René Vallery-Radot

René Vallery-Radot

Résumé

Portrait de René Vallery-Radot René Vallery-Radot La vie de Pasteur (1900)

Toutes les nuits il avait la fièvre. Ce petit Meister qu'il avait vu jouer dans le jardin, une brusque vision, dans des insomnies invincibles, le lui représentait malade, étouffant de rage comme jadis le petit malade de l'hôpital Trousseau.
Vainement son génie expérimental l'assurait que le virus de la plus terrible maladie allait être vaincu, que l'humanité serait délivrée de cet effroi, le fond de sa tendresse humaine l'emportait sur tout le reste. Si toute souffrance, toute inquiétude des autres devenait sa propre souffrance et sa propre inquiétude, qu'était-ce devant « ce pauvre petit » !
Source : Gallica

Portrait de René Vallery-Radot René Vallery-Radot La vie de Pasteur (1900)

De son regard profond et clair, où brillaient le génie et la bonté, plus précieuse encore aux hommes que le génie ; de ses lèvres qui rencontraient, sans les chercher, la puissance et la tendresse des mots, Pasteur savait consoler; il pouvait même, tant l'influence de son affection était douce, soustraire l'esprit d'un mourant à l'étreinte de la réalité. La gloire, qu'il aimait parce qu'elle augmentait le patrimoine de la France, il en parlait à Perraud avec une foi ardente.
Source : Gallica

Portrait de René Vallery-Radot René Vallery-Radot La vie de Pasteur (1900)

Jamais groupe ne fut, en vérité, plus étroitement uni. Lorsqu'on souriait à Paris de la question des vers à soie, en demandant s'il fallait la rapprocher de la question d'Italie ou de la question d'Allemagne, Pasteur, — qui était le moins ironique des hommes, car il regardait les rires et le scepticisme des plaisantins comme une forme dissolvante de l'activité humaine, —pensait aux ravages du fléau, depuis la plus petite magnanerie, où le paysan mettait dans l'élevage des vers à soie l'espoir du pain, jusqu'aux grandes filatures dont la fortune touchait à l'intérêt du pays.
Source : Gallica

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