M. le baron de Krafft

Résumé

M. le baron de Krafft Le Tour du monde

Leurs immenses troupeaux leur donnent en abondance du lait, du beurre, de la laine que les femmes filent et tissent en haouly. Campés par groupes, à proximité des rares puits clair-semés au milieu de la plaine de sable, ils s’en éloignent le matin avant l’aube pour faire brouter par leurs troupeaux la maigre végétation du désert ; ils y reviennent au coucher du soleil pour les abreuver ; et quand tous les environs de leur station ont été parcourus et dépouillés, ils en changent, et transportent leurs tentes auprès d’un autre puits. L’espace n’est rien pour eux.
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M. le baron de Krafft Le Tour du monde

Nulle part dans toute la longueur de l’Afrique septentrionale, le grand désert ne s’avance aussi près de la mer : la digue de l’Atlas, qui depuis l’océan Atlantique protége contre les flots arides du Sahara une lisière assez large de terrains fertiles s’abaisse et va s’effaçant après le golfe de la petite Syrte [2] ; et le grand fleuve de sable, que rien ne contient plus, vient étaler ses vagues jaunes tout autour de la grande Syrte, rongeant les derniers sommets submergés qui forment comme un chapelet de petites oasis.
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M. le baron de Krafft Le Tour du monde

La Menchiè, riche ruban d’une végétation vigoureuse, où d’innombrables enclos en terre battue et des sentiers enchevêtrés au hasard dessinent des compartiments capricieux parsemés, comme autant de points brillants, de maisons isolées, blanchies à la chaux, peut renfermer environ trente mille âmes, et constituer la vie et la force de la province : Tripoli n’est que la citadelle de la Menchiè.
C’est un contraste curieux que cette région fertile entre deux plaines de sable jaune, collier d’émeraudes sur la poitrine nue d’une bohémienne cuivrée.
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