Résumé

Pierre Sarraute Manuel théorique et pratique du juge d'instruction… (1890)

Un crime vient d'être commis, dit pompeusement Desclozeaux, le sang coule encore ; la victime n'a peut-être pas perdu la vie; le criminel est livré à ces premières angoisses de l'âme qui, plus poignantes que les autres, laissent quelquefois échapper l'aveu; les lieux sont dans l'état où une lutte désespérée les a mis. Il faut que les derniers soupirs de la victime et les premiers remords du coupable soient interrogés ; il faut demander aux lieux mêmes s'ils ont vu le crime. Le juge d'instruction arrive ; il apparaît comme la justice vengeresse aux yeux de l'assassin épouvanté.
Source : Gallica

Pierre Sarraute Manuel théorique et pratique du juge d'instruction… (1890)

Les hommes de l'art ne se livrent pas seuls à la recherche du crime ; le magistrat le surveille et constate avec les experts les faits dont ceux-ci tirent les conséquences. Il faut, en outre, que, faisant assister l'inculpé à ce triste spectacle, il lui voie subir les reproches muets et terribles que lui adresse un froid cadavre. Il recueillera ses moindres paroles, et, dans un procès-verbal animé, il gravera pour ainsi dire la figure, du coupable, soit que le remords l'agite, soit qu'il affecte l'assurance.
Source : Gallica

Pierre Sarraute Manuel théorique et pratique du juge d'instruction… (1890)

Le magistrat qui a été chargé de l'instruction doit décliner la mission de recevoir les dernières déclarations, non point qu'il n'ose accepter la suprême conséquence de son oeuvre sociale, mais parce qu'il ne serait pas convenable que la justice eût l'air de triompher en se trouvant sur le passage de l'homme qu'elle a vaincu; tout homme de coeur qui a exercé des fonctions judiciaires sait que l'accomplissement d'un devoir pénible entre tous n'a rien qui ressemble à un triomphe.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature