“ Au moins, moi, je n'ai pas d'imagination.... Et j'ai été dans la tontine presque autant que lui, puisqu'il m'y tenait noyé jusque par-dessus la tête. C'est un homme habile, c'est un homme savant, c'est un homme terrible! Pas méchant, quand il ne s'agit pas de la tontine... mais capable de mettre le monde à feu et à sang pour la tontine. Il y en a là-dedans, du sang!Son doigt pointait le manuscrit.—Ah! fit-il en baissant la voix, c'était un joli ange que Mlle Olympe Barnod, la première fois que je la vis. ”
Tontine
Définition et enjeux
La tontine désigne un dispositif financier où plusieurs individus versent une somme commune, dont les parts des décédés sont redistribuées aux survivants, jusqu’à ce qu’un dernier héritier en bénéficie. Ce mécanisme, analysé par divers auteurs, révèle des facettes multiples : Robert Louis Stevenson en dévoile le fonctionnement pratique, tandis que George Sand l’intègre dans des récits émotionnels.
G. d’Avenel compare la tontine à l’assurance, soulignant son ambiguïté entre solidarité et précarité. Les textes présentent ainsi cette institution comme un miroir des rapports économiques et sociaux, liée à des thèmes comme la rente viagère ou le mutualisme.
Citations sur “tontine”
Joséphine Colomb, Feu de paille (1881)
“ Peut-être qu'on accumule toujours, et que tout restera au dernier survivant. — Il sera riche, celui-là! s'écria Valentine, dont les yeux brillèrent de convoitise. — Je le crois; d'ailleurs, je n'ai aucune idée des sommes que la tontine peut posséder à présent, ni du nombre d'associés qui vivent encore. Je sais que je suis un des plus jeunes, mais cela ne prouve rien, et il est bien possible que les autres héritent de moi. Ne compte pas trop sur la tontine Lemarandoux, ma pauvre Valentine. ”
B. Arbré de La Roche, Un Parquet en province, étude de moeurs judiciaires… (1881)
“ Jeanne-Claude ! voilà votre fille qui se trouve mal, dit Tontine en se précipitant vers la malheureuse, dont les yeux se renversaient. – Où ? mon Dieu ! où cela ? donne-la moi, s'écria l'aveugle en faisant des efforts surhumains pour se lever et tendant les bras, – fifille, ma pauvre enfant, où es-tu ? – Ça ne sera rien, c'est un saisissement, quoi ! reprit la Tontine, qui arrachait le corsage de Mariette, – mettons-la près du feu, là, sur vous, la mère, – bien, – comme çà, – les pieds au chaud ; — ousque vous mettez la bouteille au vinaigre ? ah ! la voilà sur la crédence. ”
