“ Thamar prit les gâteaux qu’elle avait faits, et les apporta à son frère Amnon dans l’alcôve. 11 Comme elle les lui présentait à manger, il la saisit et lui dit : « Viens, couche avec moi, ma sœur. » 12 Elle lui répondit : « Non, mon frère, ne me déshonore pas, car on n’agit point ainsi en Israël ; ne commets pas cette infamie. 13 Moi, où irais-je porter ma honte ? Et toi, tu serais comme l’un des infâmes en Israël. Parles-en au roi, je te prie, et il ne refusera pas de me donner à toi. » 14 Mais il ne voulut pas écouter sa voix ; plus fort qu’elle, il la violenta et coucha avec elle. ”
Thamar
Définition et enjeux
Citations sur “Thamar”
Théophile Gautier,
Le Roman de la momie
“ Il s’élança sur le char, prit les rênes, et, comme Thamar hésitait : « Allons, monte », dit-il ; il clappa de la langue, et les chevaux partirent. Les échos, réveillés, répétèrent le bruit des roues, qui retentirent comme un tonnerre sourd, au milieu du silence nocturne, par les salles vastes et profondes. Cette vieille hideuse, s’accrochant de ses doigts osseux au rebord du char, à côté de ce Pharaon de stature colossale et semblable à un dieu, formait un étrange spectacle qui, heureusement, n’avait pour témoin que les étoiles scintillant dans le bleu noir du ciel ”
Évariste de Parny,
Oeuvres complètes d'Évariste Parny…
(1831)
“ Judas des prétendus amis Sait les amours, et les tolère.. Un tel passe-temps à son fils Rendait l'hymen peu nécessaire; Et c'est l'hymen qu'il redoutait. Vainement Thamar y comptait"; En vain Séla croissait en âge; Pas un seul mot du mariage. « Thamar déjà veuve deux fois, Pourrait bien l'être une troisième, DE LA BIBLE. 45 Disait le père : elle a des droits; Mais je crains pour un fils que j'aime. » THAMAR ET JUDAS. Un jour à Thamar on apprit. Que judas, pour un court voyage S'éloignant du toit qu'il chérit, Allait passer près du village. ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ Dans sa division idéale de la Terre Sainte, au ch. xlvii, ’on voit qu’il a sous les yeux les frontières marquées par les Nombres, xxxiv, et que Thamar doit se trouver dans le voisinage de la montée du Scorpion ou Akrabbim, au sud de la mer Morte. Cf. Jos., xv, 1-4. Ce Thamar peut être le Thamara de VOnomasticon d’Eusèbe et de saint Jérôme, Pair, lat., t. xxiii, col. 862, qui avait de leur temps une garnison romaine, sur la route qui allait d’Hébron à Élath. Elle figure sous le nom de Thamaro dans la carte de Peutinger, sur la route d’Hébron à Pétra. ”
Théophile Gautier,
Le Roman de la momie
“ Voyant que Ra’hel gardait le silence, la vieille se leva, vint s’asseoir près d’elle, et faisant clignoter ses yeux, dont la paupière bistrée s’abaissait et s’élevait comme une aile de chauve-souris, elle lui dit à voix basse et en langue hébraïque : « Maîtresse, je n’augure rien de bon de cette femme. — Et pourquoi, Thamar ? répondit Ra’hel sur le même ton et dans le même idiome. — Il est singulier, reprit la défiante Thamar, qu’elle se soit évanouie là, et non ailleurs. — Elle s’est affaissée à l’endroit où le mal l’a prise. » La vieille hocha la tête d’un air de doute. ”
Théophile Gautier,
Le Roman de la momie
“ « Si tu dis vrai, tu peux prendre dans mes chambres de granit tout ce que tu seras capable de soulever d’or et de choses précieuses. — Je te la livrerai, sois tranquille, » dit la vieille avec un rire strident. Quel motif avait poussé Thamar à dénoncer au Pharaon la retraite où se cachait la fille du prêtre ? Elle voulait empêcher une union qui lui déplaisait ; elle avait pour la race d’Égypte une haine aveugle, farouche, irraisonnée, presque bestiale, et l’idée de briser le cœur de Tahoser lui souriait, une fois aux mains de Pharaon, la rivale de Ra’hel ne pouvait plus s’échapper ”
Théophile Gautier,
Le Roman de la momie
“ Ô jeunesse imprudente ! dit Thamar ; ô jeunesse folle, qui ne sait rien voir, et qui marche dans la vie pleine de confiance, sans croire aux embûches, à la ronce cachée sous l’herbe, au charbon couvert de cendres et qui caresserait volontiers la vipère, prétendant que ce n’est qu’une couleuvre ! Comprends donc, Ra’hel, et dessille tes yeux. ”
Jean Chantavoine, Le Poème symphonique
“ Balakirev a donné le modèle du genre dans Thamar, qui porte bien le titre de « poème symphonique » et une dédicace significative à Liszt. Il y chante, d’après Lermontov, les maléfices d’une Loreley slave. Du haut de sa tour, dominant un défilé du fleuve Terek, la reine Thamar, « belle comme un ange, méchante comme un démon », attire les chevaliers errants, qu’elle précipite ensuite dans les flots. ”
Théophile Gautier,
Le Roman de la momie
“ Ses lèvres brûlent, dit Poëri en retirant sa main. — D’amour autant que de fièvre, fit Ra’hel ; mais elle est vraiment malade ; si Thamar allait chercher Mosché ? il est plus savant que les sages et les devins de Pharaon, dont il imite tous les prodiges ; il connaît la vertu des plantes et sait en composer des breuvages qui ressusciteraient les morts ; il guérira Tahoser, car je ne suis pas assez cruelle pour vouloir qu’elle perde la vie. ”
Jules Mourier, Chota Rousthavéli, poète géorgien du XIIe siècle… (1910)
“ Tel n'a-t-il pas été le sort de Rousthavêli? Au contraire, Thamar a-t-elle fait une exception pour lui? Faut-il supposer que désillusionnée par deux mariages, bercée par cette poésie nouvelle et inconnue qui la divinisait presque, entraînée par la curiosité, le réveil des sens, les déclarations brûlantes et les séductions de l'amoureux, peut-être même touchée d'un sentiment de reconnaissance, elle ait aimé son poète et se soit donnée à lui? ”
Théophile Gautier,
Le Roman de la momie
“ « Encore ! encore ! encore ! » tant qu’il fut bientôt plein jusqu’à l’ouverture. Timopht, que le spectacle amusait, la laissait faire, n’imaginant pas que ce spectre décharné pût remuer ce poids énorme ; mais Thamar lia d’une corde le sommet de son sac et, à la grande surprise de l’Égyptien, le chargea sur son dos. L’avarice prêtait à cette carcasse délabrée des forces inconnues : tous les muscles, tous les nerfs, toutes les fibres des bras, du cou, des épaules, tendus à rompre, soutenaient une masse de métal qui eût fait plier le plus robuste porteur de la race Nahasi ”
Abraham Bredius,
Catalogue raisonné des tableaux et des sculptures…
(1935)
“ Thamar, vue à mi-corps et de trois quarts, presque de face, est assise sur le bord d'une route, la tête couverte d'un voile noir; elle porte une robe rouge sans manches et bordée d'un ruban bleu; le corsage est ouvert sur la poitrine et les bras sont couverts par les manches blanches de sa chemise. Elle a la jambe gauche relevée; de la main droite elle semble appeler Juda qu'elle attire vers elle de la main gauche. Juda qui occupe la gauche du tableau, est vu à mi-corps et de profil perdu, se penchant vers Thamar ”
Antoine Monnier, L'art sacerdotal antique : explication du sens allégorique des principaux monuments grecs et romains du musée du Louvre… (1897)
“ C'est Thamar, l'amazone veuve de ses privilèges, lugitana, la déclassée, la bohémienne sans patrie ni temple. C'est la oarrefourienne mère du Christ. Le sens abstrait de sou nom, formé de Ta (autel, culte siège divin) , Ma (loi de révélation) , - Ha (clairvoyante interprétation) est: culte ou service divin de Diane et d'Apollon, Ta ou la lettre Y autel à double flambeau. Thamar, reine des amazones, est le figuré des Phrygiens nomades, artistes, pasteurs libres quidomi- jnèrent le monde, et cela, presque jusqu'à nos jours de par leur puissance occulte. ”
César Chesneau Dumarsais,
Analyse de la religion chrétienne
“ Thamar épousa le second, qui mourut aussi ; que dans la suite Juda eut de sa bru Thamar deux jumeaux, l’un desquels fut aussi marié et eut des enfans : on voit quelle vraisemblance il y a que cela se soit passé dans l’espace de vingt-deux ans. Les autres livres ne fourniront pas moins d’exemples de pareilles fautes. Il est dit au livre des rois [1] , que Salomon édifia le temple quatre cents quatre-vingt ans après la sortie d’Egypte ; qu’on en fasse le calcul soi-même, suivant la durée de la vie et du gouvernement des juges et des rois, on trouvera plus de six cents ans. ”
A. S. Khakhanov, Histoire de Géorgie , publiée sous la direction de M. Raphaël Isarloff… (1900)
“ C'est là aussi qu'on voit, dans une nef latérale de l'église, un dôme de pierre sous lequel, d'après une légende, Thamar serait enterrée. Mais le vrai lieu de sa sépulture est inconnu ; les uns prétendent que c'est le monastère de Ghélati-, d'autres désignent la Svanétie ; les habitants de Ratcha disent avoir chez eux les précieuses cendres de Thamar. ”
Luís de Camões,
Les Lusiades, poëme de Camoens…
(1842)
“ Dont brûla pour Thamar un frère incestueux.. Ils produisent aussi ces amours inégales Qui placent l'humble esclave en des couches royales. Superbes potentats , c'est par eux que parfois Une pauvre bergère a fixé votre choix.. C'est par eux que souvent, grandes et nobles dames , Une obscure tendresse a subjugué vos âmes, Et que, pour assouvir votre impudique ardeur , Vous avez méconnu rang-, naissance et pudeur. ”
Théophile Imarigeon Duvernet, Les dévotions de Mme de Bethzamooth… (1790)
“ Thamar, avant d’être mise au feu, dit : « Je suis grosse des œuvres de celui à qui appartiennent ce bâton et ce bracelet. » Juda reconnut son gage et dit : « J’ai plus de tort qu’elle. » On ne la brûla point et elle accoucha de deux enfants : de Zara et de Pharès. C’est de ce dernier que descend Jésus-Christ, suivant la généalogie de la famille de Joseph, son père putatif. Si l’on jugeait de cette histoire comme on juge des histoires ordinaires, on pourrait s’étonner que les Juifs eussent été assez barbares pour faire rôtir une femme enceinte ”
Victor Langlois,
Essai de classification des suites monétaires de la Géorgie…
(1860)
“ G. MONNAIES DE THAMAR ET DE DAWITH III SOSLAN, SON SECOND MARI. 25. +Ilcltl : : 'Ocr. — En l'année 420 (1200 È. Chr.) , Thamar, Dawith. — Au centre, une figure en forme d'arbalète (?) . Grènetis. BC. La reine des reines, splendeur du monde et de la religion, Thamar, fille de Giorgi, aide du Messie. Grènetis. Cuivre. Grand module. — Pl. V, nos 1 à 3. Cabinets de l'Ermitage et du Musée asiatique de Saint-Pétersbourg; collection Barataïeff; cabinet de France (don Bartholomaei) . 9 Adler, Coll. ”
Marie-Laure Chastang, Madame de Staël et l'Europe :… (1966)
“ Son intérêt pour le Moyen Age s'affirmera dans ses oeuvres critiques et dans son projet né vers 1810, d'un poème sur les Croisades intitulé Richard Coeur de Lion. 75. THAMAR, tragédie en 5 actes et en vers, manuscrit autographe. — Archives du château de Coppet. Le manuscrit ne porte pas de date. L'écriture est ancienne. Cette pièce sur le thème de la liberté, demeurée inédite, se passe en Perse. Le héros, « député d'Ispahan », libère son pays d'un gouvernement despotique, y risque son amour pour la fille du premier ministre, un Orcan qui ressemble à Necker, puis se tue. ”
Jules Claretie,
L'art et les artistes français contemporains…
(1876)
“ La grande composition qu'il appelle arnar est bien l'œuvre d'un membre de l'Institut qui sOUdain se révolte contre le gris officiel et veut aussi ^rer qu'il peut manier l'arc-en-ciel tout comme un jj ®Qri Regnault. Thamar, outragée par Amnon, s'est Pérugiée chez son frère Absalon, qui ne songe plus d a la venger. M. Cabanel exprime correctement cette nière idée en nous présentant un Absalon qui montre classiquement le poing à un ennemi absent Thamar, les vêtements en lambeaux, le torse joli, mal, grêle, s'étend, allanguie et torturée, sur les genoux de son frère. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ A chaque instant la voix haletante de Thamara coupe les cantilènes passionnées de Noureddin, mais enfin l’amour triomphe. Une très belle phrase éclate, sonore, puissante, libre en sa fantaisie comme une improvisation d’Orient ; longue, mais soutenue jusqu’au bout d’un souffle ardent et fort. Tout y est original, bien qu’un simple tremolo l’accompagne ; de ce tremolo se dégage une sorte d’appel ou de fanfare sur laquelle plane le chant vainqueur. De caressantes arabesques entourent la mélodie, lui donnent plus de grâce et de caprice ”
Théophile Imarigeon Duvernet, Les dévotions de Mme de Bethzamooth… (1790)
“ Il est plus que vraisemblable que ce fut sur la conduite de cet Aod, depuis longtemps canonisé, que le moine Clément régla la sienne pour assassiner Henri III. Ce moine jacobin n’était point chargé de présents pour ce roi infortuné, mais il lui portait une lettre du président Harlay ; ce qui valait bien le présent que M. le président Aod portait au roi Eglon. (10) Page 43. — Thamar coucha avec son beau-père. — Cette aventure est aussi intéressante que celle d’Aod est édifiante, car c’est de l’inceste de cette juive que nous vient notre salut. ”
Édouard Delessert,
Voyage aux villes maudites : Sodome…
(1853)
“ M. le colonel Lapie a cherché l'emplacement de Thamara sur celui même de Sodome, au Redjom-el-Mezorrhel, et il s'est trèscertainement trompé. A Sodome, il n'y a plus une goutte d'eau à boire, et les Bomains, pas plus que les Juifs, n'eussent eu la malencontreuse idée de placer là une station militaire. Remarquons de plus que Thamara signifie palmes ou palmiers, et qu'une ville nommée Palmer existait encore à l'époque des croisades vers ce même point. Guillaume de Tyr confond Palmer avec Zoar. Mais ce peut être une erreur. ”
Honoré d’Urfé, L’Astrée/deuxième partie
“ Mais maintenant il me reste un plus dangereux ennemy à combattre, et qui m’oppose bien des armes plus fortes, et m’offense avec des coups plus cuisans. C’est de cest ingrat Thamire dont je parle, ce Thamire qui veritablement a esté aimé de moy, et de qui j’ay creu d’estre aimée autant que personne le sçauroit estre. Mais helas ! que me demande-t’il maintenant ? peut-il croire en vie celle qu’il a remise entre les mains du plus cruel enemy qu’elle eust ? Peut-il esperer encore quelque amitié de celle qu’il a si indignement outragée ? ”
Jean-François Maffre, L'Égyptide : poème en douze chants (1850)
“ Leur bras appesanti sous les coups forcenés Que parent tour à tour leurs glaives déchaînés, Laisse sur leur coursier tomber l'arme pesante Qui jusqu'à ce moment a trahi leur attente. L'intrépide Thamir plus fier , plus irrité, Mû d'un transport brûlant qu'exalte sa fierté , Par un effort nouveau que son coup-d'œil apprête , De son prudent rival croit abattre la tête ; Mais Duroc pare encor son coup trop prolongé Et d'un revers de main sagement dirigé, Il riposte avec art, et de son adversaire Termine les destins et punit la colère. ”
Jean-François Maffre, L'Égyptide : poème en douze chants (1850)
“ Surprennent de Duroc la valeur éprouvée. Il sait, il sait déjà quels funestes exploits Ont signalé son bras redouté tant de fois. Bien loin d'en ressentir un sinistre présage , Son cœur est animé d'un plus bouillant courage. Non moins audacieux , Thamir l'apercevant, Le fixe, le provoque et court à son devant. Soudain leurs coups vengeurs qu'une égale furie Dirige dans le but de s'arracher la vie, Se succèdent sans cesse et trompent leur fierté. , Leur fougue de faiblir n'a pas la faculté : Toujours plus acharnés , et sans reprendre haleine, Ils poursuivent le cours de leur secrète haine. ”
Honoré d’Urfé, L’Astrée/deuxième partie
“ Il ne faut que tu esperes que la religion des dieux, ny le devoir des hommes l’en retire jamais. Il ne faut non plus que tu penses que Thamire, quoy qu’il soit ton mary, et qu’il t’aime plus que sa vie, puisse jamais estre content, tan que son nepveu sera tourmenté de ceste sorte. Quant à toy, quelle vie esperes-tu de pouvoir mener, tant que tu seras cause de la peine de l’oncle et du nepveu ? De te donner à Calidon, ta volonté n’y peut consentir : outre que tu es tellement à Thamire, que rien ne t’en peut retirer que la mort. ”
Émile Souvestre,
Contes et légendes de Basse-Bretagne
“ Mais voilà qu’en passant sur la lisière d’un petit bois, il vit un rassemblement de monde autour d’un homme étendu sur l’herbe ; il s’approcha pour regarder et reconnut Jalm Thurio que des voleurs avaient tué, pour voler son or apparemment. Vous voyez qu’une bourse trop lourde nuit à celui qui la porte, vu qu’il ne peut se sauver aisément des larrons, surtout quand au poids de la bourse se joint le poids d’une mauvaise conscience. Voilà pour lui. Tammik s’éloigna bien vite en faisant le signe de la croix et continua son chemin. ”
“ Talma jouait Hamlet. Comprenez-vous, vous qui avez connu madame Dorval, ce que ce devait être, pour une organisation comme la sienne, que de voir jouer l’illustre acteur ; ce que c’était, pour ce cœur, tout filial au commencement de sa vie, tout maternel à la fin, que d’entendre les sombres lamentations du prince danois redemandant son père avec cette voix pleine de larmes que nous n’avons entendu qu’à Talma ? Aussi, à ces trois vers : On remplace un ami, son épouse, une amante ”
