“ La tectonique en mouvement, ce serait, au terme, une tectonique achevée, une histoire ininterrompue de déformation de la planète où tous les témoignages viendraient se relier sans lacune. Cet idéal est irréalisable mais longtemps encore on s’en approchera pourvu que la tectonique en arrêtant le point de départ obligé, soit vraiment élucidée dans toute la mesure où il se peut, et pourvu que l’art, délicat et subtil entre tous d’y remettre le mouvement, soit pratiqué avec justesse. Car on ne peut voir le mouvement comme on voit les structures, à la manière d’un objet qui pose à plein ”
Mouvement tectonique
Définition et enjeux
Citations sur “mouvement tectonique”
Louis de Launay,
La science géologique : ses méthodes…
(1905)
“ Une transgression correspond à un mouvement positif, une émersion à un mouvement négatif. marine, ou un brusque enfoncement des fonds marins1. La complexité de ces phénomènes de plissement, d'affaissement, de sédimentation, etc., qui s'enchevêtrent les uns dans les autres, ne laisse aux déplacements de la mer indépendants des causes astronomiques, que ce que l'on pourrait appeler une généralité régionale ; mais ils n'en doivent pas moins être liés, pour la plupart, aux grands mouvements de la croûte terrestre, que la tectonique se propose d'élucider. ”
Édouard Imbeaux, Essai d'hydrogéologie : recherche… (1930)
“ La connaissance de plus en plus parfaite de la structure de ces couches et les progrès de la tectonique nous amènent à l'état actuel de la science, dont le bilan ne fait que s'accroître tous les jours. ”
Louis-Athanase Chaubard, Éléments de géologie offrant la concordance des faits historiques… (1833)
“ Ce qui est indubitable, c'est que j'ignore absolument ce qui fait que la Terre tourne sur son axe , si c'est par un miracle de la toute puissance créatrice ou bien par une cause purement physique qui m'est inconnue. Par conséquent, j'ignore aussi, si c'est par un miracle ou par une cause inconnue qu'elle s'est arrêtée dans ce mouvement de rotation diurne. Ce qui est encore indubitable, c'est qu'il a été géométriquement démontré que la Terre, à cause de son état originel de liquidité, avait été aplatie aux pôles et dilatée sur l'équateur par le seul effet de sa rotation diurne ”
Casimir Chevalier,
Géologie contemporaine : histoire des phénomènes actuels du globe…
(1875)
“ L'autre, moins énergique en apparence, mais plus générale, abaisse les hauteurs, en entraîne les matériaux désagrégés dans les cavités extérieures de l'écorce terrestre, et marche vers un nivellement universel : c'est la force météorique, qui appelle à son service tous les météores, et surtout le mouvement incessant des eaux. Instruments de destruction et en même temps de reconstruction, ces deux énergies rivales sont en activité continuelle, et c'est à elles qu'il faut demander le secret de tous les changements qui affectent l'extérieur de la terre. ”
O. Barré, L'architecture du sol de la France… (1903)
“ En raison de la contraction progressive et fatale due au refroidissement, les mouvements se traduiront toujours en fin de compte par une descente de l'écorce terrestre, mais cette descente ne sera que la résultante de nombreux mouvements composants dont certains pourront parfaitement être de sens contraire. ”
Louis de Launay,
La science géologique : ses méthodes…
(1913)
“ III. — Coordination géographique des déformations synchroniques. Lois générales du dynamisme terrestre. Succession des systèmes montagneux. Massifs primitifs. Systèmes de montagnes calédonien, hercynien et tertiaire. Leurs relations réciproques et leur continuité. Jusqu'ici, nous avons demandé à la tectonique de nous faire com- prendre le mécanisme des mouvements dynamiques subis par l'écorce terrestre ”
Gerald Molloy, Géologie et révélation : ou Histoire ancienne de la terre considérée à la lumière des faits géologiques et de la religion révélée… (1877)
“ Maintenant que nous avons démontré suffisamment l'existence d'une chaleur souterraine fort intense, répandue sinon universellement, du moins très-généralement au-dessous de la couche superficielle de la terre, nous a vous à rechercher si elle est capable d'effectuer les changements physiques qu'on lui attribue en géologie, de produire la terre là où elle n'existait pas auparavant, de soulever l'écorce solide du globe, de chasser l'Océan de son lit, de disloquer et de plisser les masses de roches compactes. ”
Louis de Launay,
La science géologique : ses méthodes…
(1913)
“ Il ne semble donc douteux à personne que la Terre remue. Là-dessus, les théories géologiques les plus modernes viennent se greffer pour voir, dans ces mouvements progressifs ou intermittents de la superficie, la préparation de grands déplacements futurs, analogues à ceux dont témoigne la tectonique : quelque chose, comme ces plis posthumes à larges ondulations, que l'on retrouve maintenant dans des terrains, supposés autrefois très régulièrement horizontaux, ceux du bassin de Paris par exemple. ”
Jean-Claude Delamétherie,
Leçons de géologie
“ On peut donc supposer que dans les premiers momens, la terre avait une figure sphéroïdale, ou même était allongée aux pôles. Le mouvement diurne de rotation a fait que, vu sa mollesse, elle s’est élevée peu à peu sous l’équateur, et enfin, qu’elle a pris la figure sphéroïdale, élevée sous l’équateur, qu’elle a actuellement. Dès-lors, les rayons du soleil auront tombé obliquement sur les parties éloignées de l’équateur, et n’auront pu lui communiquer la même chaleur qu’auparavant. ”
Léopold Michel, Études et notes de géologie appliquée (1922)
“ Dans les régions montagneuses, l'étude des dislocations, des plissements, des effondrements, des chevauchements, et la détermination des relations mutuelles des masses minérales constituent ce qu'on appelle la Tectonique ou Géologie mécanique. La tectonique est une des sciences géologiques les plus jeunes; elle apporte aux sciences géologiques, à la stratigraphie, à la paléogéographie, à la pétro- graphie, à la science des gîtes métallifères, une contribution à peu près indispensable. ”
Gabriel Eisenmenger, La géologie et ses phénomènes… (1911)
“ D'autre part, les tremblements de terre se produisent dans les zones appartenant aux derniers plissements montagneux comme le montre la fig. 70 ; de sorte qu'en résumé on peut dire : les phénomènes sismiques et les phénomènes éruptifs sont liés aux phénomènes orogéniques. Théorie tectonique des tremblements de terre. — La phrase précédente renferme, dans son extrême concision, un grand enseignement : le tremblement de terre et le volcan dérivent d'une cause unique ; le tremblement de terre est une phase de la formation des chaînes de montagnes. ”
Casimir Chevalier,
Géologie contemporaine : histoire des phénomènes actuels du globe…
(1875)
“ A mesure que le globe se refroidissait en traversant les espaces planétaires, dont la température glaciale ne peut pas être évaluée à moins de cent degrés au-dessous de zéro, les minéraux les plus pesants se précipitèrent, et formèrent une couche pâteuse à la surface du globe. La masse liquide intérieure, obéissant à un mouvement de flux et de reflux , déchira en maints endroits cette frêle enveloppe, dont les fragments flottèrent à la surface, tout comme on voit les roches fondues flotter au-dessus d'un bain métallique en fusion. ”
Jean-Paul Daniélo, Éléments de géologie sacrée : à l'usage des séminaires et des collèges (1851)
“ Un fait remarquable qui ne s'explique bien que dans l'hypothèse de la fluidité originaire du globe et qui la confirme, c'est l'aplatissement de la sphère terrestre vers ses pôles et son renflement àl'équateur. Les grands travaux qui ont été exécutés avec tant de soins, vers la fin du dernier siècle et dans le nôtre, par les hommes les plus distingués, ont constaté l'aplatissement de la terre sous les pôles et son renflement à l'équateur. ”
Georges-Louis Leclerc de Buffon,
Buffon - Oeuvres completes, 1829
(1829)
“ Une chose à laquelle nous devons encore faire attention, et qui confirme ce que nous venons de dire sur la formation des couches par le mouvement et par le sédiment des eaux, c’est que toutes les autres causes de révolution ou de changement sur le globe ne peuvent produire les mêmes effets. Les montagnes les plus élevées sont composées de couches parallèles, tout de même que les plaines les plus basses, et par conséquent on ne peut pas attribuer l’origine et la formation des montagnes à des secousses, à des tremblements de terre, non plus qu’à des volcans ”
Louis de Launay,
La science géologique : ses méthodes…
(1913)
“ La tectonique moderne, qui n'a guère plus d'un tiers de siècle, s'est élevée peu à peu à des idées singulièrement plus compliquées et, attribuant aux plissements un rôle, qui, à son tour, est peut-être devenu trop exclusif, elle s'est attachée à faire de ces plissements une étude systématique, aujourd'hui très avancée. ”
Casimir Chevalier,
Géologie contemporaine : histoire des phénomènes actuels du globe…
(1875)
“ Comme on le voit par les détails dans lesquels nous venons d'entrer, l'énergie du feu central, manifestée par les tremblements de terre et par des soulèvements brusques ou lents, a joué un rôle considérable dans la formation du relief de notre planète. C'est elle qui a émergé tous les fonds de mer qui constituent la majeure partie de notre globe, et qui les a fait surgir à des hauteurs variables au-dessus des eaux. ”
Georges Friedel,
Cours de géologie
(1900)
“ Ce sont les deux modes de dislocation que la géologie nous apprendra à reconnaître et qui tous deux sont la conséquence du refroidissement de la terre. Il est intéressant de constater que la seule étude des formes géographiques conduit à en prévoir l'existence, et plus encore de se rendre compte qu'à eux seuls ils suffisent à expliquer le dessin général du relief terrestre, qui n'a été modifié que dans ses détails par les autres causes agissantes, notamment l'érosion et le volcanisme. ”
Louis de Launay,
La science géologique : ses méthodes…
(1905)
“ Aujourd'hui, la tectonique moderne, qui s'est reconstituée sur une base toute nouvelle en partant de l'étude des saillies montagneuses actuelles pour en étendre les conclusions aux saillies montagneuses anciennes, depuis longtemps disparues par l'érosion, est le fondement naturel de la stratigraphie, de la paléo-géographie, de la pétrographie, de la métallogénie : en un mot, de toutes les sciences géologiques, qui peuvent, à leur tour, lui apporter, cha- cune de leur côté, un utile concours. ”
Félix-Archimède Pouchet,
L'univers : les infiniment grands et les infiniment petits
(1865)
“ Il y a à considérer dans les montagnes, leur origine, leurs neiges perpétuelles, leurs glaciers, leurs volcans et leurs anfractuosités. Les montagnes ne sont que le résultat des soulèvements de l'écorce terrestre, déterminés par l'effort de la masse incandescente qu'elle enveloppe. Le globe, en se refroidissant, est nécessairement forcé de se contracter; lorsque l'élasticité de sa croûte a atteint son extrême limite, cette croûte se fend, et ses fragments produisent des saillies dont l'élévation est en raison directe de l'épaisseur de l'enveloppe et de l'intensité de l'effort vulcanien. ”
Charles Sainte-Claire Deville,
Coup d'oeil historique sur la géologie et sur les travaux d'Élie de Beaumont…
(1878)
“ Quelques géologues, à la vérité, même dans ces derniers temps, ont cru pouvoir expliquer les grands phénomènes mécaniques de la géologie en supposant que l'axe de rotation de la terre, tout en conservant son inclinaison sur l'écliplique, avait successivement percé la surface du globe en divers points ; ce qui impliquait, par cette variation des pôles et de l'équateur, des variations correspondantes dans la répartition à la surface terrestre des émanations calorifiques du soleil. ”
Jean-Paul Daniélo, Éléments de géologie sacrée : à l'usage des séminaires et des collèges (1851)
“ Quoi qu'il en soit de la nature des matériaux qui forment le noyau de la terre, il est probable qu'ils y sont soumis, au moins dans la partie supérieure, à une chaleur capable de les tenir dans un état de fusion constante. La chaleur intérieure du globe, confirmée par une foule de phénomènes, est devenue une des bases fondamentales de la géologie. ”
Georges Friedel,
Cours de géologie
(1900)
“ De sorte que, même en ne tenant pas compte des gisements très exceptionnels de fer natif terrestres cités plus haut, la seule identité des météorites, asïdères avec les roches basiques qui en beaucoup de points de la terre se sont élevées jusqu'au niveau du sol, tend à faire considérer celles-ci comme le terme supérieur d'une série de plus en plus profonde et par suite presque partout soustraite à nos observations, de roches de plus en plus lourdes et de plus en plus réduites passant finalement au métal natif. ”
Casimir Chevalier,
Géologie contemporaine : histoire des phénomènes actuels du globe…
(1875)
“ Si l'on admet qu'en moyenne l'élévation a été d'un mètre, on trouve que la masse de roches ainsi ajoutées au continent de l'Amérique, ou, en d'autres termes, que la masse qui, avant le tremblement de terre, était au-dessous du niveau de la mer, et qui, à la suite de cette convulsion, s'est trouvée portée d'une manière permanente au-dessus de l'Océan, doit avoir présenté un volume de près de trois lieues cubes, masse qui suffirait pour former une montagne conique de trois kilomètres de hauteur, comme l'Etna, avec une circonférence de cinquante kilomètres à sa base. ”
Richard Cortambert,
Voyage pittoresque à travers le monde…
(1878)
“ TRANSFORMATION DE LA SURFACE TERRESTRE Les roches, les montagnes, les masses continentales sont dans un perpétuel changement, et tournent autour du globe comme les eaux et les airs. Sous l'action des torrents et des agents atmosphériques, les monts sont nivelés et portés dans l'Océan ; des contrées nouvelles se soulèvent hors des eaux, tandis que d'autres s'affaissent lentement et s'engouffrent; la Terre se fend et laisse échapper au dehors les gaz et les matières fondues des couches profondes ”
Eugène-Louis Durrwell, Aperçu géologique du canton de Guebwiller… (1856)
“ Quoique la forme générale de notre terrain de transition soit due à une cause qui, agissant instantanément, a retenti jusque dans les profondeurs de la croûte terrestre et a relevé en différents sens et d'une seule pièce d'énormes pans de roches, l'action lente des agents athmosphériques et des eaux courantes n'a pas peu contribué à modifier cette forme primitive, à émousser des arêtes et des angles d'abord très-aigus, à adoucir en un mot les formes de nos montagnes et à leur donner l'aspect qu'elles ont de nos jours. ”
Louis Figuier,
La terre et les mers, ou Description physique du globe…
(1864)
“ Les montagnes, qui hérissent en divers points, et suivant une direction linéaire multiple, la surface de la terre, ont été formées, comme nous l'avons expliqué dans la Terre avant le déluge, par deux effets géologiques tenant chacun à la même cause : le refroidissement progressif du globe. Le refroidissement de la masse terrestre, le passage à l'état solide d'une partie du noyau liquide intérieur, en diminuant le volume de la masse intérieure, a rendu trop grande son enveloppe consolidée. ”
L. Bouffard, Cartographie de L. Bouffard. La Terre avant et depuis l'homme… (1863)
“ Le refroidissement s'étant continué, la chaleur du globe ne put vaporiser toutes les eaux; les soulèvements et les effondrements subis par la croûte terrestre avaient formé des bas fonds dans lesquels l'eau s'écoulait par la loi de la pesanteur, et qu'elle tendait à combler; des continents, des mers, des lacs et des fleuves furent formés; fleuves immenses qui ont continué les premières dégradations de la surface terrestre et facilité la formation incessante de nouvelles roches sédimentaires. ”
Raymond de Girard, Recherches de tectonique expérimentale… (1912)
“ Comme les nôtres, ces reliefs sont avant tout tectoniques ; la structure profonde y est conforme à la réalité, seule l'érosion y est schématisée et limitée dans ses effets, selon les besoins de la démonstration. S'ils sont démontables, - ce que j'ignore, si, par exemple, les diverses nappes qu'ils figurent peuvent s'isoler pour montrer leur surface inférieure et l'accommodation de celle-ci au relief de leur substratum, ce sont des instruments pédagogiques de haute valeur. ”
Jean-Charles Chenu,
Essai pratique sur l'action thérapeutique des eaux minérales…
(1840)
“ Les géologues reconnaissent, en outre, que le sol qui nous supporte a éprouvé à plusieurs époques des changements notables, qui servent de base aux divisions méthodiques de l'écorce du globe, en terrains de formation primitive, intermédiaire, secondaire, tertiaire, diluvienne, etc., et c'est à l'aide du noyau central toujours en ignition, qu'ils expliquent les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et la chaleur des eaux thermales. ”
J. Roux-Brahic, Les gîtes miniers et leur prospection… (1919)
“ Les évents volcaniques, d'une part, les météorites, semblables aux roches du noyau central, d'autre part, nous livrent des spécimens de quelques types des matières formant la masse fluide interne. Si nous partons des diverses roches terrestres, nous constatons la progression croissante des densités pour les diverses zones qui se succèdent de la circonférence au centre. ”
Casimir Chevalier,
Géologie contemporaine : histoire des phénomènes actuels du globe…
(1875)
“ Les agents météoriques, l'air calme, les vents, les variations de la chaleur, la dilatation et la contraction qui en résultent, la sécheresse et l'humidité, l'évaporation et l'imbibition, la gelée, etc., agissent d'une manière différente, mais très-sensible, sur la plupart des substances minérales : il n'en est pas une seule qui n'offre des traces marquées d'altération, et quand, dans les escarpements fraîchement coupés par la main de l'homme, on compare l'intérieur de la roche à la superficie, on constate sans peine un état tout différent de couleur, de structure, de force et d'agrégation. ”
