Eugène Forcade, Revue des Deux Mondes
“ M. Chandos est pâle, très pâle, et sa belle physionomie, quoique calme et reposée, est doucement voilée d’une ombre de mélancolie. On ne peut rien concevoir de plus raffiné, de plus élégant que son air. ”
Eugène Forcade, Revue des Deux Mondes
“ M. Chandos est pâle, très pâle, et sa belle physionomie, quoique calme et reposée, est doucement voilée d’une ombre de mélancolie. On ne peut rien concevoir de plus raffiné, de plus élégant que son air. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Le sampan s'abîma sous les eaux. Khasji nageait déjà, soutenant la jeune fille que Chandos encourageait de la voix. Paul-Louis, que le remous avait entraîné d'abord, reparut bientôt et s'empressa de rejoindre ses amis. A une centaine de mètres sur la droite, le chapeau de l'Annamite se montrait comme un point blanc nageant vers les palétuviers. « Hurrah! nous sommes au complet, » cria Chandos que sa bonne humeur n'abandonnait jamais et qui était toujours porté à regarder un bain froid comme une fête. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ « Florry!. Où êtes-vous? » criait-il. Ce fut seulement après avoir tenu la jeune fille dans ses bras, qu'il parut bien certain de la revoir vivante, et daigna s'apercevoir de la présence de M. Gloaguen et de Chandos. « Il paraît que nous sommes sauvés par-dessus le marché! s'écria gaiement l'archéologue, en serrant à son tour Paul-Louis contre son sein. — Nous ne sommes que des comparses dans le drame! » ajouta Chandos. Les yeux humides de Khasji qui venait de suivre Paul-Louis et qui embrassait en pleurant le fils de son bien-aimé colonel, démentaient assez ce jugement. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Le sang de Chandos bouillait dans ses veines. Il avait soif de se battre au moins autant qu'il avait besoin de manger. Il aurait voulu faire quelque chose pour sauver sa sœur et son oncle, il courait autour de la grotte comme un jeune cheval de bataille, en cherchant un projectile qu'il pût jeter à la tête du Rana. Mais les projectiles n'abondaient pas, à moins de considérer comme tels les in-douze de la bibliothèque. « Que n'avons-nous un fusil ou seulement un revolver! murmurait Chandos. On tuerait le brigand comme un cheval dans le trou où il s'est muré lui-même. » ”
Eugène Forcade, Revue des Deux Mondes
“ La destinée du fils de Miriam était d’avance contenue dans ces tristes scènes d’enfance. Pour le dérober au mauvais vouloir des siens, Calantha l’envoie dans une école. M. Chandos paie la pension. Gédéon joint à une riche nature les qualités que féconde l’éducation hâtive du malheur, la sensibilité profonde, la réflexion précoce, la fierté intérieure. Ses succès dans ses premières études engagent M. Chandos a l’envoyer à Oxford. Il devient un des membres les plus remarquables de l’université et un des jeunes gens les plus distingués de son âge. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Paul-Louis et Chandos en particulier étaient vivement intéressés par tout ce qu'ils voyaient. Ils s'arrêtaient devant des boutiques en plein vent, garnies d'objets inconnus, de comestibles bizarres, d'ornements fantastiques; ils s'amusaient à regarder une bande d'enfants assis à terre, en cercle, jouer au volant en se le renvoyant, non avec la main, mais avec le pied, le coude ou la tête; ils suivaient de l'œil un pauvre coolie achetant au prix d'une sapèque une noix d'arec, une tasse de thé ou une cuillerée de saumure, qui devait constituer tout son dîner. ”
Voltaire,
La Pucelle, poème en vingt-un chants…
(1842)
“ Vous pourriez bien risquer ici le vôtre, Lui dit l'Anglais ; nous savons l'un et l'autre Notre portée ; et Jean Chandos peut bien Lorgner un dos, mais non montrer le sien. Le beau Français, et le Breton qui raille, l'ont préparer leurs chevaux de bataille ; Chacun reçoit des mains d'un écuyer Sa longue lance et son rond bouclier, Se met en selle , et d'une course fiere Passe, repasse, et fournit sa carrière. De Dorothée et les cris et les pleurs N'arrêtaient point l'un ni l'autre adversaire. Son tendre amant lui criait : Beauté chère, Je cours pour vous, je vous venge, ou je meurs. ”
L'Histoire de France racontée par les Contemporains…
“ «Sire, c'est bon que vous vous arrêtez ci, et mettez votre bannière haut sur ce buisson; si se retrairont vos gens, qui sont durement épars; car, Dieu merci, la journée est vôtre, et je ne vois mais nulles bannières ni nuls pennons françois ni conroi entre eux qui se puisse rejoindre; et si vous rafraîchirez un petit, car je vous vois moult échauffé.» A l'ordonnance de monseigneur Jean Chandos s'accorda le prince, et fit sa bannière mettre sur un haut buisson, pour toutes gens recueillir, et corner ses menestrels, et ôta son bassinet. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Au même instant, Chandos poussait un cri : « Une fumée à gauche ! » Khasji et Paul-Louis suivirent la direction de sa main. Une petite colonne de fumée, à peine perceptible, s'élevait en effet sur les eaux. « Un steamer!. Il ne sera pas sur nous avant une heure!. dit Paul-Louis. N'importe, il faut lutter, lutter jusqu'au bout!. Ne nous fatiguons plus à nager vers la rive. Ne songeons qu'à nous soutenir et à soutenir Florry. » Ce n'était pas chose aisée. La pauvre enfant était déjà comme un cadavre, — si légère et pourtant si pesante aux bras harassés qui la portaient. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Ils marchaient depuis assez longtemps sur une plage de sable fin qui bordait une petite baie abritée de tous côtés par des rochers assez élevés, quand Chandos s'écria subitement : « Vous allez dire que je ne rêve que de Robinson Crusoë. Mais, sur ma parole, voici une aventure toute pareille à la sienne : des traces de pas nus sur le sable!. » ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Ce serait du nouveau, dans une île de l'Océan austral. » Et il frottait, lavait, nettoyait de plus belle. Chandos survint sur ces entrefaites. « Eh! mon oncle, que faites-vous là?. s'écria-t-il. Voulezvous que je vous aide?. — Si tu veux, mon cher enfant. C'est une pièce de bois que les ouvriers viennent de déterrer là sur le rivage, et qui m'intrigue fort. Aide-moi à la retourner, je te prie. » Les efforts combinés de Chandos et de M. Gloaguen eurent bientôt fait apparaître une autre face de la poutre. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Pendant ce colloque, Paul-Louis et Chandos regardaient le jeune novice avec l'intérêt qu'on ressent involontairement pour ces pauvres enfants si braves, si modestes, si pleins d'abnégation, qui mènent la rude et noble existence du marin. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Mon pauvre enfant, je vous ai bien cru mort! disait M. Gloaguen en serrant son neveu dans ses bras. — Prenez garde, mon oncle, vous allez vous mouiller! ri posta gaiement Chandos. — Descendons dans ma cabine ; venez changer de vêtements, suggéra Paul-Louis. — Bah ! avec un soleil comme le nôtre!. Dans un quart d'heure je serai aussi sec qu'une allumette. Ah! voilà mon chapeau!. Rien n'est perdu. Merci, mon brave, reprit Chandos en glissant une pièce de monnaie dans la main du matelot qui lui rapportait cette épave. ”
Eugène Forcade, Revue des Deux Mondes
“ Lucilla était heureuse comme les autres. À vrai dire, elle trouvait que sir Philip était précisément ce qu’il fallait pour un favori de M. Chandos, un homme si gentlemanlike, si rangé, si tranquille, si accompli, si exact, d’un sens et d’un cœur si droits ! Lucilla n’aimait pas ce qui ne brillait point : toutes les qualités du monde n’étaient rien pour elle sans le brillant. Or, sir Philip était plutôt un homme distingué qu’un homme brillant. ”
Jean Froissart,
Les Chroniques de Sire Jean Froissart
“ « Monseigneur, vous êtes un jeune seigneur et un sire à parfaire : Si vous vous mettez maintenant en la compagnie et en la route de messire Jean Chandos, il en aura la voix et la renommée, et vous n’y serez jà nommé, fors que son compain : si vaut mieux que vous, qui êtes un grand sire et de haute extraction, que vous fassiez votre fait à part et laissiez faire Chandos, qui n’est que un bachelier au regard de vous, le sien à part. » Ces paroles et autres refroidirent si le comte de Pennebroch qu’il n’y eut nulle volonté d’aller, et s’excusa devers messire Jean Chandos. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ « Mon cousin, et vous, Khasji, reprit la jeune fille, je vous remercie de tout cœur de ce que vous tentez pour moi. Mais, vous le voyez, nous n'arriverons jamais à la rive. Le courant nous entraîne et nous perdons plus que nous ne gagnons. Je vous en supplie, laissez-moi. Vous vous sauverez peut-être et vous sauverez Chandos. — Et pensez-vous que nous pourrions vivre après vous avoir abandonnée? s'écria Paul-Louis. C'est nous offenser que de le croire, ma cousine. » ”
Anciens mémoires sur Du Guesclin
“ Il jura qu’il sacrifieroit toutes choses pour le retablir. Il n’eut pas plûtôt achevé ces paroles qu’on luy dit que le roy Pierre venoit d’entrer dans Angoulesme. Il envoya Chandos au devant de luy pour le recevoir et le faire descendre dans un hôtel qu’on avoit magnifiquement paré pour y loger un si grand Roy. D’abord qu’il apperçut Chandos, il courut l’embrasser, et luy faisant une sincere confidence de ses déplaisirs, il luy raconta toutes les persécutions qu’il avoit souffertes. ”
Cuvelier, La chronique de Messire Bertrand Du Guesclin… (1879)
“ Aussi, répondit Keranlouet au héraut, recommandez-moi à messire Jean Chandos et dites-lui, en le saluant de ma part, que sa loyauté s'oppose à ce qu'il me veuille charger, moi ou un autre, d'une chose qu'on doive m'imputer à reproche, et, en ce i. Chandos était connétable d'Aquitaine et non d'Angleterre. qui me regarde, je ne vois équitablement rien dans ses offres qui puisse tournera mon honneur. Messire Jean Chandos sait bien qu'il ne peut gagner beaucoup sur nous, qui sommes de pauvres gens. Vous lui direz donc, ami, que, s'il veut partir courtoisement, je le laisserai volontiers aller. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ « Laissez-moi, Khasji, fit-elle. Je vous empêche de nager. Mieux vaut tenter au moins de vous sauver que périr inutilement avec moi. » Le vétéran ne répondit à ce généreux appel qu'en serrant plus vigoureusement son étreinte. « Nous coulerons ensemble ou nous vivrons ! » disait l'expression farouche de ses yeux. Chandos ne songeait plus à rire. Paul-Louis, suivant la pente de son esprit pratique, cherchait la solution du terrible problème qui se posait devant lui. Et tous les quatre, ils battaient l'eau presque sur place, n'avançant pas de dix mètres par minute. ”
Eugène Forcade, Revue des Deux Mondes
“ Il s’assit à côté de Lucilla, et M. Chandos entra immédiatement en conversation avec lui. Il y a toujours, même dans l’entretien le plus simple d’un homme d’un haut esprit, quelque chose qui trahit sa supériorité. C’était ce qui arrivait pour Gédéon. Celia était assise, l’écoutant. Elle n’osait se mêler à la conversation. Elle semblait moins à son aise qu’à l’ordinaire. Elle avait tant entendu parler des talens et des succès de Gédéon, qu’elle avait cessé de le regarder avec un intérêt compatissant. Elle voyait maintenant en lui un homme fait pour conquérir l’admiration universelle. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Tandis que M. Gloaguen se livrait à ses réflexions, Chandos était littéralement sur les épines. Il attendait la réponse de son oncle comme un verdict qui lui dirait si décidément il était possédé d'une monomanie ou en pleine possession de ses facultés mentales. A la fin, n'y tenant plus, il tira son oncle par le pan de sa redingote : « Eh bien?. quel est votre avis?. » dit-il d'une voix étranglée par l'émotion. L'archéologue tressaillit comme un homme qui tombe du haut d'un rêve. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ M. Gloaguen en comprit l'éloquence et se tut. Chandos et Florry, pâles et stupéfaits, assistaient en silence à cette horrible scène. Que leur voulait donc ce misérable, qu'ils trouvaient une fois de plus sur leur chemin? Pourquoi les poursuivait-il de cette haine atroce? Ils n'en savaient rien. Mais, enfermés vivants dans ce tombeau, entre les restes mortels de leur ancêtre et cette porte de chêne, où grimaçait le masque hideux du meurtrier de leur père, — ils se sentaient perdus, accablés sous le poids d'une fatalité inéluctable. ”
D. F. Jamison, Bertrand Du Guesclin et son époque (1866)
“ Il est maintenant difficile de dire jusqu'à quel point la réputation faite au Prince-Noir n'est pas réellement due à sir John Chandos, qui fut sans contredit un des plus sages conseillers, un 'des plus braves chevaliers, et un des plus habiles généraux de son temps. Sans parler de la bataille de Crécy, où Édouard, quand il « gagna ses éperons. » n'était qu'un enfant de seize ans, mais dix ans plus tard, à Poitiers, sir John Chandos avait certainement la direction de tous les mouvements de l'armée anglaise ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Et, pour commencer, je vais demander à Khasji de me laisser préparer le dîner de ce soir. — Ah! par exemple, je proteste! s'écria Chandos avec une terreur affectée. Je tiens beaucoup à mon dîner. Et Khasji fait très bien la cuisine, beaucoup mieux à coup sûr que vous ne la ferez jamais!. Ma petite Florry, si vous tenez absolument à déployer vos talents, ne pourriez-vous pas choisir d'autres sujets à expériences?. Paul-Louis, j'en suis sûr, ne demandera pas mieux que de vous employer à sa mine de fer ou à sa fonderie. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ « Vraiment? fit-il. Chandos a eu plusieurs aventures de ce genre, récemment?. Depuis la mort de son père ?. — Oui, mais, je le répète, de ces petites aventures auxquelles les garçons sont habitués et qui ne les arrêtent même pas cinq minutes. — Celle de ce matin, maintenant que j'y pense, avait un caractère particulier! reprit M. Gloaguen tout pensif et se parlant à lui-même. — Comment, celle de ce matin? demanda mistress O'Molloy. Il y a encore eu un accident, ce matin, et je n'en ai rien su ?. » M. Gloaguen conta l'épisode du canot chaviré. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ « Oh! nous trouverons, j'en suis sûr! s'écria-t-il. Mais, mon oncle, ne me permettrez-vous pas de conter ceci à Florry? Elle en serait si contente!. Et à Paul-Louis aussi, pour le taquiner un peu sur son incrédulité?. — Soit!. Mais qu'ils soient discrets. Il ne faut pas nous exposer aux railleries des profanes si nos suppositions ne se trouvent pas fondées. » Chandos ne se fit pas répéter la permission. Il courut communiquer.à Florry et à Paul-Louis la grande découverte de la matinée. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ « Voilà encore Khasji qui nous suit en se cachant, dit tout à coup Chandos. Oh! je l'ai bien vu. — C'est insupportable ! s'écria Florry. On ne peut pas faire un pas sans l'avoir derrière soi. — Je lui en ai déjà fait l'observation; mais il est incorrigible. Le mieux est de ne pas s'occuper de lui. » Les trois explorateurs étaient arrivés au sommet de la colline et regardaient de tous côtés; mais ils n'aperçurent aucun emplacement qui répondît à la description du livre. M. Gloaguen la relut avec attention. ”
Charles Giraud,
Le Traité de Brétigny, dernière partie
“ C’est ainsi que le roi Jean fut convoyé tout au long de la ville de Londres, qui lui prodigua les acclamations. A l’hôtel de Savoie, où il prit gîte, « vinrent le voir le roi d’Angleterre et la roine, qui le reçurent et festoyèrent grandement, car bien le savoient faire, et depuis moult souvent le visitoient et le consolaçoient de ce qu’ils povoient [4] . » Le prince de Galles n’avait pas voulu quitter Bordeaux sans donner à Jean Chandos un témoignage public de sa gratitude. ”
Jean-Baptiste Champeval, Notice historique de la maison de Saint-Martin de Bagnac… (1897)
“ Ainsi demoura le dit messire Jehan Chandos entre ses gens, et messire Thomas passa le pont, à Chauvigny : et print le long chemin à Poietiers, ayant laissé le dit Jehan Chandos tout mélancolicux de ce qu'il avoit failly à son intention, et sur ceste imagination estoit en une grande cuisine, ou foyer, et là se chauffoit de feu d'estrain (de paille) , que son héraut lui faisoit, et jangloil à ses gens, et ses gens à luy : qui volontiers l'eussent osté de sa mélancolie. ”
Anciens mémoires sur Du Guesclin
“ Le chamaillis fut grand de part et d’autre ; mais à la fin Charles de Biais déchargea sur la tête de son adversaire un coup de hache si fort, si rude et si pesant, qu’il le fit tomber par terre. Il voulut achever sa victoire en luy ôtant la vie : mais Olivier de Clisson, Robert Knole et Chandos se jetterent à la traverse pour secourir ce chevalier. Ceux du party de Charles accoururent pour le seconder contre tant de gens, qui le vouloient empêcher de couronner tout ce combat par la mort de son compétiteur et de son ennemy. ”
