Théophile Anger,
Notes de guerre, de Théophile Anger…
(1914)
“ L'Empereur se lève de table au milieu du dîner et une heure après nous recevons l'ordre de partir immédiatement pour Sedan. Je n'ai jamais rien vu de plus triste que cette retraite ou cette fuite. Nous partons au milieu d'une nuit très obscure, un homme avec une lanterne nous précède et nous sortons par une porte de derrière seuls, un à un, mornes, silencieux. Nous arrivons à la gare où au bout d'un quart d'heure arrive un train spécial qui doit nous emmener à Sedan. Si l'obscurité de la nuit eût permis de voir les visages, plus d'un aurait été vu les larmes aux yeux et la honte au front. ”
