“ En ce temps-là, l’Éternel sépara la tribu de Lévi, et lui ordonna de porter l’arche de l’alliance de l’Éternel, de se tenir devant l’Éternel pour le servir, et de bénir le peuple en son nom : ce qu’elle a fait jusqu’à ce jour. C’est pourquoi Lévi n’a ni part ni héritage avec ses frères : l’Éternel est son héritage, comme l’Éternel, ton Dieu, le lui a dit. ”
Tribu de Lévi
Définition et enjeux
Citations sur “tribu de Lévi”
Ernest Renan,
Revue des Deux Mondes
“ Toute religion est portée à fuir son berceau : le mouvement dont nous parlons, qui parait avoir eu son foyer principal dans la tribu de Lévi, fut suivi d’une sorte d’hégire ou émigration et d’une époque héroïque qui prit dans l’imagination des siècles plus modernes les proportions de l’épopée. ”
Catholique républicain : à messieurs de la majorité de la Chambre législative à Versailles (1878)
“ Ce n'était pas un tribut qu'on payait : c'était un don de reconnaissance, et en même temps un gage assuré des nouveaux bienfaits qui allaient couler sur l'heureux peuple fidèle à son Dieu. Quelque chose de semblable se produisit entre la société Française et l'Église sous les premiers rois. La nouvelle tribu sainte avait à remplir une mission mille fois plus sainte encore que celle de la tribu de Lévi. La terre entière s'offrait à ses incessants travaux, à ses immortelles conquêtes. ”
Heinrich Graetz,
Histoire des Juifs
“ Les Israélites, à Gessen, paraissent s’être approprié bon nombre de ces procédés, de ces arts et de ces connaissances ; particulièrement la tribu de Lévi, dépourvue de moyens, sans possessions, sans troupeaux à élever, semble avoir emprunté aux prêtres d’Égypte l’art de l’écriture. Aussi considérait-on cette tribu comme plus cultivée que les autres, comme une classe sacerdotale ; et, déjà en Égypte, les Lévites devaient à ce caractère de prêtres une situation privilégiée. A ce point de vue, le séjour des Israélites en Égypte a été de grande conséquence. ”
E Henri Garnier, Jérusalem et la Judée, description de la Palestine ou Terre-Sainte… (1843)
“ L'institution des Lévites, n'était pas seulement spirituelle, car ils remplissaient plusieurs fonctions qui semblent plutôt appartenir à la vie séculière qu'à celle de simples prêtres. La tribu sacrée fournissait exclusivement à la nation ses juges, ses hommes de loi, ses savants et ses scribes. Moïse , à l'imitation des Égyptiens, avait établi que ces professions seraient héréditaires dans certaines familles des descendants de Lévi, qui, par cette raison, ne comptèrent pas au nombre des enfants d'Israël appelés au partage de la terre promise. ”
Augustin d’Hippone,
''Œuvres complètes de Saint Augustin''
“ Si cette tribu de Lévi n’avait été la figure du sacerdoce royal et universel qui appartient au nouveau Testament, jamais un homme, étranger à cette tribu, n’aurait osé dire : « Le Seigneur est mon partage [48] » et encore : « Le Seigneur est la portion de mon héritage [49] . » ”
Ricard de Saint-Hilaire, Le Moine et le Philosophe
“ Il fallait tout cela pour assurer la possession de la terre promise à Israël en général ; il le fallait pour tenir Israël dans l’obéissance à Dieu, représenté par la tribu de Lévi. L’ancien testament est le type, la figure du nouveau. Le sacerdoce a été transporté des Lévites aux prêtres et aux moines. Nous sommes la tribu gouvernante, et vous autres vous êtes les Philistins, ou les Hébreux, qui prononcez mal ; donc nous avons le droit ; que dis-je ? ”
Alexandre Brou, Histoire ancienne des peuples de l'Orient… (1901)
“ Chaque tribu est indépendante et agit à part. Une seule chose maintient l'unité, le culte. A chaque tribu, Dieu assignera sa part de territoire. Seule, la tribu de Lévi est dispersée chez toutes les autres : 48 villes seront tirées au sort pour elle, avec une banlieue d'un kilomètre. Treize de ces villes seront aux environs de Jérusalem pour les prêtres. On leur paiera la dîme pour leur entretien. Tous les Israélites sont égaux de droit. Il ne doit y avoir ni noble, ni mendiant. Chacun a sa part de terre, qui doit rester à la famille. ”
Saint Augustin,
Discours sur les psaumes : Psaumes LXXI à LXXX
“ Ce peuple avait donc douze tribus, et parmi ces douze tribus, celle de Juda qui donnait des rois, et celle de Lévi qui donnait des prêtres. Mais les prêtres occupés au service du temple n’avaient aucune part dans la terre [333] , et néanmoins cette terre devait être divisée en douze parts ; l’exception que l’on faisait en faveur de la tribu de Lévi, à cause de sa dignité, eût réduit à onze les portions de cette terre, si les deux fils de Joseph n’étaient venus compléter le nombre douze. ”
Sophie de Ségur,
Bible d'une grand'mère, par Mme la Ctesse de Ségur…
(1878)
“ Le peuple, au lieu de se repentir de n'avoir pas eu foi en son Dieu, continua à murmurer et à vouloir marcher contre les Amalécites et les Chananéens, qui refusaient de les laisser passer sur leurs terres. Les Israélites leur livrèrent un grand combat et furent défaits et tués par les ennemis. Alors trois Lévites, nommés Coré, Dathan et Abiron, avec deux cent cinquante hommes de la tribu de Lévi, vinrent reprocher à Moïse et à Aaron d'avoir pris le commandement du peuple sans en avoir le droit. ”
Victor Hennequin, Introduction historique à l'étude de la législation française… (1841-1842)
“ Dans les villes, le vendeur d'un immeuble ne garda que le droit de rachat pendant une année; mais le jubilé conserva tout son effet quant aux maisons des lévites; on en devine la raison, la tribu de Lévi n'avait pas de territoire, elle ne possédait que des villes, il fallait que cette part, qui soutenait son existence, lui fut conservée. ”
Victor Hennequin, Introduction historique à l'étude de la législation française… (1841-1842)
“ Si la descendance de Lévi répondit la première à l'appel de Moïse, c'est que le législateur était sorti de son sein. L'esprit qui la réunit fut celui du clan montagnard se rassemblant autour de la croix de feu. Moïse assuré de la tribu lévitique par cette sanglante épreuve, en fit son instrument de défense, Les Lévites furent consacrés à Jéhovah; seuls ils purent toucher au matériel du culte; ils en furent les gardiens. Lévi se partageait en trois familles parmi lesquelles s'établit le principe de la division du travail. ”
“ Le lévite qui veut venir au sanctuaire (xviii, 6-8) . 18. Les prêtres lévitiques, la tribu entière de Lévi, n’auront ni part ni héritage avec Israël ; ils se nourriront des sacrifices de Yahweh faits par le feu et de son héritage. 2 Ils n’auront point d’héritage au milieu de leurs frères ”
Alfred Vacant, Eugène Mangenot, Émile Amann, Dictionnaire de théologie catholique
“ Les lévites ayant le droit de prendre femme dans toutes les tribus, on conçoit facilement qu’Elisabeth, de la tribu de Lévi et de la descendance d’Aaron par son père, pouvait être du côté maternel, parente de la sainte Vierge : il suffit, pour expliquer ce fait, que leurs mères ou leurs grand’nièrcs aient épousé, l’une un membre de la tribu de Juda, l’autre, un membre de la famille sacerdotale Voir Dictionnaire de la Bible, art. ”
Jacques Bénigne Bossuet,
Discours sur l’Histoire universelle
(1870)
“ Pour maintenir la religion et toutes les traditions du peuple de Dieu, parmi les douze tribus une tribu est choisie, à laquelle Dieu donne en partage, avec les dîmes et les oblations, le soin des choses sacrées. Lévi et ses enfants sont eux-mêmes consacrés à Dieu comme la dime de tout le peuple. Dans Lévi, Aaron est choisi pour être souverain pontife, et le sacerdoce est rendu héréditaire dans sa famille. ”
Abram-François Pétavel, La fille de Sion, ou Le rétablissement d'Israël… (1868)
“ Trois tribus rangées parallèlement à chacun des côtés du tabernacle quadrilatère. La treizième tribu, celle de Lévi, divisée en quatre corps et gardant les quatre côtés du tabernacle central. L'enceinte sacrée formant un tout composé de trois corps distincts, dont le premier était renfermé dans le second et le second dans le troisième. - Dieu, les Lévites, le peuple. Les Lévites, intermédiaires entre Dieu et le peuple, transmettent à ce dernier les oracles émanés du premier. ”
Alfred Loisy,
La religion d'Israël (3e édition…
(1908)
“ DEUT. XXXIII, 8-10. dans les autres tribus. Ce serait donc à titre de tribu mosaïque et spécifiquement iahvique, s'il est permis de s'exprimer ainsi, qu'ils auraient joui de cette préférence et de ce crédit. Ils avaient les traditions du culte qui convenait à Iahvé. On devrait donc voir en eux la postérité des anciens prêtres de Lévi, qui avaient desservi, après Moïse, le sanctuaire de Cadès; chassés de là par Amalec, et dispersés en Israël après la destruction de la tribu, les prêtres lévites auraient été comme les vrais types du sacerdoce. ”
Alexandre Brou, Histoire ancienne des peuples de l'Orient… (1901)
“ Une sorte de cour, longue de 50 mètres sur 25, entourait le tabernacle, enfermée dans une enceinte de rideaux de lin suspendus par des tringles à des colonnes, le tout en argent, c'était le « parvis ». Le tabernacle était au fond ; en avant, il y avait 1' « autel des holocaustes », où se consumaient les victimes et où le feu ne devait jamais s'éteindre, et un grand réservoir d'eau appelé la « mer d'airain ». Les prêtres seuls pouvaient entrer là. Autour du sanctuaire se groupait le peuple: la tribu de Lévi lui formait comme une première ceinture ; puis chaque tribu avait sa place fixe ”
Sylvain Lévi,
L’Inde civilisatrice
“ L’Inde, à ce moment-là, et à ce moment-là seulement, est en contact avec une société grecque, une véritable πολιτεία, mais une société du type colonial qui tient à la fois du pire et du meilleur. Plus tard elle verra passer des marchands, des missionnaires ; cette fois, elle a connu des foyers d’hellénisme, des capitaines et des artistes. Si l’Occident hellénique et l’Orient indien ont jamais eu chance d’essayer une fusion, et de créer une civilisation commune, c’est du iii au iie siècle avant l’ère chrétienne. ”
“ C’est par le sort que le pays sera partagé entre ceux qui sont en grand nombre et ceux qui sont en petit nombre. Voici les Lévites dont on fit le dénombrement, selon leurs familles : de Guerschon descend la famille des Guerschonites ; de Kehath, la famille des Kehathites ; de Merari, la famille des Merarites. Voici les familles de Lévi : la famille des Libnites, la famille des Hébronites, la famille des Machlites, la famille des Muschites, la famille des Korites. Kehath engendra Amram. Le nom de la femme d’Amram était Jokébed, fille de Lévi, laquelle naquit à Lévi, en Égypte ”
Sylvain Lévi,
Le Népal. Étude historique d’un royaume hindou
“ L’Inde du Nord elle-même, unie un instant sous l’empire d’un monarque instruit et curieux, répond à l’appel de la Chine et tente de forcer le cordon de barbares qui ferme ses frontières : au Nord-Ouest, les tékins turcs sont installés en maîtres, tout près d’être supplantés par les Arabes. Le Népal semble promettre une voie facile à ce commerce des nations ; il est le trait d’union naturel de deux mondes. L’Inde l’a converti, l’a civilisé ; le Tibet, qui parle sa langue, le compte parmi ses vassaux ; mais le Népal subjugué a donné une reine à ses vainqueurs. ”
Sylvain Lévi,
L’Inde civilisatrice
“ L’empire Gupta s’écroule ; les rejetons dispersés de la famille impériale vont créer de petits royaumes au Magadha, au Malva. L’Inde est aux Huns. Une destinée tragique a remis en présence sur les frontières de l’Inde, puis sur le sol de l’Inde, les deux hordes dont le conflit avait provoqué, deux siècles avant l’ère, des contre-coups si graves pour l’avenir du monde : les Yue-tche et les Huns (Hiong-nou) . Les Hephthalites, en effet, sont des Huns ; les Indiens, les Persans, les Grecs sont d’accord pour les désigner ainsi. Cette fois, l’Europe a vu avant l’Inde passer « le Fléau de Dieu ». ”
Sylvain Lévi,
L’Inde civilisatrice
“ Le travail de traductions put reprendre ; les savants d’outre-Himalaya, en particulier ceux du Cachemire et du Népal, apprirent de nouveau le chemin du Tibet. L’an 1042 marque l’arrivée du plus glorieux et du dernier des grands missionnaires passés de l’Inde au Tibet, Atīça, désigné en religion sous le nom de Dīpankara Çrījñāna. La légende a fait de sa vie un roman ; il naît dans une famille royale, se marie, a des enfants, étudie, possède à vingt-et-un ans toutes les sciences profanes. Mais il dédaigne les succès du monde, et part à la recherche de la vérité suprême ”
Sylvain Lévi,
Le Népal. Étude historique d’un royaume hindou
“ L’histoire du Népal ainsi conçue m’apparaît moins comme une monographie locale que comme un prélude à cette histoire générale de l’Inde qui décourage les meilleures volontés par son étendue, et ses lacunes, mais qu’il serait injuste et fâcheux de négliger : à voir les problèmes que pose et que résout en partie l’étude d’une simple vallée, on devine ce que promet l’étude d’un pays immense, peuplé de deux cents millions d’hommes, berceau d’une civilisation originale, sol d’élection du sentiment religieux, trésor convoité par tous les conquérants. ”
Sylvain Lévi,
L’Inde civilisatrice
“ La biographie de Kumārajīva suffit à montrer quelle était la fréquence et la facilité des déplacements d’un bout à l’autre de l’Asie Centrale dès la fin du ive siècle, et combien la culture bouddhique de l’Inde était répandue dans la longue ligne d’oasis qui jalonne les routes de l’Inde à la Chine. Aussi, quand l’Empire du Milieu se trouva déchiré par l’anarchie au temps des Seize Royaumes, un groupe de moines conçut le projet d’aller ensemble dans l’Inde chercher les lois et les préceptes de la religion, afin de sauver la foi au moment où elle semblait menacée de disparaître. ”
Sylvain Lévi,
L’Inde civilisatrice
“ Plus haut encore, c’est à dire plus au nord, il y a les Huns Blancs ; celui qu’on appelle Gollas (Mihira-kula, dont le nom s’écrit aussi : -gula) quand il va en guerre prend avec lui, à ce qu’on dit, plus de deux mille éléphants et une grande force de cavalerie. Il est le souverain de l’Inde, et force les peuples qu’il opprime à lui payer tribut. On raconte que ce roi voulut un jour mettre le siège devant une ville de l’intérieur de l’Inde qui était protégée par de l’eau de toutes parts. Il resta fixé là tant qu’enfin ses éléphants, ses chevaux, ses soldats finirent par boire toute l’eau. ”
Sylvain Lévi,
L’Inde civilisatrice
“ L’Inde est, en effet, dans l’ancien monde, le seul cas de civilisation intra-tropicale. Les pays de grande civilisation sont, à part l’Inde, situés dans la zone tempérée ; l’effort de l’homme contre la nature a constamment tendu à porter plus loin vers le nord les foyers de civilisation. L’histoire de l’esprit humain tient pour une grande part dans les phases successives de ce déplacement. ”
Sylvain Lévi,
Le Népal. Étude historique d’un royaume hindou
(1905-1908)
“ Comparés à leurs voisins moins civilisés, les Névars se distinguent pourtant par un visage plus long, des yeux plus grands, et un nez mieux détaché du front ; c'est là l'empreinte du croisement avec l'Inde. La civilisation a fait disparaître l'organisation sociale des Névars primitifs ; on peut s'en faire une idée au moyen des autres peuplades de même race, établies dans les vallées retirées et mieux soustraites aux influences du dehors. Toutes, elles sont divisées en tribus, partagées en clans et en sous-clans ; l'idée de caste leur est étrangère ; l'égalité de naissance est absolue. ”
Sylvain Lévi,
Le Népal. Étude historique d’un royaume hindou
(1905-1908)
“ Népal la force grandissante de ses armes ; vainqueur, il avait exigé du roi Amçuvarman la main de sa fille. Puis il s'était retourné contre les Chinois, avait osé réclamer à la famille des T'ang une princesse de sang impérial comme épouse, et avait fini par l'obtenir à force de victoires. Les deux reines, qu'une même fortune amenait des bouts de l'horizon à la cour d'un barbare de génie, avaient de commun un zèle ardent pour la foi bouddhique ; elles avaient l'une et l'autre apporté de leur patrie leurs idoles, leurs rites, leurs livres saints. ”
Sylvain Lévi,
Açvaghosa, le "Sûtrâlamkâra" et ses sources
(1908)
“ Les familles des Çâkyas ont sur la demande du roi Çuddhodana choisi des délégués de clan qui doivent entrer en religion. Leur barbier, Upâli, qui rase leurs cheveux et leurs barbes, s'attriste. De quoi vivra-t-il maintenant? Les Çâkyas lui donnent leurs parures comme consolation. Mais Upâli, touché par leur exemple, prend en aversion ces bijoux et aspire à la vie religieuse. Comme il aimerait à y entrer, s'il n'était pas un vil Çûdra ! A tout hasard, il va s'offrir au Bouddha, qui reconnaît que le karman d'Upâli est mûr et l'accepte comme disciple, sans souci des questions de caste. ”
Sylvain Lévi,
L’Inde civilisatrice
“ L’Inde n’avait jusqu’ici qu’une porte d’entrée et qu’un débouché, toute son activité s’orientait vers le nord-ouest et les passes au-delà de l’Indus. Désormais la route de terre, encore capitale pour les invasions, ne compte qu’à peine pour le commerce. L’axe de l’Inde devient normal au pays ; il passe par la transversale est-ouest, dans le sens que la nature indiquait par le cours des fleuves et l’orientation des vallées. ”
