“ Que vous alliez ou que vous veniez, que vous mangiez ou que vous buviez, que vous bénissiez ou que vous maudissiez, Pax vobiscum vous aidera à franchir tous les obstacles. Cette phrase est aussi utile à un moine que l’est un balai à une sorcière, ou une baguette à un enchanteur. Prononcé seulement d’une voix grave et solennelle, le Pax vobiscum est irrésistible. La sentinelle et le garde, le chevalier et l’écuyer, les fantassins et les cavaliers subissent tous son charme. ”
Pax
Définition et enjeux
Citations sur “Pax”
Raymond Clauzel,
L’Île des Femmes
“ Pax Domini ! répéta-t-il en regardant tour à tour les Masculines et les Vénusiennes. Profitant du léger temps d’arrêt produit par cette intervention, imposant et superbe, le P. Jésuite jeta son arme à terre, mit un pied dessus puis, levant en l’air son petit crucifix cloisonné, impérieux et pathétique, répéta : — Pax ! ”
Maximin Deloche,
De la signification des mots "Pax" et "Honor" sur les monnaies béarnaises…
(1893)
“ Si Pax avait eu le sens de Trêve de Dieu, est-il admissible qu'on 1 eût maintenu jusqu'au milieu du XVIe siècle, alors que, depuis si longtemps, l'institution avait cessé d'exister et que le mot avait même perdu sa signification ? Concluons que cette interprétation doit être écartée comme les autres. les autres. , Je n'aperçois, à vrai dire, qu'une seule explication qui rem- ; (997-998) et de Poitiers (1000) . Voir sur ce sujet Sémichon, Paix et Trêve de Dieu, - p. 7-14 ; Ludwig Huberti, Gottesfrieden und Landfrieden. Rechtsgeschichtliche Studien, t. ”
“ Chose étrange, on trouve, dans cette analyse même, l’empreinte du génie de Pascal, tant, comme le dit Nicole, tout ce qu’il disait faisait sur l’esprit une impression ineffaçable. C’est par l’effet du hasard, dit Pascal au jeune prince, que voue possédez les richesses dont vous vous trouvez maître. De vous-même et par votre nature, vous n’y avez aucun droit. L’ordre en vertu duquel ces biens ont passé de vos ancêtres à vous est un ordre d’établissement, et d’établissement humain. Votre âme et votre corps sont d’eux-mêmes indifférents à l’état de batelier ou à celui de duc. ”
Jules-Emile Alaux, Un Fils du siècle, poème
“ O Pascal ! s'écria le vieillard. O Pascal ! Combien tu dus souffrir dans ton doute fatal, Quand tu ne trouvais qu'ombre où tu cherchais lumière ! Quand devant ta recherche et devant ta prière Le vrai fuyait, fantasque, indocile et moqueur ! Je t'ai senti, Pascal, vivre au fond de mon coeur ! Ce siècle nous a faits pour te lire et t'entendre. Tes hommes sont venus, qui peuvent te comprendre : Les hommes de ton temps ne te comprirent pas ! ”
Auguste Anicet-Bourgeois,
Pascal et Chambord
“ PASCAL. Oui, oui, cette lettre est bien d’elle ! lisez, lisez vous-même. WILHELM, lisant. « Mon ami, lorsque je t’ai envoyé mon anneau, lorsque je t’ai répété que je ne serais jamais qu’a toi, un lien sacré nous unissait. A ton retour ici, tu trouveras, je l’espère, un nouveau gage de notre amour ; tu trouvera à la place de Wilhelmine, qui va mourir, un enfant que chacun saluera du titre de baron de Ranspach. Pascal, je te lègue mon fils... le tien... » PASCAL. Oh ! mon Dieu ! mon Dieu ! (Il arrache la lettre à Wilhelm.) Mon fils ! j’aurais un fils, moi... et ce serait... ”
Alexandre Vinet,
Études sur Blaise Pascal
(1848)
“ Pascal fut sectaire comme nous le sommes tous; mais sans se séparer de la secte à laquelle on peut dire qu'il appartenait, il la surpassa ; le fond, chez lui, l'emporta sur la forme; l'esprit domina le corps. Voulez-vous que je le dise, il en fut de même à quelque degré de tous ceux qui, partageant avec lui les mêmes vues particulières, étaient unis par le coeur au principe vivant de la vérité : tous, en cela, se surpassaient eux-mêmes, et n'étaient liés à leur secte que par les parties inférieures de leur esprit. ”
André Suarès,
Revue des Deux Mondes
“ Pascal vit dans la fièvre, le tremblement, et les délices tristes de ce cœur qu'il nourrit et qu'il dévore.Pascal, malade dans sa chambre, est un des plus grands spectacles qu'il y ait de l'homme. Il fait [Pg 69] mettre à ses côtés un mendiant, malade comme lui. En d'autres temps, un pauvre; et, d'abord j'en suis sûr, un homme, quel qu'il soit, c'est toujours un malade. Celui qui souffre dans son corps ne l'est que deux fois. Mais la maladie originelle, et mortelle dès l'origine, qui la guérit?—C'est la vie. ”
Victor Giraud , Revue des Deux Mondes
“ La vérité, si je ne m’abuse, est celle-ci. Né, je le crois, avec un cœur très tendre, avec une sensibilité très vive et très ardente, que la maladie vint encore aiguiser et exaspérer de très bonne heure, Pascal, avant 1649, avant l’époque où « il se mit dans le monde, » pour suivre l’avis des médecins, Pascal n’a eu que deux grandes affections dans sa vie, son père et sa sœur Jacqueline, « qu’il aimait, nous dit Mme Périer, d’une tendresse toute particulière. » Son père mort, son autre sœur Gilberte étant mariée, sa sœur Jacqueline lui reste seule. ”
“ Alors, Pascal, tombé sur une chaise boiteuse, la face entre ses deux mains jointes, comme pour ne plus voir la lumière du jour, éclata en gros sanglots. Mon Dieu ! qu’allait-il devenir ? Une fillette que son frère lui avait confiée, qu’il avait élevée en bon père, et qui était, aujourd’hui, cette tentatrice de vingt-cinq ans, la femme dans sa toute-puissance souveraine ! Il se sentait plus désarmé, plus débile qu’un enfant. ”
“ Peut-être le sage, le puissant attendu germerait-il là. Le pis était, pour la beauté de son Arbre, que ces gamins et ces gamines étaient si petits encore, qu’il ne pouvait les classer. Et sa voix s’attendrissait sur cet espoir de l’avenir, ces têtes blondes, dans le regret inavoué de son célibat. Pascal regardait toujours l’Arbre étalé devant lui. Il s’écria : — Et pourtant est-ce complet, est-ce décisif, regarde donc !... Je te répète que tous les cas héréditaires s’y rencontrent. Je n’ai eu, pour fixer ma théorie, qu’à la baser sur l’ensemble de ces faits... ”
Auguste Anicet-Bourgeois,
Pascal et Chambord
“ Les Mêmes, PASCAL. Il porte l’uniforme usé des grenadiers de l’empire ; il est couvert de poussière ; un bâton à la main ; il est sans armes. PASCAL. Oui... c’est bien ici... j’ai tout reconnu... la grille, le parc, cet escalier... Les domestiques n’ont pas fait attention à moi ; tant mieux ! Si je pouvais la voir sans être annoncé ! MINA. Tiens ! un étranger... CHAMBORD. Un uniforme de mon pays ! MINA. Qui demandez-vous, monsieur ? PASCAL. La baronne de Ranspach. MINA, à part. La baronne ? il ne sait donc pas... PASCAL, à part. Comme ils me regardent ! ”
“ Une sérénité sacrée tombait de l'ombre, les deux cierges brûlaient, d'une pure flamme immobile, sans un frisson. Et elle vit alors que la face de Pascal était devenue très blanche, dans le flot épandu de la barbe blanche et des cheveux blancs. Il dormait dans de la lumière, auréolé, souverainement beau. Elle se pencha, le baisa encore, sentit à ses lèvres le froid de ce visage de marbre, aux paupières closes, rêvant son rêve d'éternité. Sa douleur fut si grande de n'avoir pu sauver l'oeuvre dont il lui avait laissé la garde, qu'elle tomba à deux genoux, en sanglotant. ”
“ Pascal, inquiet, voulut avoir une explication avec Martine. Il descendit, un matin, de bonne heure, comme elle balayait la salle à manger. — Vous savez que je vous laisse libres, Clotilde et vous, d’aller à l’église, si cela vous plaît. Je n’entends peser sur la conscience de personne... Mais je ne veux pas que vous me la rendiez malade. La servante, sans arrêter son balai, répondit sourdement : — Les gens malades sont peut-être bien ceux qui ne croient pas l’être. ”
Charles Morice, La Littérature de tout à l’heure
“ Pascal a vu plus loin que son temps le désastre où ce parti-pris de spiritualité précipite l’âme humaine. Il a vu la sensualité dévorante de dresser à l’horizon crépusculaire, née de la raison épuisée d’avoir si longtemps régné seule et du corps révolté d’avoir été oublié si longtemps. Pascal a vu de ses yeux d’homme et de génie les besoins nouveaux des jours qui venaient, il a entendu la question qu’allait à son tour proposer au Sphinx l’Humanité, qui se lève quelquefois comme un Sphinx, elle aussi, devant l’autre, l’éternellement silencieux. ”
“ Et c’était un chaos, un paysage foudroyé, un couloir de l’enfer, avec ses détours tumultueux, ses coulures de terre sanglante glissées de chaque entaille, sa solitude désolée que troublait seul le vol des aigles. Félicité ne desserra pas les lèvres, la tête en travail, l’air accablé sous ses réflexions. Il faisait en effet très lourd, le soleil brûlait, derrière un voile de grands nuages livides. Presque seul, Pascal causa, dans sa tendresse passionnée pour cette nature ardente, tendresse qu’il s’efforçait de faire partager à son neveu. ”
Giovanni Pascoli,
Vers et Prose
“ « Viens donc, chère âme, viens boire aux flots du Léthé. Tu n’as pas assez bu ! » Et la mère inclina son visage pour boire l’onde pleine d’oubli. Tandis qu’elle buvait ses yeux laissaient couler des larmes qui tombaient dans le fleuve nocturne. Et néanmoins le bon démon pressa suavement sa nuque, avec délicatesse, en lui disant : « Encore ! encore, chère âme ! Tu n’as pas assez bu ! » Et la mère obéit. Tout en buvant ses yeux pleuraient à flots pressés. Oh ! ciel ! mais c’est en vain ! ”
“ Une heure se passa, sans un bruit, sans un souffle. Puis, comme Pascal, par distraction à son travail, venait de rompre la bande d’un journal oublié sur sa table, le Temps, il eut une légère exclamation. — Tiens ! ton père qui est nommé directeur de l’Époque, le journal républicain à grand succès, où l’on publie les papiers des Tuileries ! Cette nouvelle devait être pour lui inattendue, car il riait d’un bon rire, à la fois satisfait et attristé ; et, à demi-voix, il continuait : — Ma parole ! on inventerait les choses, qu’elles seraient moins belles... La vie est extraordinaire... ”
Abel-François Villemain,
Discours et mélanges littéraires
“ Pascal, à qui la supériorité de son génie avait fait parcourir d’avance tout le cercle des inquiétudes que peut éprouver l’esprit humain, dans une civilisation de plusieurs siècles, Pascal, instruit de tout par le combat que s’étaient livré les puissances de son âme, se jette dans l’asile de la foi chrétienne. Elle seule lui explique l’origine de la vie humaine, la grandeur et la misère de l’homme. ”
Auguste Anicet-Bourgeois,
Pascal et Chambord
“ PASCAL. Oh ! tu descendras plus vite que tu n’es monté ! FRÉDÉRIC. Pas de plaisanterie. PASCAL. Quinze pieds de haut, tu ne te tueras pas. FRÉDÉRIC. Au secours ! PASCAL, le poussant. Infâme !... La sonnette de la grille s’agite, le bruit va crescendo. Scène XIV. PASCAL, WILHELMINE, puis CHAMBORD [19] .WILHELMINE, sortant de sa chambre. Ces cris... ce bruit... ce tumulte... qu’y a-t-il ? qu’avez-vous fait ? PASCAL. Rien, madame, rien ! WILHELMINE. Expliquez-vous ! PASCAL. Un homme allait s’introduire dans votre appartement à l’aide de cette clef ; je la lui ai arrachée... la voilà. ”
“ « Un pareil abcès Depuis quatre jours me tourmente ; Vous seriez ingrate et méchante, Si vous me refusiez le bien Que vous avez par mon moyen : Alix, j'ai besoin de votre aide. Puisque vous portez le remède Qui, sans faute, peut me guérir, Eh quoi ! me verrez-vous mourir, Après que je vous ai guérie ! — Non, dit Alix, non sur ma vie, Je ferais un trop grand péché : Tel crime... Allons donc, je vous prie, Guérissez-vous, frère Pascal ; Approchez vite votre mal. » A ces mots, don Pascal la jette Sans marchander sur sa couchette, L'étend bravement sur le dos, Il l'embrasse. ”
Jean Féron,
La revanche d’une race
(1924)
“ Très surpris par cette brusque agression, l’homme au fusil, avait cherché à se dégager de l’étreinte de Pascal. Il s’en suivit une courte lutte. Pascal, avec l’énergie d’un homme au désespoir, tint bon. Et quand, à l’appel de l’ancien sacristain, le passant inconnu s’approcha, Pascal poussa une exclamation de stupeur. Puis, avec joie, il s’écria : — Ah ! bon Dieu ! c’est vous, monsieur Jules ? — Eh bien ! demanda Jules Marion, plus stupéfait que Pascal et reconnaissant le fidèle serviteur de l’abbé Marcotte, que signifie cette prise de corps ? ”
Victor Giraud , Revue des Deux Mondes
“ Par-delà les livres et les sophismes à discuter, Pascal a vu des hommes à réduire ; et il a jeté sur ses contemporains un regard si aigu et si perçant que, par-delà les hommes de son temps, il a atteint ceux du nôtre. ”
François Collet, Fait inédit de la vie de Pascal… (1848)
“ LA VIE DE PASCAL. L'AUTEUR DES PROVINCIALES ET LE CHEVALIER DE MÉRÈ. I. De tous les grands génies dont s'honore la France , celui qui a le plus, sans doute, excité l'intérêt des hommes de notre âge, c'est Pascal. Des esprits éminents, nous nommerons à leur tête un philosophe illustre, lui ont consacré leurs veilles, avec quel fruit on le sait. A leurs savantes recherches nous venons ajouter un résultat nouveau, important, imprévu. Ce fait n'est autre chose que la conversion littéraire, soudainement opérée, de l'auteur des Provinciales. ”
Gérard de Nerval,
Revue des Deux Mondes
“ Il y a, me dit l’Anglais, une réception chez le pacha. C’est une députation des cheiks maronites qui viennent lui faire leurs doléances. Ce sont des gens qui se plaignent toujours ; mais le pacha a l’oreille dure. ”
Jean Félix Nourrisson, Pascal, physicien et philosophe (1885)
“ Lequel prendrez-vous donc? Voyons. Votre raison n'est pas plus blessée en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé, mais votre béatitude? Pesons le gain et la perte en prenant croix, que Dieu est. Estimons ces deux cas : Si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter. 1. Les Pensées de Blaise Pascal, édit. Molinier, t. I, p. 121. « Saint Augustin a vu qu'on travaille pour l'incertain, sur mer, en bataille, etc., mais il n'a pas vu la règle des partis, qui démontre qu'on le doit. » ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ « Je vis dans une sorte d’inquiétude fébrile, — il me semble que le destin me harcèle, m’emporte à perte de vue, — dans les espaces d’ombres où se fondent les nuages. Ah ! combien juste cette pensée de Pascal : « Nous avons en nous notre soleil et nos brouillards. » ”
Juliette Adam,
Jean et Pascal
(1876)
“ Ta gaieté le réveille, l'avertit et le gare. Sans toi, il courrait à l'absurde. Pascal se complaît parfois dans une sorte de prison cellulaire. Il est son prisonnier. Il s'interdit tout commerce avec l'extérieur. Le manque de relations le rendra insensé. Vois-le : écoute-t-il? Parle-lui : entend-il? Il n'est jamais présent que pour lui-même, visible que pour lui, attentif qu'à sa seule pensée. ”
Auguste Anicet-Bourgeois,
Pascal et Chambord
“ Je veux aller sous les feux ennemis ––––Chercher la mort ou conquérir un grade.CHAMBORD, se levant. ––––Eh ! bien, Pascal, nous n’sommes donc plus amis ? ––––Tu n’me planteras pas là, moi, ton vieux camarade, ––––Je te suivrai, comme on suit son drapeau, ––––Et si l’brutal veut une de nos têtes, ––––Nous partagerons entre nous le gâteau, ––––J’prendrai l’ boulet, t’auras les épaulettes ; ––––A moi l’boulet, pour toi les épaulettes. L’arrangement te va, n’est-ce pas ? Eh ben, c’est entendu ; mais ne te monte pas la coloquinte comme ça, et viens te coucher. PASCAL, sans l’écouter. ”
Alexandre Dumas,
Le Capitaine Aréna (1842)
“ À chaque fois, Pascal étendait son regard calme sur toute cette foule qui, semant que ce n’était pas un homme ordinaire qui allait mourir, le suivait avec une curiosité croissante, mais pieuse, et sans qu’aucune insulte fût proférée contre le condamné ; au contraire, beaucoup de récits circulaient dans la foule, traits de courage ou de bonté attribués à Pascal, et dont les uns exaltaient les hommes, tandis que les autres attendrissaient les femmes. ”
Ponson du Terrail, Les cavaliers de la nuit, deuxième partie…
“ Don Paëz tressaillit et hésita.—Non, dit-il enfin, même pour un trône.—Et pourquoi cela, don Paëz?—Pourquoi? parce que l’ambition et l’amour ne cheminent point côte à côte dans l’âpre route de la vie; parce que l’amour étouffe l’ambition... et j’ai peur d’aimer la gitana.Aben-Farax poussa un cri:—Tu l’aimes! don Paëz, fit-il avec joie; don Paëz, une heure viendra où tu seras las de ton maître comme nous l’avons été de notre joug, et, à cette heure-là, don Paëz, nous t’attendrons! Adieu!... ”
