M. Abel

Définition et enjeux

Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur Jean qui grogne et Jean qui rit

M. Abel. Et tu as raison, mon enfant ; le méchant est réellement à plaindre. Ne crains pas de m’avoir mécontenté ; je comprends très bien ta pensée... Et qui sait ? peut-être pourrai-je le ramener, lui faire du bien.
Jean. Si vous y parvenez, monsieur, comme le bon Dieu vous bénira !
M. Abel, riant. Et comme tu me regarderas ! mieux encore que tu ne me regardes maintenant... À propos, ton affaire, à toi, est arrangée ; tu entreras chez mes amis de Grignan ; il y a monsieur, madame, mademoiselle et le pauvre petit garçon bien malade dont je t’ai parlé, un vrai petit saint, celui-là.
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Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur Jean qui grogne et Jean qui rit

M. Abel. Ah ! ah ! ah ! la bonne farce ! Et sait-on qui était ce faux Anglais ?
Jean. Non, monsieur ; personne ne le connaît.
M. Abel. Bon ! il faudra tâcher de le retrouver, pourtant.
Jean. Il vaut mieux le laisser tranquille, monsieur. Il n’a fait de mal à personne ; il s’est un peu amusé, mais il n’y avait pas de quoi se fâcher.
M. Abel. Tu n’en veux donc pas à ce farceur ?
Jean. Oh ! pour ça non, monsieur !
M. Abel. Allons, tu es un bon garçon ; tu comprends la plaisanterie. Pas comme Jeannot, qui rage pour un rien.
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Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur Jean qui grogne et Jean qui rit

M. Abel sortit, presque aussi heureux que ses deux protégés.
Quand la journée fut finie, Simon et Jean montèrent chez eux pour écrire à leur mère, mais non sans s'être bien embrassés et félicités. Ils prièrent ensemble le bon Dieu; ils le remercièrent et lui demandèrent de bénir leur bienfaiteur, et de lui faire rencontrer un coeur qui l'aimât pour qu'il fût bien heureux. Puis ils se mirent à écrire chacun de son côté.
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