Causse d'Antin

Définition et enjeux

Alphonse Bertrand Revue des Deux Mondes

Avec un zèle et une constance qui ne se démentent point, d’Antin s’occupe aussi de chercher des pensionnaires dignes d’être envoyés à Rome, ne ménageant pas les éloges et les encouragemens à ceux qu’il en croit dignes, ne détestant rien tant que la médiocrité et le mauvais goût : « Ne souffrez jamais, écrit-il, pour quelque considération que ce soit, que les travaux mauvais de vos élèves paraissent en public. »
A dire vrai, pendant toute la durée de sa surintendance, le duc d’Antin fut, comme l’avait été Colbert, le véritable directeur de l’Académie de Rome.
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Alphonse Bertrand Revue des Deux Mondes

Il est des cas, pourtant, où d’Antin ne se montre pas aussi dédaigneux des nouvelles que lui envoie Poërson. S’il est excellent administrateur, il est aussi homme de cour. Au moment, par exemple, où les intrigues d’Alberoni prennent à Rome de l’importance, d’Antin, sachant combien le Régent s’en préoccupe, mande à Poërson : « Continuez à me faire part de tout ce qui vient à votre connaissance. Ce n’est pas à vous de garantir la vérité de ce qu’on débite. Il suffit que vous rendiez les choses comme on vous les donne. »
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Portrait de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon Mémoires

Il étoit vrai que, le roi subjugué par lui, il étoit hors de portée du refus. Mais la prostitution des dignités et l’outrecuidance française y portoit des gens que le roi ne vouloit ni faire ni mécontenter. Mais la raison intime, et que d’Antin avoit bien sentie, étoit la jalousie du roi contre ses favoris, dont il redoutoit autant l’apparence d’être gouverné, comme il leur en abandonnoit la réalité de bonne grâce. La faveur si éclatante de d’Antin n’avoit pas besoin d’un nouvel accroissement aux yeux du monde
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