Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ Albéroni craignoit encore plus ses ennemis personnels que ceux qui ne l’étoient que pour le bien de l’État. Il étoit donc fort en peine de ce que feroit Giudice contre lui, quand il seroit arrivé à Rome. Ce cardinal, qui depuis sa disgrâce ne se possédoit plus, s’étoit échappé dans une harangue qu’il avoit faite à l’inquisition sur les intentions de la reine, et sur la captivité où elle retenoit le prince des Asturies, dont en même temps il fit l’éloge. Albéroni ne manqua pas d’exagérer à Rome l’ingratitude du cardinal, et tous les bienfaits qu’il avoit lui et les siens reçus de la reine. ”
