Résumé

Pierre Sonnerat  Voyage aux Indes orientales et à la Chine

Les Chinois devant servir de base à leur système, il falloit qu’ils représentassent le despote qui les gouvernoit, comme un Prince jouissant d’une autorité sacrée & absolue sur des peuples innombrables, & cachant sa politique & ses décrets sous un voile impénétrable au vulgaire : ils devoient présenter en même-tems les Chinois comme un peuple doux, humain, heureux & satisfait sous la conduite d’un tel père, habile dans l’agriculture, le commerce & les arts, régis par des loix sages, & dans la position morale & civile que tous les hommes doivent ambitionner.
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Pierre Sonnerat  Voyage aux Indes orientales et à la Chine

Cependant comme le chef n’a guères en vue que de s’emparer de ses esclaves & des troupeaux, il laisse la liberté aux parens. C’est ainsi que dans un pays soumis à des loix aussi barbares, chacun est forcé de cacher ce qu’il posséde, s’il veut échapper à l’oppression des chefs : ceux-ci ne risquent point d’être esclaves, car dès qu’ils sont pris à la guerre, ils sont aussi-tôt sagayés.
L’île de Madagascar est divisée en petites souverainetés ; chaque village a son chef, qui vit comme indépendant : la royauté y est héréditaire.
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Pierre Sonnerat  Voyage aux Indes orientales et à la Chine

On ignore dans ce pays jusqu’à la manière de transplanter les arbres, de les couper & de les greffer : leurs jardins ne ressemblent à rien ; ils n’offrent pas même d arbres fruitiers, à moins qu’ils ne s’y trouvent plantés par la Nature. On est bien éloigné d’y trouver, comme dans les jardins Européens, les plantes des quatre parties du monde : un rocher factice, un petit pont, un belvéder & quelques labyrinthes, en font tout l’ornement. Cette agriculture si vantée se réduit à planter du riz, qu’un malheureux enfoncé dans l’eau jusqu’aux genoux, met dans des trous sur les bords des rivières.
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