire. ”
Ludovic ou Le jeune voyageur en Suisse (1830)
“ Pour peu qu'on soit poète, on devient inspiré dans cette belle Suisse ; cependant, que puis-je vous dire? jamais je n'avais si bien compris qu'une langue, aussi riche qu'elle soit, n'est au plus qu'un misérable hiéroglyphe qui étouffe la pensée. ”
Albert Blanc,
La Savoie et la monarchie constitutionnelle
(1859)
“ Mais qu'un vent de France vienne à souffler, vite on se tourne vers la Suisse, préférable à tous égards. Toutes les fois que dans ces provinces la mode vient de vanter la Suisse, c'est qu'on est menacé d'être Français. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ Tout cela c’est la Suisse. Les voyelles et les consonnes se partagent la Suisse de même que les fleurs et les rochers. Au nord, où est l’ombre, où est la bise, où est la glace, les consonnes se cristallisent et se hérissent pêle-mêle dans tous les noms des villes et des montagnes. Le rayon du soleil fait éclore les voyelles ; partout où il frappe, elles germent et s’épanouissent en foule ; c’est ainsi qu’elles couvrent tout le versant méridional des Alpes. ”
Olivier, Voyage autour du monde : contenant la description géographique et pittoresque des divers pays… (1858)
“ C'est un peuple brave, hardi, industrieux, remarquable par sa fidélité et par son attachement à la liberté de son pays. Comme les anciens Romains, les Suisses sont endurcis aux fatigues de la guerre et à celles de l'agriculture. Une simplicité de mœurs générale, une franchise ouverte et naturelle, un esprit de liberté que rien ne peut détruire, voilà les traits qui caractérisent les habitants de la Suisse. C'est, en général, une nation très-éclairée. ”
“ Mais la Suisse véritable, la vraie patrie du citoyen de cette terre, c’est la Suisse de l’hiver et du printemps, lorsque, seul dans ses foyers, ce peuple jouit des âpres intimités d’une nature grandiose et sévère. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Vu au soleil couchant, alors que les rayons de feu vont embraser les vitres des nombreuses maisons semées dans cette plaine et revêtir les montagnes lointaines des teintes les plus douces, ce spectacle est d’une beauté incomparable : la Suisse en a de plus nombreux et de plus variés, mais elle ne peut en offrir de plus grandioses et surtout de plus riches. ”
Sainte-Beuve,
Revue des Deux Mondes
“ Le grand historien helvétique, un des plus grands historiens modernes, le vrai peintre et comme le poète épique des vieux âges, Jean de Muller, est de cette autre Suisse qui n’a point, entre l’Allemagne et elle, les mêmes barrières de croyances et de purisme que la Suisse française se sent à l’égard de la France. ”
Louis-Joseph de Bourbon Condé, "Journal d'émigration du prince de Condé… (1924)
“ Je n'entreprendrai point de décrire toutes les merveilles de la Suisse, trop de plumes plus savantes et plus élégantes que la mienne ont fait connaître ce pays, où la nature se dévoile dans sa primitive grandeur et son éternelle majesté, où la liberté ne se confond point avec la licence, l'ambition avec l'amour de la patrie, et la noblesse des sentiments avec l'exaltation des esprits. ”
Paul Bardou, Eugène Jacquet et ses amis : histoire de quatre fusillés de Lille par un témoin (1919)
“ Placée au noeud des chaînes de montagnes de l'Europe occidentale, au berceau de tous les grands fleuves, dominant du haut de ses glaciers tous les océans du Nord au Midi, jouissant d'une constitution politique qui respecte depuis plusieurs siècles le contrat librement consenti entre des peuples de races, de langues, de religions différentes et antagonistes, la Suisse demeure le pays de la liberté. ”
Noëlle Roger,
Revue des Deux Mondes
“ Cette influence discrète, qui, loin d’aliéner nos esprits et d’entamer notre conscience de Suisses, nous donne une plus claire conscience de ce que nous sommes et de ce que nous devons à la Suisse ; cette amitié française qui ne cherche pas à nous détourner de notre patrie, mais nous demande, avant toute chose, de rester des Suisses. Un même amour de la liberté nous rapproche. Nous voyons dans la France la grande République qui a su réaliser, sur un vaste plan, une part de l’idéal qui nous est cher. ”
Bibliothèque nationale, L'art du livre en Suisse 1939-1946… (1946)
“ Les écrivains français du XVIe siècle et des siècles qui suivirent devaient être les bénéficiaires d'une tradition si bien fondée et que des imprimeurs, des érudits français, réfugiés à Genève, comme Henri Estienne et Jean de Tournes, avaient développée à leur tour. A tous les moments essentiels de notre belle histoire comme de l'histoire de l'Europe, nous retrouvons la Suisse, abri pour la liberté de l'esprit, foyer pour les persécutés, lieu d'échanges pacifiques; et le livre suisse est demeuré tout naturellement l'expression des tendances les moins uniformes. ”
Émile Souvestre,
Revue des Deux Mondes
“ On y avait, comme dans les chambres obscures qui décalquent tout ce qui passe, une sorte de tableau de l’Europe contemporaine, composé par la main du hasard et dont on eût vainement cherché le modèle en aucun autre lieu du monde, car c’est à ce titre surtout que la Suisse peut être véritablement appelée une terre de refuge et de liberté, où tous les rangs se coudoient, toutes les fortunes s’égalisent, toutes les langues se confondent, toutes les religions s’unissent dans une commune admiration. ”
H. Duport, Une éducation de femme : souvenirs d'un père (1869)
“ Il semble que toute la Suisse avec ses villes, ses vallées et ses lacs, avec ses rochers escarpés, ses pics gigantesques et ses glaciers bleuâtres, se range en groupes serrés autour de ce mont superbe, et que d'une enjambée on atteindrait à sa dernière limite. L'esprit tout ébloui, le cœur tout ému de tant de merveilles, nous sommes partis laissant un regret vivement senti à cette pauvre masure où nous venions de passer des heures si instructives et si gaies, et à ce pic si désolé par les tempêtes et les frimas, où Dieu nous avait parlé si haut. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo En voyage…
“ Le suisse, étrange espèce d’homme moitié Spartiate, moitié condottiere, se souciant plus de la dignité de la montagne que de la dignité du montagnard, tenant à la virginité de la neige, vendant sa personne, acceptant une cage, esclave et content, pourvu qu’il sente son nid libre. ”
Louis Étienne, La Suisse et ses Ballades
“ La comparaison de ces ballades avec l’histoire nous offre l’occasion d’esquisser quelques études nouvelles sur les origines du peuple suisse, sur ses tardifs accroissemens, et avant tout sur sa laborieuse nationalité. Les montagnes et les lacs du pays montrent assez dans quelles limites devait croître et grandir ce peuple ; les ballades le font voir plus clairement encore. En un mot, c’est la nationalité suisse qui est le sujet de cette étude, composée à la fois de descriptions de la nature, de poésie et d’histoire, comme un dessin rapide à trois crayons. ”
“ À côté de la France, on trouve une petite nation, la Suisse. Cette nation a pris naissance au treizième siècle, à la suite de luttes si belles et si héroïques que les hommes qui les ont soutenues nous semblent aujourd’hui appartenir plutôt à la légende qu’à l’histoire. Le territoire de la Suisse s’est de siècle en siècle agrandi de tous les petits pays qui préféraient l’exercice paisible d’une solide liberté à la gloire aventureuse des champs de bataille, dont les habitants n’avaient d’autres ambition que celle de cultiver l’héritage paternel et de le défendre au besoin. ”
Mme E. Roy, Livre-atlas élémentaire de géographie (1912)
“ Au lieu d'être Allemand ou Français, il est Suisse. Sa nationalité lui est d'autant plus chère qu'elle ne ressemble à aucune autre. L'originalité des institutions est le lien qui unit ensemble ces races et ces confessions différentes. Par un privilège bien rare dans notre Europe, la Suisse a pu développer sa vie nationale, sans porter atteinte aux libertés de ses membres. ”
Victor Hugo,
La Légende des siècles
“ Fière, et, quand il le faut, se hérissant de clous, Chasse les rois ainsi qu’elle chasse les loups. Gloire au chaste pays que le Léman arrose ! À l’ombre de Melchthal, à l’ombre du Mont-Rose, La Suisse trait sa vache et vit paisiblement. Sa blanche liberté s’adosse au firmament. Le soleil, quand il vient dorer une chaumière, Fait que le toit de paille est un toit de lumière ; Telle est la Suisse, ayant l’honneur dans ses prés verts, Et de son indigence éclairant l’univers. Tant que les nations garderont leurs frontières, La Suisse éclatera parmi les plus altières ”
“ La Suisse, sans rien dire, en fermière, en voisine, Toujours simple dans sa bonté, Passa notre frontière, et s’en vint les mains pleines Nourrir tout ce peuple accablé, Et pour ensemencer le désert de nos plaines Lui donner son orge et son blé ! Ah ! que ce grain béni garde, touchant emblème, Les dons du sol qui l’a porté, Et qu’il fasse germer dans nos champs qu’il ressème La liberté, l’humanité ! VI Tout est dit maintenant, ô Suisse vénérée ! ”
Charles Didier,
Le Chevalier Robert. Tome 2
(1858)
“ Sequestrée du monde par ses remparts naturels, la Suisse est indifférente à tout ce qui n'est pas elle ; elle est à ellemême son propre univers, et ne vit pas de la vie universelle. Qu'on soit esclave ou libre autour d'elle, que lui importe, pourvu qu'elle soit heureuse et calme au bord de ses lacs? Elle réserve pour elle toute seule ses sympathies, ses colères, et ses entrailles ne s'émeuvent pas pour le prochain, comme si le bruit des cataractes et des avalanches l'empêchait d'entendre du fond de ses vallées les mille voix plaintives de l'humanité. ”
George Sand,
Lettres d’un voyageur
(1837)
“ Et toi, ô grande Suisse ! ô vous, belles montagnes, ondes éloquentes, aigles sauvages, chamois des Alpes, lacs de cristal, neiges argentées, sombres sapins, sentiers perdus, roches terribles ! ce ne peut être un mal que d’aller me jeter à genoux, seul et pleurant, au milieu de vous. La vertu et la république ne peuvent défendre à un pauvre artiste chagrin et fatigué d’aller prendre dans son cerveau le calque de vos lignes sublimes et le prisme de vos riches couleurs. ”
Julien Sée, Journal d'un habitant de Colmar… (1884)
“ La plus belle de toutes les gloires, la Suisse la possède, puisqu'elle est libre et qu'elle peut donner au monde la grande leçon humaine qui le console des horreurs d'une guerre si contraire aux aspirations d'une époque civilisée. ”
Pierre Cérésole,
Vivre sa vérité
“ Ainsi, nous manquerons l’essentiel ; nous oublions complètement notre mission, la seule raison qui justifie l’existence de la Suisse. La Suisse, c’est l’harmonie réalisée entre des gens, ennemis héréditaires. La Suisse, c’est le commencement du miracle. Nous l’oublions, et si ça continue on s’apercevra que l’existence de la Suisse ne rime à rien, et elle disparaîtra comme il faut, sûrement : fromages, montres, machines, ça ne fait pas une nation. ”
Louis Farges, Revue des Deux Mondes
“ Mais c’est surtout au grand mouvement d’idées provoqué par la Renaissance que la Suisse dut d’être mieux connue. Enivré de l’antiquité retrouvée, l’esprit humain veut soulever le voile de l’Isis mystérieuse, il veut connaître les secrets de la nature, et la montagne lui apparaît comme leur terrible gardienne. ”
Emperor of the French Napoleon I, Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III
“ La Suisse ne ressemble à aucun autre état, soit par les événemens qui s'y sont succédés depuis plusieurs siècles, soit par sa situation géographique et topographique, soit par les différentes langues, les différentes religions et cette extrême différence de moeurs qui existent entre ses diverses parties. ”
A. de Macedo, Pèlerinage aux Lieux Saints, suivi d'une excursion dans la Basse Égypte… (1857)
“ De tous les pays, il n'en est pas un qui soit pareil à la Suisse sous le rapport de la beauté des sites. Il semble que la nature ait épuisé le trésor de ses grâces pour les réunir toutes sur cette contrée. ”
J. Olivier, Revue des Deux Mondes
“ La réforme et les révolutions politiques ont aussi leur histoire dans ce singulier pays : toutes l’ont agité, bouleversé ; toutes y ont laissé des traces profondes, et pourtant elles n’ont pu le faire semblable aux autres, quoique par ses races, ses langues, ses croyances, ses institutions et ses mœurs, la Suisse soit comme un abrégé de l’Europe actuelle et comme un musée de celle qui a précédé. ”
Various, L'Illustration, No. 0066, 1 Juin 1844
“ La Suisse, cette contrée ardente à saisir toutes les espérances d'amélioration morale et tous les moyens d'affermir le bonheur et la prospérité de ses habitants, est une des nations qui entrèrent des premières dans la voie ouverte. ”
Louis Étienne, La Suisse et ses Ballades
“ Ce serment fut la première confédération, le premier Bund. C’est déjà la Suisse ; son berceau errant franchit bien des montagnes, bien des rivières. Le Seigneur, dit le chantre d’Hasli, conduisit la nation par la main. Suivant sa remarque naïve, ils souffrirent plus de la faim que de la soif ; mais ils s’exhortaient entre eux comme la colonie exilée dont parle le poète antique : soyons courageux, soyons des hommes, peut-être sommes-nous au plus fort de nos maux, passi graviora. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ La Suisse alors commence seulement à essayer ses forces. Elle est pleine de courage, et cependant elle doute encore d’elle-même. Elle se couvre de gloire, et cette gloire ne l’enorgueillit pas. Elle n’ose encore se croire assez puissante pour s’affranchir, elle se recommande à Dieu et fait bénir ses étendards dans les églises. ”
Ernest Lavisse,
Vue générale de l'histoire politique de l'Europe
“ La nationalité suisse est la plus accomplie de toutes: elle comprend trois familles de peuples, dont chacune parle sa langue. Comme le territoire suisse est, en outre, prélevé sur trois régions géographiques, déterminées par de hautes montagnes, la Suisse, qui a vaincu la fatalité de nature sous les deux espèces ethnographique et géographique, est un phénomène unique et admirable. Mais elle est une confédération, et, depuis longtemps, un pays neutre. ”
Rodolphe Rey, Genève et les rives du Léman (1868)
“ Tous les enfants de la Suisse n'en ont pas la fruste énergie : tel, decomplexion fine et délicate, est froissé par ses rudesses. Si des régions plus douces l'inspirent et lui font atteindre le beau et le vrai, il aura bien mérité de l'art. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ La Suisse est patiente. Elle souffre long-temps ; elle voit s’élever la forteresse de ses maîtres, et elle ne dit rien ; elle passe devant le chapeau insolent de Gessler, et elle s’incline. Quand elle se sent lasse enfin de porter le joug ; quand la mesure de ses maux est comblée, elle hésite encore, elle ne se lève pas en masse. ”
Pierre-Auguste-Marie Miger, Tableau historique de l'état et des progrès de la littérature française depuis 1789… (1818)
“ Elle doit être spécialement chère aux Suisses, ce que nous disons par éloge et non par reproche : quoique fort érudite, elle n'est point sèche; elle abonde en réflexions toujours judicieuses , et quelquefois d'une grande portée. Quant à l'exécution générale , la manière de l'auteur est large et grave-; la chaleur n'est pas sa qualité dominante; mais il a souvent de la noblesse, et, dans ce qui concerne l'histoire naturelle de la Suisse, partie traitée de main de maître, son style s'élève à des formes majestueuses, dont la trace est facilement aperçue dans la traduction. ”
Mme E. Roy, Livre-atlas élémentaire de géographie (1912)
“ On peut dire de la Suisse qu'avec ses diversités de sol, de culture et d'habitants, ce petit pays est comme un abrégé de l'Europe centrale. Protestants s'y rencontrent avec catholiques, Germains avec Romains, la vie manufacturière des villes avec la vie pastorale des montagnes. Les étrangers s'y rendent en foule, la plupart pour une saison, mais un bon nombre aussi, pour s'y fixer. Des villes comme Genève ou Zurich ont un caractère cosmopolite bien marqué. Néanmoins le Suisse reste bien fidèle à lui-même et ne se confond point avec les nationalités voisines. ”
