“ Mais, plus ils frappaient, plus il avançait ; il fit tant qu’il arriva là où était le pape, il se jeta à genoux à ses pieds en criant à haute voix : « Saint-père, ayez pitié de moi, » ce qu’il dit à plusieurs reprises ; et ceux qui étaient auprès du pape étaient fort mécontents de ce qu’il faisait un pareil bruit et le voulaient chasser ; mais le saint-père, voyant son ardent désir, en eut pitié et dit à ses gens : « Laissez-le entrer ; car, à ce que je vois, il a grande dévotion. » Et il commanda qu’on fît silence, afin qu’il pût mieux entendre ce que Robert voulait dire. ”
Robert le Père
Définition et enjeux
Robert le Père, figure légendaire ou historique, incarne souvent le conflit entre dévotion, destin et devoirs familiaux. Les textes le dépeignent comme un personnage traversé par des dilemmes moraux, comme dans Légendes pour les enfants, où il implore le pape pour son salut, ou chez Claire Guermante, qui souligne son admiration pour les vertus de sa mère et l'évolution de son père.
D'autres sources, comme Histoire de Robert le Diable, le situent dans un cadre héroïque et religieux, mêlant recherches spirituelles et responsabilités sociales. Les auteurs, depuis les anonymes jusqu'à Florent Richomme, explorent ses liens familiaux et son rôle dans des contextes historiques, liés aux Normands ou aux Carolingiens, comme le montrent les thèmes associés. Ce personnage, entre mythe et réalité, révèle des tensions universelles entre foi, pouvoir et identité.
Citations sur “Robert le Père”
Claire Guermante, Robert ou Le souvenir d'une mère… (1853)
“ Rien n'est plus doux peut-être au cœur de l'homme que le droit de vanter les auteurs de ses jours ! Ce droit, Robert l'avait, car il vénérait sa mère presque à l'égal de Dieu; c'était pour lui le type de toutes les vertus. Son père, le malheur et l'affliction l'avaient entièrement changé; ce n'était plus le même homme : aux vains plaisirs du monde avaient succédé les pieuses pratiques de la religion, les devoirs du chrétien. Toutes les vertus qu'il avait admirées dans sa mère, il les retrouvait dans le cœur paternel éprouvé au creuset de l'adversité. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Au moment de le quitter, mon père l’attira près de lui et, dans un regard où son âme passa tout entière, il lui adressa ces seuls mots : « Sois fort, équitable, sage. » Lorsque sa mère l’embrassa, elle traça sur son front le signe de la croix, bénédiction maternelle et divine qu’il se rappela toujours : ce qui est sacré ne s’efface jamais. Tout au chagrin de nous quitter et d’imposer aux siens son propre sacrifice, Robert eût voulu peut-être retarder ce que, dans les transports de sa quinzième année, il avait si ardemment désiré. ”
