“ L’aimable femme est très-surprise de voir sa chère missis Vénéering à pareille heure, « en pleine nuit ! » dit la charmante créature, tellement surprise que l’émotion qu’elle en éprouve lui a presque relevé les paupières. La visiteuse, non moins émue, lui apprend d’une manière incohérente que Vide-Pocket est offert à son mari. C’est le moment de se rallier. Il faut agir, a dit Vénéering. Voilà pourquoi elle est ici, femme dévouée, suppliant, comme épouse et comme mère, sa chère lady Tippins d’agir. Sa voiture est à la disposition de cette chère lady. ”
Citations sur “Vénéering”
“ Vilain homme ! odieux parjure ! continue la vieille belle en regardant Mortimer et en faisant claquer son éventail. — Nous sommes tous profondément intrigués, dit Vénéering, par cet homme de quelque part. — Vivement intéressés ! — Très-émus ! — Fort dramatique ! — L’homme de nulle part, peut-être ? s’écrient à la fois les quatre tampons. » Et missis Vénéering, joignant les mains comme un bébé, car les séductions de milady sont contagieuses, se tourne vers son voisin de gauche, et balbutie d’une voix enfantine : « Prie ! plaît ! l’homme de quelque part ! » ”
“ « En ce cas, Vénéering, a dit Podsnap en fronçant les sourcils, je vous répondrai avec franchise ; le parlement m’intéresse fort peu ; vous devez le comprendre, dès que vous ne m’y voyez pas. » Vénéering n’en a jamais douté ; il sait très-bien que si Podsnap voulait être à la Chambre, il y serait dans cet espace de temps que les êtres légers appellent un clin d’œil. ”
Charles Dickens,
L’Ami commun
(1865)
“ Peut-être le couple Vénéering croit-il devoir ce dernier sentiment à sa réputation, en ce sens qu’il fut une époque où l’on disait tout bas que les fortes têtes de la Cité se secouaient quand on parlait devant elles des immenses affaires et de la fortune de Vénéering. Ce qu’il y a de certain, c’est que ni le mari, ni la femme ne peuvent trouver de mots pour exprimer leur surprise ; et il est indispensable qu’ils offrent un repas d’ébahissement aux amis les plus anciens et les plus chers qu’ils aient au monde ”
Charles Dickens,
L’Ami commun
(1865)
“ Vénéering n’a su comment exprimer la béatitude qu’il éprouvait d’avoir un ami doué d’une si haute capacité administrative. Cette mise en campagne de Boots et de Brewer l’enchante ; une idée vraiment électorale, et qui porte à s’y méprendre le cachet des affaires. Quittant Podsnap au galop, Vénéering s’est abattu chez les deux gentlemen, qui se sont ralliés avec enthousiasme, se sont élancés chacun dans un cab, et ont pris deux directions opposées. ”
“ M. Twemlow, d’autre part, ayant la conscience d’être beaucoup mieux né que Vénéering, considère le gros homme comme un âne mal appris. Pour trancher la difficulté, Vénéering s’approche de mister Podsnap en lui tendant la main, et lui affirme d’un air souriant qu’il est charmé de le voir. ”
Charles Dickens,
L’Ami commun
(1865)
“ Vénéering est plus que préparé à satisfaire ce désir ; car il a profité de la distinction sociale que lui a valu cette histoire, pour ajouter à ses anciens amis une demi-douzaine d’amis tout neufs. Encore un incident pareil, et il atteindra le chiffre d’amis qu’il ambitionne. S’adressant donc au plus désirable de ses voisins, tandis que sa femme s’empare de celui qui peut ensuite offrir le plus d’avantages, Vénéering plonge dans son récit, d’où il émerge vingt minutes après, tenant dans ses bras un directeur de la banque. ”
Charles Dickens,
L’Ami commun
(1865)
“ Il emmène les gentlemen ; et tous les quatre se dirigent au milieu des rires de la populace, vers une faible mairie, juchée sur des béquilles, au-dessus de quelques oignons, et quelques lacets de bottines, qui, d’après le confident de Britannia, constituent un marché. C’est de la fenêtre de cet édifice que Vénéering s’adresse à la terre attentive. Au moment où il se découvre, Podsnap, qui probablement en est convenu avec Anastasia, expédie ces trois mots par le télégraphe à cette épouse et mère : « Il va parler. » Vénéering se perd immédiatement dans ses détours oratoires. ”
“ Enfin le moment est venu d’adresser quelques mots de circonstance aux électeurs de Vide-Pocket, et Vénéering, accompagné seulement de Podsnap et de Twemlow, prend le chemin de fer pour se rendre à cet endroit retiré. Le confident de Britannia est à la station avec une voiture découverte, sur laquelle sont placardés ces mots comme sur un mur : Vénéering for ever ! (vive Vénéering.) Il emmène les gentlemen ”
Charles Dickens,
L’Ami commun
(1865)
“ Les Vénéering, qui ne se lassent pas d’inviter à dîner, ont, comme à l’ordinaire, prié tout le monde de leur faire l’honneur, etc., et quiconque veut manger encore une fois chez eux fera bien d’accepter, car il est écrit dans le livre du Destin, chapitre des Insolvables, que Vénéering fera la semaine prochaine une culbute retentissante. ”
“ « Dans ce cas-là, c’est leur faute, » répond mister Podsnap. Vénéering et d’autres anciens de la tribu louent cette manière de trancher la question : c’est à la fois, pour en sortir, un chemin de traverse et une grande route. ”
Charles Dickens,
L’Ami commun
(1865)
“ Vénéering est excessivement flatté ; mais il lui faut le temps d’aller chez certains individus et de s’assurer de leur concours. « C’est un devoir pour lui, dit-il, dans une occasion aussi grave, de demander à ses amis s’ils se rallieront à sa personne. » Dans l’intérêt même de son client, le gentleman ne peut accorder qu’un très-faible délai, car Britannia connaît quelqu’un qui est tout prêt à déposer six mille livres. Il donne cependant quatre heures à Vénéering. Celui-ci va trouver Anastasia ; il lui dit qu’il faut agir, et se précipite dans un cab. ”
“ Cérémonie terminée ; registre signé ; lady Tippins conduite par Vénéering. Équipages roulant vers Stucconia ; valets décorés de fleurs et de rubans. Arrivée chez Vénéering : salons magnifiques ; nombreux amis attendant l’heureux couple. Mister Podsnap : cheveux en brosse, dont on a tiré le meilleur parti possible. ”
“ Très-étonné de son intimité dans la maison, la fournée d’inconnus s’enhardit, croise les bras et commence à contredire Vénéering, même avant d’être à table. Pendant ce temps-là, mistress Vénéering apporte Bébé en costume de fille d’honneur, voltige de l’un à l’autre, et fait jaillir de ses rubis, de ses diamants et de ses émeraudes, des éclairs aux mille nuances. Enfin, le chimiste ayant conclu d’une façon satisfaisante les diverses querelles qu’il a cru de sa dignité d’avoir avec les garçons traiteurs, annonce le déjeuner. La salle à manger n’éblouit pas moins que les salons. Table superbe ”
“ Le curateur de la mariée : physique d’un homme d’affaires nourri de tourteau, larges lunettes à verres ronds, personnage du plus haut intérêt. Vénéering se précipite vers ce gentleman, son plus ancien ami (ce qui fait le septième, se dit Twemlow) . Comme il l’entraîne d’un air confidentiel, au fond de la serre, on pense qu’il est de moitié dans la gestion des biens de la jeune épouse, et qu’il va s’occuper de la fortune de celle-ci, dont l’apport est considérable. Les Tampons vont même jusqu’à dire à voix basse : « Tren-te mil-le li-vres ! » ”
Charles Dickens,
L’Ami commun
(1865)
“ Mister et Mistress Vénéering sont les nouveaux habitants d’une maison neuve, située dans l’un des quartiers neufs de Londres. Tout chez eux est battant neuf : la vaisselle est neuve, l’argenterie, les tableaux, la voiture, les harnais et les chevaux sont neufs. Eux-mêmes sont des gens neufs, et des mariés aussi neufs que le permet la naissance légale d’un bébé tout neuf. S’ils faisaient revenir un de leurs grands-pères, il arriverait du grand bazar bien et dûment emballé, sortirait de l’emballage, reverni des pieds à la tête, et n’aurait pas une éraillure ; ”
“ Il est donc ordonné au chimiste d’aller chercher la fleur de la fleur du caveau ; et il en résulte que le ralliement devient d’une expression de plus en plus difficile. Lady Tippins établit d’un air badin qu’il faut s’allier à ce très-cher Vénéering. Podsnap demande à se ralli-égosiller autour de cet honorable ami. Boots et Brewer sont tout prêts à se rallirallirouler ; et Vénéering, profondément ému, les remercie tous d’avoir bien voulu ralliraripailler autour de sa personne. ”
Paul Lacroix,
Le Moyen-âge et la Renaissance…
(1848)
“ Presque tous les termes de Vénerie, qu'on emploie encore de nos jours, se trouvent dans leurs ouvrages : ils les ont créés, consacrés, et la mode, qui change si souvent pour toutes choses, ne leur a point fait sentir son influence. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…
“ A quoi lui sert donc la Vénétie ? Uniquement à faire durer les inconvéniens d’un antagonisme dont elle ne possède plus les avantages qui en étaient la compensation. En gardant la Vénétie, elle entretient contre elle dans l’Italie un ennemi permanent ”
Charles de Mazade,
Le Comte de Cavour
“ Lorsque la vérité ne pourra plus être sérieusement contestée, le sort de la Vénétie éveillera d’immenses sympathies, non-seulement dans la généreuse France, dans la juste Angleterre, mais dans la noble Allemagne. Je crois que le temps n’est pas loin où la majorité de l’Allemagne ne voudra plus être la complice des malheurs de Venise. ”
Richard Cortambert,
Théâtre de la guerre et de la paix en 1859…
(1859)
“ La Vénétie, dépendance de l'Autriche, s'étend depuis le Mincio et le lac de Garde jusqu'à l'Adriatique, et depuis les Alpes Carniques et Cadoriques, au nord, jusqu'au Pô, au sud, entre le Tyrol et l'Illyrie, d'un côté, et les États de l'Eglise, de l'autre L'Adige, fleuve impétueux et presque rival du Pô par la majesté de son cours, parcourt la Vénétie; il vient du Tyrol, coule d'abord du nord au sud, puis de l'ouest à l'est, et se jette dans l'Adriatique, près et au sud des lagunes de Venise. ”
Jacques Trivolis, Histoire de Tagiapiera, sur-comite vénitien… (1875)
“ C'est pourquoi, seigneurs Vénitiens, vous qui portez la couronne et êtes, dans la chrétienté, la balance de la justice, réjouissez-vous tous en ce jour et remerciez Dieu d'avoir un tel lion qui fait votre orgueil en ce monde. 0 grande Seigneurie, très-illustre Venise, donnez-lui honneurs et richesses pour cette victoire ; car il est l'homme qu'il vous faut pour vos armements, lui qui va de l'avant comme un faucon, lui qui écrase et anéantit les Turcs d'un côté et de l'autre. ”
Léon Dansaert, Un banquet célèbre. suivi de l'âme de l'Italie…
“ La Venétie est toujours un nom qui vibre et qui résonne, au fond de tous les coeurs ardents, pour les nobles infortunes et pour les grandes causes. A ceux qui diraient : le sort en est jeté! Venise est irrévocablement à l'Autriche, à ceux-là nous répondrons : il n'y a pas de droit contre le droit. ”
Théodore de Foudras,
La vénerie contemporaine : histoire anecdotique des veneurs…
(1861-1866)
“ Le Traité de Vénerie n'est pas seulement un ouvrage instructif, utile à ceux qui pratiquent, il est aussi pour tout le monde une lecture attrayante, c'est-à-dire un de ces volumes agréables au fond et élégants dans la forme dont la place est tout aussi bien marquée sur la table d'un salon peuplé de belles oisives, que sur les rayons d'une bibliothèque uniquement hantée par de vieux savants. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Lettre CLXVI
“ C’est un beau jour et un grand moment dans son règne que la remise de la Vénétie entre ses mains. Ce pays-ci, déjà si gâté, saura-t-il apprécier la grande et glorieuse situation que son chef lui a faite ? ”
Gustave Gobert, La vénerie : colonie de vacances et école de plein air à Signy-l'Abbaye… (1945)
“ Et cependant les bâtiments sont debout. Et, plus que jamais, les gosses ont besoin d'air pur. Les Ardennais ne sont pas gens à geindre, à se lamenter, à se décourager. Pour créer « La Vénerie », ils sont partis de zéro et, en 1939, ils pouvaient être fiers des résultats. Aujourd'hui il ne leur reste qu'à recommencer. Les fondateurs sont encore là, avec vingt-deux ans de plus ; ils vont se remettre à l'œuvre, en attendant de passer le flambeau à de plus jeunes. Mais ils sont certains que nombreux seront les amis, anciens et nouveaux, de « La Vénerie » qui les aideront dans leur tâche. ”
Joseph Roux, Souvenirs du bocage vendéen (1898)
“ Ils étaient beaux ainsi, ces valeureux soldats, Qui voulaient implanter chez nous leur république ! Le Vendéen priait, lorsque ce cri : « Rends-toi! » Comme un arrêt de mort, sortit des dix poitrines. Le front resplendissant de lumières divines, Le chrétien répondit : « Bourreaux, regardez-moi ! « Suis-je donc un enfant qu'on prend par les alarmes?... Sachez qu'un Vendéen est un homme de coeur, Qui préfère la mort à votre déshonneur. Vous êtes dix contre un... c'est bien! prenez vos armes! » Et les lâches frappaient... et leur glaive cruel Se rougissait du sang de la pure victime. ”
Edmond Christophe, Vénerie, louveterie, fauconnerie… (1910)
“ Celle expression connue résume toute mon admiration pour ces documents complets, parfaits, suprêmement intéressants pour la Vénerie et qui, animés par la plume de M. de Marolles, constituent d'immuables pages d'histoire pour notre Vénerie. Bravo donc aux trois collaborateurs : Christophe, Marolles, Dubosc. Numéro Deus impare gaudet. Dieu, en la circonstance, ce sera le public intéressé, et le public va vous faire un succès sûr auquel j'applaudis d'avance ! ”
Pierre-Jean-Baptiste Nougaret,
Beautés de l'histoire de la Savoie et de Genève…
(1818)
“ La Vénerie est la principale maison de plaisance du roi de Sardaigne. Les bâtimens qui la précèdent forment un gros bourg, à l'extrémité duquel est une place ovale, environnée de portiques et ornée de chaque côté d'une colonne de marbre. De la on arrive au château , dont on vante certaines parties de détail, spécialement un superbe salon, et la grande galerie, plus élevée et plus longue que celle de Versailles. On compte de la Vénerie à Turin près de trois lieues, qui se font par un chem in bordé de mûriers blancs. ”
Joseph Méry,
Les nuits espagnoles
(1859)
“ Cette grande journée mit le prince Venieri à la mode, et il ne fut plus question que de lui dans tout Venise. Chacun voulait connaître ou citer quelques traits de la vie de ce jeune et brillant seigneur, qui venait de conquérir, à Venise, le sceptre de l'échiquier, ce qui, à cette époque, était une gloire au-dessus de toutes les gloires. Or voici ce qu'on apprit généralement sur le compte du prince Venieri. C'était l'Alcibiade de Venise ; il était encore plus terrible et redoutable au jeu de l'amour qu'au jeu des échecs. ”
Teodor Tomasz Jeż, Les Uscoques : la patricienne de Venise… (1882)
“ Tous les yeux des jeunes gens se dirigèrent sur la signorita, dont les traits avaient perdu leur pâleur, et qui ressemblait en ce moment au génie de Venise. Elle paraissait plus grande que d'ordinaire; son front pur, classiquement modelé et couronné d'une tresse noire et épaisse, rayonnait de fierté ; dans ses yeux noirs, ombragés de si longs cils et surmontés de sourcils si beaux que Vénus ellemême les lui aurait enviés, éclatait l'assurance de soi-même ; sur ses lèvres, dont l'éclat aurait pu rivaliser avec les teintes de l'aurore, tremblait un léger sourire ironique. ”
Maurice Barrès,
Amori et dolori sacrum: La mort de Venise
“ Le mouvement de l’oiseau, son frisson qui monte jusqu’à son cou en soulevant un peu son duvet, c’est le geste de la Vénitienne écartant soudain les coudes pour rouler son châle sur la nuque, pour mieux en disposer les plis. Et puis, son regard si honnête, si doux, content de plaire à l’étranger sans mauvaise pensée, moins d’une femme qui connaît son prix que d’un bon animal qui promène et lustre, comme veut la nature, sa beauté!Les gens du peuple, à Venise, sont pauvres, très pauvres. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ On dit en termes de Vénerie, aller sur soi, se sur-aller, se sur-marcher, pour dire, revenir sur ses erres, sur ses pas, repasser par le même chemin. Decursum tramitem remetiri. Aller de bon temps, c’est-à-dire, qu’il y a peu de temps que la bête est passée, & alors on dit, les Véneurs alloient de bon temps, lorsque le Roi arriva. Aller d’assurance, c’est-à-dire, que la bête va au pas le pied serré & sans crainte. ”
“ Il lui sembla qu’on froissait le rideau. — Vous savez, monsieur de Vénérande, dit-il d’un ton boudeur, même entre hommes ce n’est pas convenable... Vous regardez ! Je vous demande si vous seriez content d’être à ma place. Et il pensa que cette femme voulait absolument qu’on lui sautât dessus. — Elle sera bien plus attrapée, ajoutat-il de très mauvaise humeur, les sens tout apaisés par les fraîcheurs de son bain, et il passa un peignoir. ”
