“ Toutes & quantefois que le saint Empire viendra à vaquer, l’Archevêque de Mayence aura le pouvoir qu’il a eu d’ancienneté, d’inviter par Lettres les autres Princes ses Confrères de venir à l’élection. ”
Archevêque de Mayence
Définition et enjeux
Citations sur “Archevêque de Mayence”
E. Marillier, Autour de la légende et de l'histoire (1907)
“ Quand un nouvel archevêque était nommé, il venait faire à Eltville une entrée solennelle. Le gouverneur lui présentait les clefs de la ville. Alors le prélat, cuirassé comme un chevalier, ayant sur la tête le bonnet de velours rouge orné de plumes de paon, prenait possession du château. Derrière lui venaient ses chanoines, son maréchal de cour, ses échansons, ses laquais et la foule des serviteurs. Bien que l'archevêque de Mayence fût un prince puissant dans l'Empire, primat de la Germanie, supérieur aux rois et aux empereurs, il lui fallait s'incliner devant les usages de ses gens du Rhin. ”
E. de Cazalès, Revue des Deux Mondes
“ Indépendamment de leurs attaques contre l’autorité du pape, les électeurs ecclésiastiques encourageaient ou toléraient la propagation de la nouvelle philosophie française, qu’ils laissaient enseigner dans leurs universités, en même temps que les livres et les journaux travaillaient à la répandre dans le peuple. Pendant que l’archevêque de Mayence accueillait avec distinction à sa cour le fameux abbé Raynal, les chanoines à seize quartiers et la noblesse des électorats travaillaient de concert à faire des prosélytes aux doctrines prêchées par cet écrivain et par les philosophes du temps. ”
Victor Hugo,
En voyage, tome I
“ Willigis, premier électeur en 1011, et Bardo, fondateur du dôme en 1050, se tiennent gravement debout sur le pourtour du chœur, dominé au-dessus du dais asiatique de l’archevêque par le groupe équestre de saint Martin et du pauvre. À l’entrée du chœur se dressent, dans toute la pompe mystérieuse du grand prêtre hébraïque, Aaron, qui représente l’évêque du dedans, et Melchisédech, qui figure l’évêque du dehors. L’archevêque de Mayence, comme les princes-évêques de Worms et de Liège, comme les archevêques de Cologne et de Trèves, comme le pape, réunissait dans sa personne le double pontife. ”
“ Guillaume de Hagen, greffier de la ville en 1270, raconte dans sa Petite Chronique manuscrite, malheureusement lacérée pendant l’occupation française et dont il ne reste plus que quelques feuillets dépareillés à Darmstadt, qu’en 1247, sous le règne de ce même archevêque de Mayence Siegfried, dont le tombeau fait dans la cathédrale une si redoutable figure, un vieux astrologue nommé Mabusius fur condamné à la potence comme sorcier et devin et conduit, pour y mourir, au gibet de pierre de Lorchhausen, lequel marquait la frontière de l’archevêque de Mayence et faisait face à un autre gibet qui marquait la frontière du comte palatin. Arrivé là, comme l’astrologue refusait le crucifix et s’obstinait à se dire prophète, le moine qui raccompagnait lui demanda en raillant en quelle année finiraient les archevêques de Mayence. ”
Micheli Ducrost, Mémoire historique et critique sur la généalogie de la maison de Lorraine… (1764)
“ Enfin l'Archevêque de Mayence s'étant rendu au camp. de l'Empereur avec Conrad, il engagea celui-ci à faire fa paix avec l'Empereur, misérablement; mais fans pouvoir éngager Lidolfe à faire de même: Au contraire ayant préféré de continuer lui seul la guerre, elle dura encore quelque tems, & caufa de grands maux au pays, ce qui fit que Lidolfe se trouvant laffé, prit enfin le parti de se jetter aux genoux de l'Empereur, & de fe foumettre à fa volonté. Peu après, l'Archevêque de Mayence, Frederic, tomba malade, & mourut. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
(1877)
“ On voit qu’en 742 Carloman créa archevêque de Mayence ce même Boniface qui, depuis, sacra Pépin par reconnaissance. Il reste encore beaucoup de monuments du pouvoir qu’avaient les rois de disposer de ces places importantes ; plus elles le sont, plus elles doivent dépendre du chef de l’État. Le concours d’un évêque étranger paraissait dangereux, et la nomination réservée à cet évêque étranger a souvent passé pour une usurpation plus dangereuse encore. Elle a plus d’une fois excité une guerre civile. ”
Nestor V. L. Albert, Histoire de Mgr C.-F. de Thiollaz… (1907)
“ « Chacun de nous, disent les Pères du grand concile de Mayence ouvert le 8 juin 813, en confiant ses avoirs à l'Eglise, les offre à Dieu, à ses saints et non à quelqu'un d'autre. Bien plus, même les Rois et les Empereurs, qui ont comblé les églises de bienfaits, voulurent què leurs dons fussent à perpétuité le bien propre de ces Eglises. » ”
Albert Grosse-Duperon, L'église de Notre-Dame de Mayenne… (1911-1912)
“ Est-il étonnant, lorsque l'on connaît la situation précaire de beaucoup de prêtres, de voir les habitués nécessiteux de Notre-Dame de Mayenne se coaliser pour détacher quelques miettes du casuel de l'église. Ils luttent pour la vie, envient les prêtres de l'ordinaire, qui assurent l'exercice régulier du culte et auxquels une préférence légitime est pourtant réservée, et s'en prennent aussi au curé dont ils suspectent l'impartialité et même la loyauté dans le maniement et la répartition des fonds affectés aux services religieux. ”
Isidore Boullier, Mémoires ecclésiastiques concernant la ville de Laval et ses environs… (1846)
“ Il est constant que, dans le clergé constitutionnel, se sont trouvés des hommes sincèrement attachés à la foi, mais entraînés dans le schisme par des préjugés, par ambition, ou par d'autres effets de la fragilité humaine ; rien ne s'oppose, selon nous , à ce qu'on range l'évêque de la Mayenne dans ce nombre. ”
Jules Michelet,
Revue des Deux Mondes
“ Belle suite de statues donnant l’histoire de l’art et indiquant aussi que tous ces archevêques électeurs de Mayence devaient être de fortes têtes politiques. Plusieurs singulièrement fines et spirituelles. Au XIIIe et au XIVe siècle, ils ont pu, comme Aichspalt, sortir encore du peuple. Mais à mesure qu’on s’éloigne de l’époque féodale, les statues de prélats s’entourent de blasons, ce qui veut dire que les évêques appartiennent désormais, exclusivement, à de grandes familles. ”
Alphonse Kannengieser, Ketteler et l'organisation sociale en Allemagne (1894)
“ De notre temps, c'est de Mayence aussi, comme nous l'avons vu plus haut, qu'est partie l'étincelle électrique qui a rallumé partout le flambeau de la foi et rendu le mouvement et la vie au catholicisme allemand. En 1848, environ 200 catholiques, parmi lesquels 23 membres du Parlement de Francfort, se réunirent dans l'une des salles du palais électoral de Mayence pour discuter les intérêts religieux et politiques de leur patrie. On tenait la première assemblée générale des catholiques allemands. ”
H R Blandeau, Patriotisme du clergé catholique et des ordres religieux pendant la guerre de 1870-1871 (1873)
“ Nous avons, de plus, messe avec sermon français tous les mardis et jeudis, dans une des plus grandes églises de Mayence. Tous les prisonniers français trouvent l'occasion de s'approcher des sacrements. Nous avons la permission de faire conduire, tous les jours, deux compagnies à l'église du Grand-Séminaire; il y a tous les soirs une centaine de soldats qui viennent se confesser, et le lendemain ils reviennent pour la sainte communion ; un de nous leur donne chaque fois une instruction et tous reçoivent, à cette occasion, un petit livre de prières en souvenir de leur communion à Mayence. ”
Henri Guillaume Maratu, Girard, évêque d'Angoulême, légat du Saint-Siège… (1866)
“ « dons la même indulgence aux clercs de tous ordres, « que leur vie et leur science rendent dignes de « cette faveur (1) . » Transportée d'un saint zèl, la diète de Mayence avait, en effet, usé envers les schismatiques d'une certaine rigueur : les évêques coupables de schisme avaient été immédiatement chassés de leurs sièges, et tous les clercs ordonnés par eux suspendus de leurs fonctions, jusqu'à nouvel examen. ”
Biographie de l'abbé Mayneau de Béziers (1860)
“ L'abbé Mayneau, en qualité de chef protonotaire apostolique de France, délégué du Pape, constitua de son droit légal et de son choix les juges, le président, les juges adjoints, les huissiers et les promoteurs fiscaux ; il leur fit prêter après; lui, tenant la main sur l'évangile, serment de fidélité aux constitutions romaines, au pied de l'évêque du lieu, qui les agréa avec une douce satisfaction. ”
Biographie de l'abbé Mayneau de Béziers (1860)
“ Après avoir examiné tout de ses propres yeux, bien mûrement et fort sagement; l'immortel Atta, patriarche-archevêque de la Palmyrène, nomma l'abbé Mayneau, vicaire-général de Palmyre, capitale de son diocèse oriental, dans la Syrie; cette proclamation solennelle, reconfirmée le lendemain, fut faite en présence de nombreux laïques et de plusieurs ecclésiastiques, dans la sacristie de l'église de Saint-Aphrodise, à cinq heures du soir, le 16 février 1888, à Béziers, département de l'Hérault. ”
Édouard Henry, Notice sur la "Correspondance du duc de Mayenne"… (1860)
“ Il est encore plus intraitable quand il s'agit des libertés de l'Eglise gallicane et du concordat. La cour romaine n'est pas fâchée de la circonstance pour empiéter un peu sur le temporel et se payer ellemême de ses avances. D'abord elle obtient pour les cardinaux amis de la cause « de bonnes et grasses » abbayes} puis, sans nomination ou présentation, elle donne des bulles à quelques particuliers. Le conseil d'Etat, le parlement de Paris, tous les parlements de France jettent les hauts cris, et Mayenne écrit à son ambassadeur, écrit au pape, comme un homme déterminé à ne rien céder. ”
Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques… (1914)
“ L'instigation du congrès catholique de Mayence fut due à Adam François Lennig,prêtre de Mayence : profitant des libertés nouvelles que l'année 1848 ménageait aux citoyens, il groupa, dans Mayence, quatre cents catholiques. Çà et là, en Allemagne, des associations se fondèrent, à l'exemple de Mayence; et au mois d'octobre 1848, dans la grande salle de l'ancien palais des princes-évêques de Mayence, s'ouvrit le premier congrès des associations catholiques allemandes. ”
Albert Grosse-Duperon, L'église de Notre-Dame de Mayenne… (1911-1912)
“ Office solennel double avec chapes blanches, fondé par François Tribondeau, curé de Mayenne, moyennant une rente de 20*. La veille, premières vêpres et complies ; le jour, matines, procession à la chapelle des Capucins ; elle était précédée du chant, à genoux, du « Veni Sancte Spiritus », et de l'oraison du Saint-Esprit. En quittant l'église, chant du « Veni Creator ». Les enfants de choeur continuaient par les litanies de la Sainte-Vierge et de Saint-François, qui étaient terminées aux Capucins pendant que le curé se préparait à y célébrer la grand'messe. ”
Albert Grosse-Duperon, L'église de Notre-Dame de Mayenne… (1911-1912)
“ On ne s'explique guère cet usage, car il semble qu'un catholique doit tenir à honneur de se rapprocher de l'autel sur lequel s'offre le sacrifice. Il est à supposer que la noblesse, n'ayant pas de bancs réservés près du choeur, ne voulut point se placer au-dessous des officiers royaux et seigneuriaux et affecta de s'en séparer. De nos jours, certaines familles trouvent encore de bon ton, sans doute, d'avoir, autant que possible, leurs chaises au bas de la nef. Il en est de même à Saint-Martin de Mayenne. ”
Albert Grosse-Duperon, L'église de Notre-Dame de Mayenne… (1911-1912)
“ Il est à remarquer que la population aisée de Mayenne ne se montra pas, en général, généreuse envers l'église elle-même. Elle y fit des fondations, mais son entretien la laissa presque indifférente. Le peu d'aisance des habitants en était une cause ; la discorde qui exista entre les ecclésiastiques, puis entre le curé et les laïques, y contribua dans une certaine mesure. La création des couvents des Capucins et du Calvaire fit aussi déserter de l'église paroissiale les personnes les plus pieuses. ”
Machiavel, Oeuvres littéraires de Machiavel… (1884)
“ D'après une pragmatique obtenue depuis fort longtemps des souverains pontifes, les bénéfices sont conférés en France par le clergé même 1. Ainsi, quand un archevêque ou un évêque meurt, les chanoines se rassemblent, et confèrent le bénéfice à celui d'entre eux qu'ils en croient le plus digne. Ils sont rarement unanimes dans leurs assemblées, parce qu'il s'y trouve toujours quelques membres favorisés par leurs richesses, tandis que d'autres ne le sont que par leurs vertus et leurs bonnes oeuvres. Les moines suivent la même règle pour l'élection de leurs abbés. ”
Albert Grosse-Duperon, L'église de Notre-Dame de Mayenne… (1911-1912)
“ « Puissent servir, pour le salut des âmes, les larmes ver- « sées à sa mort ». Mai 1828. — Jean-Louis-Anne-Madeleine Lefebvre de Cheverus, archevêque de Bordeaux, est nommé par le ( 1) V. Ville et Pays de Mayenne, p. 459. roi président du Conseil électoral de Mayenne. Il préside à ..Mayenne la procession du premier dimanche de la. Fête-Dieu ( 1) . 1828. — Félix Arcanger, né à Beanmont-la-Ghartre, professeur au séminaire du Mans, nommé curé de Notre-Dame, y est installé par Bonrmault, vicaire général du Mans, le 29 juin 1828. ”
Abbé Cavalié, Abrégé de la vie de l'abbé T.-J. Mayneau… (1829)
“ Le président nomma le curé Mayneau député, avec autorisation de faire ce qu'il jugerait convenable pour mettre la paix dans cette paroisse. L'abbé Mayneau, après avoir reçu l'avis du président du comité, monte à.cheval, et se rend de suite à la succursale où était le désordre : il va trouver le curé comme étant le plus vieux; et, comme c'était le curé qui avait fait destituer le précepteur, il était à craindre que son amour-propre ne voulût pas le mettre en place, et il n'y avait que ce seul moyen pour mettre la paix ”
H R Blandeau, Patriotisme du clergé catholique et des ordres religieux pendant la guerre de 1870-1871 (1873)
“ Un grand nombre de prêtres sont occupés dans les différentes villes à évangéliser et à secourir les pauvres soldats français. C'est ainsi qu'à Mayence, sans compter le clergé, se trouvent MM. Strub, Bailly et autres; à Cologne, des jésuites et des lazaristes ”
Albert Grosse-Duperon, L'église de Notre-Dame de Mayenne… (1911-1912)
“ L'exposé de quelques ordonnances et sentences suffiront à en faire connaître la nature. Lors d'une visite pastorale, en septembre 1618, l'évêque du Mans, Charles de Beaumanoir de Lavardin, avait ordonné que les prêtres originaires de Mayenne fussent admis et reçus à Notre-Dame au nombre des prêtres habitués. Ceux-ci, interprétant l'expression « prêtres habitués » comme synonyme de « prêtres de l'ordinaire », veulent user des droits de ces derniers, en sorte que l'église se trouve avoir vingt prêtres de l'ordinaire au lieu de sept, qui suffisaient précédemment pour assurer le service. ”
Albert Grosse-Duperon, L'église de Notre-Dame de Mayenne… (1911-1912)
“ Sa reconstruction demanda cinquante ans. Elle n'eut rien de monumental et ne lut achevée que vers 1100. Pendant ce temps-là, les paroissiens de Notre-Dame se rendirent à Parigné. Ni les habitants, ni le seigneur de Mayenne ne s'étaient empressés de rétablir Sainte-Marie. Au commencement du siècle suivant, un prêtre hors de la discipline de l'Eglise administrait la paroisse et ses ouailles s'en écartaient : au prieuré de Saint-Martin de Mayenne habitaient les moines de Marmoutier, et leur régularité et leurs vertus contrastaient avec le relâchement du clergé séculier. On les préférait. ”
Toussaint Jacques Mayneau, Traité des abus de la France et du haut clergé… (1829)
“ La fureur de ses ennemis augmenta; un vicaire général, dont la ruse était inconcevable lui conseilla de faire sa démission et de se rendre à une telle paroisse vacante par la mort du curé, et d'y faire apporter les meubles, et qu'il recevrait les ordres de l'évêque poifr diriger cette église de première classe ; il fit ce qu'on lui dit et se rendit au lieu destiné; mais ce jeune homme fut joué de la manière la plus comique; on trompa sa religion, et très-aisément, parce qu'étant religieux de bonne foi, il croyait ses chefs comme lui, incapables de fraude. ”
Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques… (1914)
“ Les catholiques d'Allemagne, rassemblés à Mayence, s'affirmaient ainsi comme les adversaires du vieil esprit joséphiste. Un autre trait qui fait l'importance du congrès de Mayence, ce fut la poussée des catholiques vers la besogne sociale : Ketteler, qui allait prochainement devenir évêque, s'écria dans un toast, à la fin du congrès : « Mon dessein est de vous inviter à agir de vos cœurs et de vos bras pour le bien du pauvre peuple, à marcher comme auxiliaires aux côtés de la pauvreté; » et Ketteler buvait aux pauvres. ”
Albert Grosse-Duperon, L'église de Notre-Dame de Mayenne… (1911-1912)
“ François Yvard, sacristain, François Lefèvre et Robert Lestoré, prêtres habitués de l'église Notre-Dame, Ambroise Gastin, sieur de la Roche, Michel Chérot, sergent au duché de Mayenne, Jean Guyotte, frère de maître Simon Ballesguier, prêtre sacristain de Mayenne, Robert Girard, neveu de maître Robert Hervé, chapelain de ladite église, écolier, étudiant à Mayenne, Jean Hugues, fourbisseur d'épées, Mathurin Robien, Pierre Madré, Guillaume Guyard, espéronnier et autres paroissiens de Mayenne, Mathurin Hérault, sieur de la Touche, demeurant à Montourtier, Jean Brocier, de Laval, etc. ”
