“ «Tiens! dit Totor à Riri, voici la femme que tu cherchais. Donne-lui le bras.» Et nous le poussions dans les jupons de la petite qui faisait toujours son effarouchée, d'autant mieux que Riri, qui n'avait point l'air moins penaud, ne pouvait guère lui donner confiance. Enfin, comme nous poussions toujours Riri et que nous nous moquions de sa timidité, mon Riri, d'un coup, s'enhardit, parle à Mademoiselle. Ce qu'il lui raconte, je n'en sais rien, mais ça ne devait pas être des oraisons, car la frimousse de Mademoiselle devient rouge comme un panier de cerises. Riri n'en reste pas là. ”
Riri
Définition et enjeux
Citations sur “Riri”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ À dater de ce moment, mes rapports avec Riri et ses parents devinrent plus fréquents et plus intimes; j'étais reçu dans cette famille comme un frère, je partageais ses joies et ses fêtes; de jour en jour mon amour devenait plus ardent pour cette jeune fille, qui se dépouillait de ses vêtements pour en vêtir les enfants pauvres ; pour cet ange de bonté qui m'aidait de ses conseils et me donnait, à chaque instant, des preuves nouvelles de sa vive sollicitude pour moi. L'hiver se passa on ne peut plus agréablement pour moi ”
“ Le cercle se reforma, élargi, sous la tonnelle, Riri reparut, deux coupes précautionneusement tenues dans ses menottes. — Voilà, marraine ! M. Ambrat, avec une dextérité de vigneron, débouchait une des bouteilles en train de glacer. Le vin d’or pâle pétilla, dans les verres embués. Les Muroy, ayant attiré Riri, la caressaient : elle ressemblait à leur petite-fille, une enfant naturelle du commandant, adoptée par eux en même temps qu’ils ouvraient leur maison à la mère en deuil. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ La soeur de Riri, Joséphine, m'aperçut et appela Riri. Elles me saluèrent toutes deux et me réitérèrent leurs remerciements. Riri me fit voir le bouquet de la veille , qu'elle promit de conserver toute sa vie , comme souvenir. Mes affaires m'appelaient à la commune. On me dit force plaisanteries. — A peine arrivé , disait l'un , un saute-ruisseau comme moi, s'occupait déjà des demoiselles ; sorti depuis peu du collège, s'écriait l'autre , j'avais déterré la plus belle, cachée en prison. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Comme notre voyage était décidé pour le lendemain , je me rendis chez le citoyen Langhaus pour le prier de me donner une lettre pour le citoyen Depinay, administrateur du district. Riri, ses frères, sa soeur, et leurs amis passèrent la soirée chez moi; ils s'amusèrent à jouer, chanter, danser, faire delà musique. Je continuai à travailler ; à minuit seulement il me fut possible de m'occuper des préparatifs de mon voyage ; il était trop tard pour aller se coucher; la voiture était commandée pour trois heures et demie. Riri avait fait porter ses habits de voyage chez Jungfer Francisque. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Riri est morte comme une sainte, entourée de sa famille qu'elle consolait de sa perte, et au milieu des regrets de là ville entière ; les pauvres ont longtemps conservé le souvenir de sa charité inépuisable; quant à moi, son imagé ne s'effacera de ma mémoire, qu'avec ma vie ; je regretterai toujours que la position précaire où je me trouvais à Obernai, ne m'ait pas permis de la demander en mariage ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ La voiture était un peu étroite pour trois personnes , je n'avais compté que sur deux. Pour parler à Riri, j'étais forcé d'avancer la tête, ce qui la faisait rire de temps en temps. Monsieur Louis , me dit-elle pendant le voyage , j'espère qu'à l'avenir il n'y aura plus d'altercation entre nous ; soyez mon mentor ; considérez-moi comme votre soeur ; je sais que vous êtes incapable d'une conduite inconvenante , la mienne sera à l'abri de tous reproches. Vous avez la réputation d'un jeune homme d'honneur, tâchons de la conserver ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Comme elle provenait du clergé, et que pour ce motif M. Lander ne voulait pas l'acheter, je résolus de m'en rendre adjudicataire; pour cela, je dus partir la veille. La terre était couverte déneige ; les chemins impraticables. Riri, prévoyant les dangers que j'allais courir en roule, offrit de m'accompagner pour me frayer le chemin au péril de sa vie et marcher avec moi au milieu de la neige jusqu'à Schélestadt ; même de venir seule avec moi, de l'assentiment de sa mère. Elle se proposait d'aller coucher avec ma soeur, pour ne pas me causer de l'embarras. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Mon fils cadet trouvait extraordinaire que l'on eut inscrit le mot Riri à la place où on met ordinairement les lettres I. N. R. I. L'aîné de mes enfants dit qu'il était remarquable que la jeune personne était décédée il y avait, ce jour-là, justement vingt-cinq années. Je fis chercher chez le fossoyeur, logé dans le voisinage, une bêche ; nous plantâmes les sapins arrachés sur l'a Heydenmaur. Une fois ce devoir rempli, je me rendis à l'auberge, à l'Ours, où notre voiture nous attendait. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Nous obtînmes la levée des scellés, la cessation du séquestre et de toutes les poursuites contre monsieur et madame Lander. Riri pleurait de joie. Elle remercia les administrateurs , principalement le citoyen Herman, mon ancien confrère qui, par son rapport bienveillant, venait de faire cesser l'arbitraire qui depuis près d'une année, poursuivait cette malheureuse et intéressante famille. Depuis ce moment il n'y eut plus que quelques formalités à remplir. Les parents de flirt purent rentrer dans leurs foyers. ”
Julie Gouraud, Mémoires d'un petit garçon (6e éd… (1876)
“ MARGUERITE. Tu as bien raison, Riri ; moi, je n'aime pas la guerre. Ce n'est pas tout d'avoir un bel uniforme ; il faut se battre, tuer. Et pourtant papa qui est si bon! Mais alors, mon frère, quel état prendras-tu ? ”
“ Totor, qui les avait laissés s’expliquer en tête-à-tête un moment, est revenu avec nous et, voyant Riri embrasser la fillette, il lui a dit : « Riri, à présent, tu as une femme, c’est bien, mais ton mariage n’est pas signé ! Faut que tu passes devant Monsieur le Maire ! » Il appelait ainsi un grand maigre, un ancien matelot, qui était toujours dans la boutique et qui faisait métier de dessiner et d’écrire des devises sur la peau. Cet homme est venu. Et il a demandé à la demoiselle quel était son nom. « Alix, » a-t-elle répondu. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ En nous voyant entrer, le citoyen Albert se mit à rire : — Schott, me dit-il, tu ne perds pas ton temps ! on t'a lâché une jeune citoyenne, il n'y a que trois jours , en voilà déjà deux ; mais tu n'en rencontreras jamais d'aussi aimables que Marie Lander, Riri rougit. Après l'avoir remercié avec beaucoup de grâces, elle lui parla de ses infortunés parents et de ses frères et soeur abandonnés , sans appui ni secours. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Sous le rapport des opinions politiques, Riri se trouvait en bonne compagnie ; en effet, les vexations qu'elle éprouvait n'étaient point de nature à lui faire aimer le système d'alors : la révolution avait fait perdre à son père la place qu'il occupait, sa mère avait été obligée de fuir, sa petite soeur et ses trois jeunes frères — 29 — étaient restés abandonnés à eux-mêmes dans la maison de leurs parents, où les scellés avaient été posés. ”
Victor Margueritte,
La Garçonne
“ Elle inclina la tête. Sur le cou de neige, au renflement de l’épaule, une ligne rose paraissait, perdue sous le velours noir de la robe, décolletée à peine. Elle avait pour tout bijou, au bout d’un fil d’or, la pile balle de plomb, écrasée au sommet, que Riri avait ramassée le lendemain, au pied du chambranle de pierre où elle était tombée. ”
Christopher Stork, La quatrième personne du pluriel (1983)
“ D'un geste du bras, Jérémie fait basculer toute une rangée de livres et une pile de lingots apparaît. Il en saisit un, le soupèse et, de toutes ses forces, l'expédie dans la direction du deuxième truand. Il est dit que Polo et Riri font toujours tout pareil : même choc sourd, même plainte, même fracas de verre brisé, même chute d'un objet pesant sur le sol et même voix plaintive. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Mêmes remerciements , mêmes protestations de reconnaissance que la veille ; je l'engageai à monter chez moi, elle hésitait. Mlle Francisque , voyant son embarras , offrit de l'accompagner , ce qu'elle accepta avec empressement. Je demandai à Riri la permission de lui faire une visite ; elle rougit. — Nous sommes seuls à la maison, sans père ni mère ; nous n'avons pour nous cinq que deux chambres à notre disposition, toutes les autres sont fermées et scellées , nous ne pouvons recevoir de visites. Jungfer Francisque offrit de nouveau de m'accompagnér, ce qui fut accepté. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Dans celte position précaire, je n'osais pas penser à un établissement; je ne songeais pas que mon bonheur tenait à bien peu de chose, à quelques démarches pour obtenir ma libération définitive, et faire durer ce bonheur toute ma vie, en unissant mon sort à celui de celte jeune personne aussi belle que vertueuse. Sur l'assurance que me donnèrent quelques amis que dans aucun cas ma demande ne serait refusée, dussé-je être envoyé en Cochinchine, j'étais disposé à demander Riri en mariage à ses parents. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Dans nos exeursions, Riri donnait la préfé- — 44 — rence â une amie pour être accompagnée en place de sa soeur, laquelle prétendait Riri, plus jeune, n'inspirait pas en public autant de confiance qu'une non parente plus âgée. A notre arrivée à Schélestadt,je fis déjeûner mes voyageuses une seconde fois, et me rendis chez les administrateurs, l'un ancien ami de mon père, l'autre mon ancien collaborateur, les troisième et quatrième pour lesquels j'avais des lettres de recommandation ; tous me promirent leur appui. ”
L. Schott, Riri, souvenirs de 1794-1795 ; par L. Schott… (1853)
“ Riri quitta mon bras, sortit du bureau sans prononcer une parole, pour ne plus y rentrer de sa vie. Le surlendemain j'étais débarrassé de ma gestion, un an après mon arrivée ; je me fis annoncer chez Jîm ; elle me reçut au sein de sa famille ; elle était pâle, triste,mélancolique, — Vous allez donc nous quitter? —Non, pas encore, je resterai en attendant les ordres de la régie. Avec la réponse à ma démission, je reçus l'ordre de me rendre à Schélestadt pour instruire et aider un employé nouveau dans l'administration. Je fus obligé de quitter Obernai; M. Lander m'invita à dîner ”
Louis Marsolleau,
Pépins et trognons
(1910)
“ Les deux compagnons, avec leurs outils, avaient aisément descellé descellé porte de l'appartement. A présent ils « travaillaient » Riri, accroupi devant le fameux secrétaire, en faisait délicatement sauter la serrure. Le Frisé, debout près du lit, le couteau au poing et levé, par prévision, prêt à frapper, guettait le sommeil acharné du vieux monsieur. Car il dormait, le vieux monsieur ! comme une souche ! Et pourtant, à l'avis. intime du Frisé, Riri n'agissait pas avec toutes les précautions nécessaires. ”
Joseph Méry,
Les Nuits d’Orient
“ Là beauté de Lilia parut exciter une vive impression chez le roi de la tribu il lui fit plusieurs signes très-clairs et dignes d’un chorégraphe, pour lui demander si les autres naufragés étaient restés sur le rivage. Lilia comprit cette langue à la première leçon, et répondit avec une lucidité merveilleuse. Le roi se tourna vers ses courtisans et leur témoigna toute la satisfaction qu’il éprouvait en voyant la beauté de Lilia, et son intelligente pantomime. ”
Denis Diderot,
L'oiseau blanc: conte bleu
“ Prenez donc la peine de vous rappeler ce qui se passa à la cour de Tongut. Lorsque vous m'y envoyâtes avec le titre d'ambassadeur, demander pour vous la princesse Lirila, ce qui signifie dans la langue du pays, l'Indolente ou l'Assoupie, vous m'en voulûtes assez mal à propos, de ce que ne trouvant pas Lirila digne de vous, je la pris pour moi. Mais écoutez maintenant comme la chose arriva. ”
Pierre Du Ryer, Anaxandre trage-comedie
“ ALPHÉNOR. Mais avouez aussi quelquefois les DieuxPour descendre sur terre, abandonnent les Cieux ;Vous donc comme eux servie, et comme eux adorableSi vous les imitiez, en seriez-vous blâmable ? [1020] CÉPHISE. Nous sortons du respect que nous devons au Roi.Oui, Sire, c'est à vous à m'imposer la loi :Non, non, ne pensez pas qu'en le voulant combattre,J'oppose à vos désirs un coeur opiniâtre,Il vous demande un prix, et grand et relevé, [1025] Mais, Sire, son travail est-il donc achevé ? ”
Joseph Méry,
Les Nuits d’Orient
“ Eh bien ! adorée Lilia, si on m’offrait aujourd’hui la gloire de mon aïeul, je dirais : Que m’importe cette gloire vaine ! Que m’importe la conquête d’un monde ! Laissez-moi vivre aux pieds de Lilia, respirer ce qu’elle respire, aimer ce qu’elle aime, fouler le gazon qu’elle foule ! Laissez-moi ignorer tout ce que le monde renferme, excepté la beauté de Lilia ! Ajoutez à la tendresse de ces paroles, l’ineffable accent de l’amour, et les notes de la mélodieuse langue de Castille, et vous comprendrez peut-être l’extase qui pénétrait le cœur de la jeune femme du comte d’Elbonza. ”
Lucien Perey, Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1887)
“ Il n’y a donc que les lauriers qui poussent chez vous, Sire, à ce qu’il me semble ? » Le roi me fit une mine charmante, et, pour détourner la fadeur par une bêtise, j’ajoutai bien vite : « Et puis, Sire, il y a trop de grenadiers dans ce pays-ci, cela mange tout. » Et le roi se mit à rire, parce qu’il n’y a que les bêtises qui fassent rire. » Le prince savait que le roi ne pouvait pas souffrir M. de Ried et il savait que c’était pour lui avoir parlé de la prise de Berlin par le maréchal Haddik que le roï avait pris le général Ried en guignon ”
Edward Bulwer-Lytton,
Rienzi
(1835)
“ Le pèlerin s’arrêta aussi en entendant ce nom, et fixant un long regard sur les traits amaigris du jeune seigneur, « Je suis, dit-il, celui qui fut Rienzi. Et vous, ombre pâle et flétrie, est-ce donc dans ce sépulcre de l’Italie que je rencontre le galant et noble Colonna ? Hélas, mon jeune ami, ajouta-t-il d’un ton plus familier et plein de bienveillance, la peste n’a-t-elle point épargné la fleur de la noblesse romaine ? Viens, moi, le cruel et inflexible tribun, je serai ta garde-malade ; celui qui aurait pu être mon frère a droit de réclamer mes soins comme un frère. » ”
“ J’ai, mais qu’aurais-je encor, cher Alcire, il me semble,Que quiconque a ses maux, a tous les maux ensemble.ALCIRE. Les colères des Rois nous laissent peu d’amis. ALCIONÉE. Qu’ajoutez-vous aux maux où je me vois soumis ?Quoi, le Roi consent-il aux desseins de l’Infante ?ALCIRE. S’il les a résolus, il faut qu’il y consente ;Il a loué Lydie, et déjà son courrouxA devant cent témoins éclaté contre vous. ALCIONÉE. Ô Dieux ! Chaque moment m’est un moment funeste,Je trouve à chaque pas, ou la mort, ou la peste ”
Thomas Mayne Reid,
Les Épaves de l'Océan, par le capitaine Mayne-Reid…
(1883)
“ Boule-de-Neige, criait l'enfant à son protecteur spécial, j'entends parler là-bas sur l'eau. Ecoutez ! — Chut! petite Lili, répondit le nègre à demi-voix, chut! ma mignonne, ne vous faites pas entendre. Tenez-vous tranquille comme une bonne et chère fille que vous êtes. L'enfant se tut aussitôt, et tous se remirent à écouter avec une nouvelle ardeur. Ben et William, convaincus par l'exclamation de Lili, prêtèrent une oreille d'autant plus attentive. Us ne furent pas longtemps avant de saisir un bruit à peine perceptible, mais auquel on ne pouvait se méprendre. ”
Tony-Henri-Auguste de Reiset,
Marie-Caroline, duchesse de Berry…
(1906)
“ Sur la route, tout l'amuse et l'intéresse, et elle note le soir, sur ses carnets, les traits de mœurs caractéristiques qu'elle a saisis au passage. A Rie, nous avons trouvé un bon paysan sur sa jument, avec sa grand'mère en croupe, son fusil en avant, son petit garçon le suivant à pied, ses sabots à la main, et le poulain tetant sa mère. J'ai fait la conversation avec lui, il raisonnait fort juste et c'est de bien bon cœur qu'il nous a donné d'excellent lait et n'a point voulu recevoir d'argent. ”
Victor Méric,
Les Bandits tragiques
“ Et si, quand les lumières sont éteintes, Rirette n’est plus Rirette, si elle s’abandonne, si elle pleure, si elle appelle ses petites, les bras tendus dans la nuit, personne n’a pu le pressentir, personne ne peut le supposer, personne n’en sait rien. À l’aube, elle est Rirette comme elle l’était la veille au soir, vaillante et gaie. ”
