René Agnès

Élements biographiques

René Agnès Les Cent Sonnets de R. Agnès,.… (1872)

De ce juste reproche elle est toute confuse; Je la vois rougissant, tremblante à vos genoux!
De ce coupable oubli pour elle je m'accuse; Daignez me pardonner, me voir d'un oeil plus doux. Ma muse se réveille, et, si je ne m'abuse, Elle fait un sonnet en ce moment pour vous.
Oui, Madame, un sonnet; un sonnet à Cécile, Si vous m'encouragez, me deviendra facile. Combien de vous l'offrir je serai satisfait !
En dépit des jaloux, de Boileau, le grand maître, Sans tarder mon sonnet à vos yeux va paraître : Le voici! le voilà! tenez, le tour est fait.
Source : Gallica

René Agnès Histoire véridique, en tout point authentique… (1867)

Son fils est dans ses bras! Son oeil heureux l'admire; Il n'est point assez grand pour voir ce petit corps Qui le charme en secret, le fascine et l'attire, Tant il renferme en lui de précieux trésors.
Oh! c'est qu'un premier-né dans le coeur d'une mère Apporte à sa naissance un bonheur inconnu : Il recule à ses yeux l'horizon de la terre, El vers celui du ciel il semble parvenu.
Sainte maternité! la divine Marie, Pour le récompenser, te laisse en ce grand jour Entrevoir de son coeur, de son âme ravie, L'ineffable plaisir de l'éternel amour.
Source : Gallica

René Agnès Les Cent Sonnets de R. Agnès,.… (1872)

Orléans, 21 octobre 1872.
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LXVIII
LA NUIT.
A ma muse on propose un sonnet à la nuit. Dois-je ou non l'essayer? Le sujet est bien sombre; Mais aussi bien qu'au jour on peut rimer dans l'ombre, Et pour me seconder déjà le soleil fuit.
Le silence se fait; partout s'éteint le bruit; Les passants attardés sont en très-petit nombre. Je marche librement; la rue est sans encombre; La cloche du beffroi vient de sonner minuit!
Tout est enveloppé par d'épaisses ténèbres; L'oreille n'entend plus que quelques cris funèbres De l'oiseau de la nuit, sinistre et redouté.
Source : Gallica

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