Cte E. de Kératry

Résumé

Cte E. de Kératry Revue des Deux Mondes

La route d’Altamira, qui devait nous conduire dans cette ville d’abord, puis à Santa-Barbara, à Tula, et de là à San-Luis, s’engage, à deux kilomètres de Tampico, sous les voûtes d’une splendide forêt vierge. Des deux côtés se cachent à l’ombre de grands arbres à caoutchouc des cahutes d’Indiens, entourées de champs de maïs et de bananiers. A l’aspect de nos vestes rouges, des enfans nus et effarés se sauvent dans les touffes de bambous. Plus loin, le chemin devient désert, c’est partout un long silence
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En sortant de la capitale du Tamaulipas, si on se tourne vers le golfe du Mexique, on domine au loin l’horizon. Le pays, couvert d’un vaste manteau de verdure aux teintes monotones, parait plat ; mais dès qu’on s’est engagé sous la forêt, ravins et mamelons, torrens desséchés et cours d’eau retardent la marche. Le tracé de Vittoria à Sotto-Marina compte trente-deux lieues, toujours à travers bois : tracé est vraiment la seule dénomination qui convienne à ces coupures faites jadis dans la broussaille par les Espagnols ; les Mexicains, qui n’ont rien créé, ont tout laissé dépérir.
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Ces points blancs sont les villes de Ximenès, Padilla et Guemès, qui marquent presque les étapes du tracé de San-Fernando à Vittoria : ce sont aussi des haciendas jadis florissantes, aujourd’hui le dernier asile des Indiens que la guerre n’a pas encore arrachés au sol, et qui, à la vue de tous leurs souvenirs et de toutes leurs croyances dispersés, de leurs temples livrés au pillage, commencent à se corrompre au contact des vices de leurs maîtres ou à désespérer de leur sort.
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