“ Non, monsieur, » dit Glossin reprenant insensiblement son sang-froid. Il dit deux mots à l’oreille de son compagnon, qui s’éloigna aussitôt et descendit vers la maison. « Vous pouvez, monsieur, comme toute personne honnête, satisfaire librement votre curiosité. — Je vous remercie, monsieur, reprit Bertram. On appelle ceci le vieux château, à ce que l’on m’a dit ? — Oui, monsieur, pour le distinguer du château neuf, où je demeure, ici en bas. » ”
Glossin
Définition et enjeux
Citations sur “Glossin”
“ Mannering était naturellement d’un caractère bouillant ; ses yeux brillèrent d’un feu sombre ; il comprima sa lèvre inférieure avec tant de violence que le sang en jaillit, et s’approchant de Glossin : « Vous ne me connaissez pas, monsieur, dit-il ; peu importe, moi je vous connais ; et si vous ne descendez à l’instant cette colline sans proférer une parole, par le ciel qui est au-dessus de nous, vous ne ferez qu’un saut du sommet jusqu’en bas. » ”
“ « Monsieur Glossin ! » dit-il à voix basse. « Appelle-le plus haut ! dit Hatteraick. — Monsieur Glossin, pour l’amour de Dieu, venez-vous ? — Il faudra le porter pour sortir d’ici, répliqua Hatteraick. — Que marmottez-vous là, Mac-Guffog ? cria au même instant le capitaine de la prison. — Venez-vous-en, pour l’amour de Dieu, monsieur Glossin ! » répéta le porte-clefs. À ce moment le capitaine entra, une lumière à la main. Son étonnement égala son horreur en voyant le corps de Glossin couché en travers sur la barre, dans une position qui prouvait assez qu’il avait cessé de vivre. ”
Louis Petit de Julleville, Histoire de la langue et de la littérature française
“ Le célèbre évêque de Lincoln, Robert Grosseteste, ne compte encore de son temps que deux langues, le latin pour les clercs, le français pour les ignorants. À la fin du XIIIe siècle, Robert de Gloucester se plaint encore de ce que, seule peut-être dans le monde entier, l’Angleterre n’ait pas conservé sa propre langue, que les gens de la haute classe, qui viennent de la lignée des Normands, aient tous gardé leur langage français, et que les autres, ceux qui ne parlent qu’anglais, ne soient toute leur vie que des gens de rien. ”
Paulin Paris,
Paris, Paulin - Commentaire sur la chanson de Roland…
“ « Pourquoi, » se demande ensuite M. Génin, « les pères du concile de Tours ont-ils, en 813, ordonné la traduction des Écritures en langue vulgaire ? Pour la cour, les riches, les lettrés ? Non ; mais pour le peuple qui vivait et pensait au-dessous d’eux, tout en bas. C’est par le peuple, par lui seul que notre langue s’est faite : c’est pourquoi le peuple en possède si bien le génie et en conserve si bien la tradition, sans y penser. » ”
Alfred Loisy,
Autres mythes à propos de la religion
(1938)
“ Après tout, la gnose, en se transmettant, devient tradition. Tradition de gnose ou tradition de culte, cela fait toujours tradition. Il est vrai que la gnose s'entend du salut gagné par la connaissance d'un mystère, et le culte réalise le salut par l'application de rites efficaces ; mais, comme il y a salut et salut, nous continuons à tourner dans le même cercle. Dujardin observe 1 que l'on s'était trompé en faisant naître la gnose dans le christianisme au second siècle, mais que l'on s'est pareillement trompé en entendant gnostique en synonyme d'hellénistique ”
Joseph Lombard, Poésies religieuses (1892)
“ Ainsi n'en jugent pas notre siècle ni Rome ; L'une a vengé le saint, l'autre vengera l'homme. Son vieux temps, ses écrits, c'est pour nous l'âge d'or; Notre langue y retrouve un splendide trésor Qu'elle avait follement dissipé dans sa course ; Style ferme et hardi, gaîté coulant de source, Tours vifs, termes nerveux, clairs comme le cristal, Mots d'un seul bloc, tout francs, jaillis du sol natal : Ce langage, François, avait bien sa richesse ! ”
Alfred Loisy,
Autres mythes à propos de la religion
(1938)
“ C'est que Dujardin ne le rattache pas à la légende mais à la gnose chrétienne 1 : La gnose classique est la connaissance des secrets de Dieu en tant que secrets dogmatiques, surtout cosmogoniques ; appelons-la gnose spéculative ; la gnose paulinienne est la compréhension des desseins de Dieu en tant qu'œuvre de salut ; appelons-la gnose pragmatique. Pas un savant ne me contredira si j'affirme que le Jésus de Saint Paul n'est pas descendu du ciel pour apporter la vérité, mais pour être crucifié ; le Jésus de Saint Paul n'est pas un révélateur. ”
Dictionnaire de théologie catholique
“ Selon eux, la gnose repose essentiellement sur l’étude de l’Écriture, faite avec l’esprit des apôtres et suivant la croyance de l’Église. « Le nom de gnostique, écrit Clément d’Alexandrie, n’est mérité que par celui-là seul qui, ayant blanchi dans l’étude de l’Écriture, garde la règle des dogmes apostoliques et ecclésiastiques. » Strom., VII. Entre la foi commune et la foi plus haute ou scientifique, les Pères ne reconnaissent qu’une différence de degré, non de nature. ”
Aricie Courbatère Sauquet, Les Veillées du pensionnat, par Mme A. Sauquet (1860)
“ Glocester, Glocester, puisses-tu, du moins, épargner les enfants d'Edouard et leur malheureuse mère ! Pendant qu'il s'attristait ainsi, le régent et Buckingham se réjouissaient de la prompte exécution de leur dessein, et recevaient sur leur passage les acclamations du peuple. — Il est beau d'être craint et respecté, il est beau d'être roi, s'écria Glocester dans un moment d'enthousiasme. ”
Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye,
Dictionnaire historique de l’ancien langage françois
(1875)
“ On a dans la suite étendu ce mot à toute espèce de grimace. Ce que je dis de l’étymologie de nos mots François, peut trouver son application dans plusieurs autres Langues. De tout temps nous avons emprunté de nos voisins des mots et des façons de parler : de tout temps ils en ont emprunté de nous. Il n’est peut-être aucune nation en Europe, qui ne trouve dans ce Glossaire de quoi étendre et perfectionner la connoissance de sa propre Langue. Les Allemands, les Anglois, les Espagnols, les Italiens sur-tout, verront des conformités singulières entre leurs différents idiômes et le nôtre. ”
William Shakespeare,
Henri VI (2/3)
“ L'eau coule paisiblement là où son lit est profond; sous un extérieur simple il recèle la trahison. Le renard se tait quand il médite de surprendre l'agneau. Non, non, mon souverain; Glocester est un homme qu'on n'a point encore pénétré, et il est rempli d'une profonde dissimulation. ”
Jacques Flach, Études critiques sur l'histoire du droit romain au moyen âge… (1890)
“ Alors surtout qu'il est certain (M. Fitting lui-même le reconnaît) que la glose a été formée d'une série très nombreuse de gloses diverses de date et de provenance ! Que l'on accepte donc la lecture proposée par M. Fitting (carnotum) (1) , et son affirmation que la glose et le texte sont écrits de la même main, il en résultera simplement ceci : qu'antérieurement à la fin du XIIe siècle, un habitant du centre de la France, clerc, moine ou praticien, a ajouté une glose banale entre deux lignes d'un MS. du Brachylogus. ”
François de Sales,
Introduction à la vie dévote
(1619)
“ Mais en même temps, il vous bénira de la condescendance charitable que vous eûtes de moderniser ou de traduire, pour nous, certaines locutions que trois siècles ont vieillies, sans rien nous faire perdre toutefois de l’originelle beauté de cette langue unique, faite de grâce et d’énergie, qui a toutes les cordes, qui aborde tous les tons, qui prend toutes les nuances, et qui s’appelle d’un nom qui dit tout : la langue de saint François de Sales ! ”
Louis Bertrand,
Les Élites orientales - Juifs et Chrétiens
“ Le prêtre et le maître d’école sont les meilleurs agens de l’hellénisme. L’unité du culte et de la langue liturgique entretiennent, à travers tout l’Empire ottoman, le sentiment de l’unité hellénique ; et, d’autre part, l’école fournit au patriotisme instinctif des masses des raisons conscientes de s’exalter. Enfin, l’enseignement des langues étrangères assure au jeune Grec une supériorité pratique évidente, dans cet Orient où la glossolalie a toujours été un instrument de fortune ou de domination. ”
Joris-Karl Huysmans,
À rebours
“ En somme, c’était le verbe indispensable aux civilisations décrépites qui, pour l’expression de leurs besoins, exigent, à quelque âge qu’elles se produisent, des acceptions, des tournures, des fontes nouvelles et de phrases et de mots. À Rome, le paganisme mourant avait modifié sa prosodie, transmué sa langue, avec Ausone, avec Claudien, avec Rutilius dont le style attentif et scrupuleux, capiteux et sonnant, présentait, surtout dans ses parties descriptives de reflets, d’ombres, de nuances une nécessaire analogie avec le style des de Goncourt. ”
F. Génin, Des variations du langage français depuis le XIIe siècle
“ Cet état de choses ne peut durer: il faut poursuivre le redressement de ces abus, ramener au milieu de nous le génie de la langue française; et le meilleur, l'unique moyen d'y parvenir, c'est de nous rendre parfaitement familières la langue et la littérature de nos aïeux.Ce n'est qu'en possédant notre vieille langue qu'on possédera la véritable langue moderne, qu'on en pénétrera le génie et les ressources. Plût à Dieu que cette étude s'organisât dans les colléges, à côté du grec et du latin! ”
Maurice Grammont, Petit Traité de versification française
“ L’élision en ancien français. — En ancien français l’élision se fait comme en français moderne et n’est pas moins obligatoire, sauf en ce qui concerne certains monosyllabes. L’article le, la, la négation ne de latin non, les pronoms me, te, se, le, la devant le verbe, etc., élident toujours leur voyelle ; mais l’élision est facultative pour les pronoms me, te, se, le, la après le verbe, la négation ne de latin nec, les pronoms ce, que, je, l’article masculin singulier li, la conjonction se de latin si, l’adverbe se ou si de latin sic : Qu’en dites vos ? que il vos semble ? ”
François Génin, Récréations philologiques, ou Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue française… (1858)
“ Au contraire, notre jeune langue me paraît s'être complu à fixer les voyelles, laissant à la tradition à marquer les consonnes. En sorte que les unes ont leurs voyelles incertaines, et les autres leurs consonnes ; mais l'incertitude ne détruit pas la réalité. Les consonnes que le Français a écrites plus tard ne sont autres que celles qui subsistaient dans la tradition , conséquences de l'étymologie ou de la nature de l'organe français, ou de toutes deux à la fois. Si l'on nous demande : Le v dans pleuvoir, d'où vient-il? car ce n'est pas du latin pluere, à coup sùr! ”
Pierre Dolgoroukov,
La France sous le régime bonapartiste…
(1864)
“ Ce fut un grand et sublime spectacle, durant le moyen-âge, que celui du clergé en général, et celui de la papauté en particulier: prêchant la compassion aux forts, l'humanité aux cruels, l'humilité aux orgueilleux! L'Europe leur est redevable de n'être point retombée dans la barbarie. ”
Joseph de Ghellinck, Littérature latine au Moyen Age… (1939)
“ Des recherches littéraires sur ses sources et la manière dont il les manie, seraient utiles : la Glossa prend dans Alcuin, Ambroise, Augustin, Bède, Cassiodore, Chrysostome, Grégoire, un certain Haymon, — ce qui pose un nouveau problème, — Hésychius, Jérôme, Isidore, Origène et finale- ment Raban, que peut-être elle se contentait primitivement de résumer. Pour nous, l'historien et le théologien ont surtout de la valeur comme liturgiste. ”
Jean-Henri Merle d'Aubigné,
Jean Calvin, un des fondateurs des libertés modernes…
(1868)
“ Messieurs, il faut que Genève choisisse. Voulons-nous être une simple machine pour fabriquer des roues et des échappements, voulons-nous n'être qu'une place, ouverte aux esprits extravagants du siècle, ou bien voulons-nous être un cœur qui batte pour les pensées les plus élevées, une voix qui proclame dans la chrétienté les vérités les plus salutaires, une main qui, au milieu des hésitations et des chutes, tienne bien haut et bien ferme l'étendard de Jésus-Christ, et, comme disait Gladstone, un évangéliste dans le monde!. ”
“ Mais si je le puis, je le ferai. — M. l’abbé, que pense-t-on chez vous de notre catholicisme ? La question était délicate. Je me tournai la langue dans la bouche. Et je me risquai : — Ce que l’on pense de votre catholicisme ? En somme, beaucoup de bien. Peut-être ne savez-vous pas jusqu’à quel point vos maîtres en spiritualité sont nos maîtres spirituels. Je dirais même plus : nos gens instruits ne lisent guère le latin, ni l’italien. ”
Joseph de Ghellinck, Littérature latine au Moyen Age… (1939)
“ Toute de compilation à peu près, écrite dans un style simple et sans apprêt, lisible sans effort et semée déjà d'expressions de la langue vulgaire, l'œuvre encyclopédique des Etymologiae a été utilisée par le moyen âge sous toutes les formes possibles, dans son ensemble ou par livres détachés, découpés ou transposés sous forme de dialogues ”
Jacques Flach, Études critiques sur l'histoire du droit romain au moyen âge… (1890)
“ Il y a donc là selon toute vraisemblance une glose incorporée au texte de la collection A et dont le compilateur des Exceptiones a fait ensuite un chapitre spécial qu'embarrassé à classer il a rejeté à la fin du livre I. 2° Dans le chapitre 3 du MS. Barrois 336 et dans le MS. de Cambridge (collection A) (Petrus I. 34) , le texte renferme une phrase : « Id est si que res fuerint ei in dotem date sub extimacione precii » qui manque dans les MSS. 4709 et 1730 mais qui existe comme glose marginale dans le MS. de Prague (n° 71 de l'édition Fitting) . ”
Louis Dussieux, Le cardinal de Richelieu, étude biographique… (1886)
“ GERMANIQUE Hélas ! je ne puis pas me soutenir moi-même . EUROPE à Germanique et à Francion . Tous deux étant d' accord , Vous me donnez la paix , je ne crains nul effort . Que le ciel , Francion , toujours vous favorise , Et vos chers alliés , auteurs de ma franchise ( liberté ) : Germanique en mon cœur tiendra ce même rang ; Je vous aimerai tous ; vous êtes tous mon sang . Ibère l' est aussi ; s' il étouffe sa flamme , Je lui réserve encore une place en mon âme . 1 . La conjuration de Saint-Mars , du duc de Bouillon et de Gaston . ”
Léopold Einstein, Volapük et Lingvo Internacia
“ Comme toujours, le besoin créait l’organe. Ce furent le grec dans l’Antiquité, et le latin au Moyen Âge, qui unirent ainsi l’humanité pensante et lettrée. De même aujourd’hui, les divers idiomes de l’Europe se partagent, pour ainsi dire, le travail et les attributions. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Rosny m’a répondu, avec l’assurance vaticinatrice d’un prophète, que dans cinquante ans, il n’y aurait plus d’humanités latines, et que toute l’éducation serait scientifique, et que la langue descriptive qu’il employait, serait la langue en usage. ”
John Nelson Darby,
De la présence et de l’action du Saint-Esprit dans l’Église
“ Mais il y a des âmes qui ont droit aux éclaircissements nécessaires pour exposer de quelle valeur sont les assertions hardies qui caractérisent la brochure patronisée par le bureau de la Société évangélique de Genève, et de quel poids est l’autorité de ceux qui peuvent la patroniser ; et j’ai senti profondément que celui qui se sert de la Parole en se cachant sous le grec d’une manière semblable, ne mérite pas d’être ménagé, lorsqu’il nous est présenté par des hommes bien capables d’en apprécier l’emploi et les conséquences. ”
Joseph de Ghellinck, Littérature latine au Moyen Age… (1939)
“ La situation générale de l'Occident, même en dehors des conditions reli- gieuses, et le caractère de langue savante que revêt le latin, s'oppose à l'équilibre parfait entre les éléments d'une culture faite pour d'autres temps et les circonstances profondément changées de l'humanité occidentale ; il y a des anachronismes et des puérilités dans plus d'un essai. Mais la tentative est non seulement digne d'estime et de louange; elle est féconde, car c'est de cet effort de la littérature carolingienne qu'est sortie notre culture littéraire actuelle. ”
Thomas Corneille,
Dictionnaire des Arts et des Sciences…
(1694)
“ Six muscles, dont il y en a trois de chaque costé, font faire tous les mouvemens de la Langue. Le premier, qui est le Genioglosse, s’attache à la partie inferieure & moyenne du menton, & va s’inserer à la racine de la Langue qu’il fait sortir de la bouche en agissant. ”
Julien de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs… (1839-1841)
“ Quela terre gémisse, ainsi que la mer et le ciel, dans toute l'étendue d'un pôle à l'autre! Gozlin, ce prélat du Seigneur, ce héros si humain, s'en va dans le séjour des astres, astre brillant lui-même, habiter avec le Seigneur. ”
Léon Maury, Les origines du gnosticisme, étude d'histoire religieuse… (1884)
“ « La gnose offre une remarquable unité. Ses nombreuses écoles ne se distinguent les unes des autres que dans des points de détail, ou, pour mieux dire, que dans les termes moyens. L'esprit est essentiellement le même dans toutes, et les différences secondaires ne sont pas de nature à en altérer (1) " Le gnosticisme se donne constamment pour une science chrétienne, ou, pour mieux dire, comme la seule véritable science chrétienne. » Nicolas, « Origines du gnosticisme » (Nouvelle Revue de Théologie, vol. v, p. 324) . ”
