“ Victor Duval embrassa le spectacle dans un coup d’œil, et ses bras s’ouvrirent comme pour étreindre le paysage dans une prise de possession. Il respira profondément et, en lui, il sentit comme une poussée de sève monter une surabondance de vie. ”
Duval
Définition et enjeux
Le nom de Duval, porté par divers personnages dans la littérature, incarne des figures humaines à travers des parcours variés. Des récits romantiques à des œuvres de révolte, des auteurs comme Ubald Paquin, Fanny Burney ou Jules Jehin explorent cette figure à travers des perspectives différentes : qu’il s’agisse d’un héros engagé dans une quête (Paquin), d’une mère manipulateuse (Burney) ou d’un combattant résilient (Jehin).
Ces représentations, ancrées dans des contextes sociaux et émotionnels distincts, révèlent la richesse du thème, nourri par des liens avec des motifs comme « La Révolte » ou « Lamiel ».
Citations sur “Duval”
Fanny Burney, Évelina (1778)
“ Je finirai par vous faire remarquer qu’il règne dans toute cette lettre un air de mystère que le temps seul peut expliquer. Le projet de madame Duval est tel qu’on devoit l’attendre d’une femme ennemie de toute contradiction, et d’ailleurs entièrement incapable de sentir la délicatesse de votre position. J’approuve très-fort la répugnance que vous lui avez témoignée pour l’exécution de son plan, et votre façon de penser à cet égard est parfaitement d’accord avec la mienne. Que madame Duval entreprenne seule ce voyage, et personne ne s’y opposera. ”
Adrien Leroux, Les adriennes , nouvelles, recueillies et mises en vers par un officier du corps I. du G. (1805)
“ Sur mon honneur, je parle franchement, Rien ne se vit jamais de plus galant. — Va, dit Duval, une fois n'est coutume, Et, si je puis même vous parler net, Certaine ardeur qui par fois me consume, Fait aujourd'hui que votre offre me plaît. ”
Charlotte de Sor, La Plus Heureuse Femme du monde
“ Mon père tressaillit, ma mère pâlit, les battements de mon cæur suspendirent ma respiration... Les deux battants de la porte du salon s’ouvrirent : M. Duval, annonça Saint-Jean, d’une voix, d’un air... Cela ne peut se rendre... Mon père, d’un mouvement heurté, s’avança à la rencontre de M. Duval, lui prit avec dignité la main, le conduisit à ma mère, debout, et moi, droite à ses côtés : « M. Duval, » répéta-t-il avec une expression courtoise. ”
Jules Jehin, Les aventures extraordinaires de deux canayens
“ Le tout ne sera qu’un simulacre des mieux organisés, fiez-vous à moi, Duval n’aura pas une égratignure, ni son adversaire non plus, au contraire il sera le héros et tenu comme tel à payer un formidable déjeuner. ”
Jules Jehin, Les aventures extraordinaires de deux canayens
“ Autour de nous tout semblait désert, on ne voyait que ceux qui devaient prendre part au combat, et j’observais du coin de l’œil le pauvre Duval qui était, il est vrai, bien un peu pâle, mais qui cependant faisait bonne figure, redressant sa petite taille et regardant son adversaire de l’air d’un homme qui n’a pas froid aux yeux. ”
Fanny Burney, Évelina (1778)
“ Il est aisé de démêler le motif de l’offre de madame Duval ; elle vise à obliger ceux même à qui elle est redevable. Je ne prétends pas vous conseiller. Vous, monsieur, à la protection généreuse duquel cette orpheline abandonnée doit tout, vous êtes le meilleur et le seul juge de ce qu’il lui reste à faire. Ce qui me tourmente le plus, c’est l’embarras que cette indigne madame Duval va peut-être vous donner. ”
“ Jacques Duval, après quelques instants, dit — Enfin, chacun fait sa vie comme il l’entend, comme il peut... — Et chacun aime selon ses goûts, riposta Marguerite. Aux premières fraîcheurs de la brunante qui venait, les quelques arbres qui bordaient le chemin, parés de feuilles menues, tendres, lustrées de la gomme des bourgeons, frissonnaient comme ravies d’étaler leurs jeunes panaches, se balançaient lentement de droite et de gauche, ivres de la sève qui des entrailles de la terre en pleine gestation, montait par tous les fils capillaires et les inondait de vie... ”
“ Jacques Duval était un joli garçon, aux belles manières, qui parlait bien et fort, et à qui son père réservait un bel avenir. Il avait des cheveux noirs crépus qu’il savait relever haut, et le teint toujours frais. Tout jeune encore, il était grand, fort, noueux comme un érable... Mais quoique ses épaules fussent solidement attachées, il ne représentait pas le type du jeune cultivateur canadien, athlète aux bras musculeux et aux mains larges et épaisses, apte à livrer à une terre opiniâtre la lutte courageuse et sans répit qui lui arrache le pain qui perpétue la vie. ”
Eugène de Margerie,
Scènes de la vie chrétienne. Série 1
(1859-1860)
“ C'était bien chez des infidèles que Gillette entrait. — Cette famille mérite description. M. Duval avait reçu la plus brillante éducation ; il lui en était resté un goût très-vif pour tous les travaux et les exercices de l'intelligence; son tact littéraire était exquis; il se connaisait en peinture, et jouait fort bien du violon. C'était d'ailleurs un homme d'esprit et qui avait vu le monde; les relations avec lui étaient de tous points agréables, et sa conversation l'une des plus séduisantes qui se puissent imaginer. ”
Antoine Antoine, Les petits artisans devenus célèbres par leur génie… (1845)
“ L'un des ermites lui apprit à former ses lettres, et pour apprendre promptement à écrire, Duval imagina de détacher de sa croisée un carreau de verre, et le posant sur son exemple, il traçait sur la surface les mêmes lignes qu'il voyait au travers. Un abrégé d'arithmétique qu'il trouva dans l'ermitage, lui apprit les quatre règles, et ce fut pour lui une source d'amusements et de plaisirs. Il rapporte qu'ayant choisi dans les bois quelques réduits propres à y étudier, il lui arrivait assez souvent d'y méditer pendant une partie des belles nuits de l'été. ”
Charlotte de Sor, La Plus Heureuse Femme du monde
“ La première impression cependant avait été favorable : M. Duval, vous le savez, est mieux que mal, et j’étais tout étonnée de lui trouver l’air presque d’un jeune homme, quoiqu’il eût trente-deux ans... parce qu’à seize ans, vous vous rappelez bien encore cela, trente ans vous semblent le point d’arrêt entre la jeunesse et la vieillesse ! Pendant les quinze jours qui, à partir de ce moment, précédèrent notre mariage, M. Duval vint tous les soirs faire la cour à ma mère ; ceci est la lettre du fait, Aline, toutes ses grâces, tous ses soins s’adressaient à ma mère. ”
“ Mais vous le savez, mon ami, quoique exagérée, l’ombrageuse susceptibilité de mademoiselle Duval m’a plutôt touchée que blessée, puisqu’elle part d’un scrupule honorable, M. de Saint Géran a d’ailleurs cruellement souffert ; il souffre cruellement encore d’avoir vu ses propositions refusées ; il m’a écrit à Felmont une lettre navrante. Ce qu’il savait par nous du caractère et des mérites de mademoiselle Duval, sa rare beauté, ont fait sur lui une impression si profonde, qu’il lui semble, m’a-t-il dit, que ce mariage ayant manqué, toutes les espérances de sa vie sont à jamais ruinées. ”
Eugène Sue,
Mathilde, Mémoires d’une jeune femme
“ M. et madame Duval étaient complétement heureux et jouissaient d'une honnête fortune. Je ne sais quelle banqueroute ou quel abus de confiance les ruina entièrement. M. Duval avait une vieille mère qu'il idolâtrait et qui était aveugle; elle lui avait abandonné tout ce qu'elle possédait, à condition de vivre avec lui et sa belle-fille, qu'elle aimait tendrement. En apprenant leur ruine, le premier, le plus grand chagrin de M. et madame Duval fut d'avoir à craindre la pauvreté pour leur mère, qui, depuis si longtemps, était habituée à un bien-être presque indispensable à son âge. ”
Placide Levé, Vie de Mme Molé de Champlatreux… (1857)
“ Duval, valet de chambre, fut l'instrument dont la Providence se servit pour sauver M. Mole d'une mort certaine. Soit par le conseil de Mme Mole, soit qu'il ne prit ses inspirations que dans son seul dévouement, il suivait la bande d'assassins qui se faisaient, dans les prisons, les exécuteurs de la justice du peuple, non sans doute pour prendre part à leurs crimes, mais pour avoir l'occasion de sauver son maître, soit en le faisant évader, soit en gagnant le juge par l'appât de l'or, soit en touchant, s'il était possible, le coeur des assassins. ”
marquis de Sade,
Aline et Valcour, ou Le Roman Philosophique…
“ Tels étaient les sentimens que Duval exprimait à Dom Gaspard, ce jeune Portugais dont je viens de parler, et qui va bientôt jouer un rôle dans mes aventures; c'est ainsi qu'en louant l'hymen, Duval s'excusait d'y mêler l'amour; mais il n'en était encore qu'à l'amour, eût-il pensé de même s'il eut réellement connu les plaisirs qu'il peignait, qui ne connaît pas l'inconstance des hommes!Quoiqu'il en soit, Duval, jeune, impétueux, aimable, irritant chaque jour sa passion par ces riens d'une délicatesse infinie. ”
Jules Jehin, Les aventures extraordinaires de deux canayens
“ Mon cher ami, dit Brindavoine, l’histoire est plus comique encore que vous ne pouvez vous le figurer. Vous connaissez aussi bien que moi le brave Duval, c’est dans le fond le meilleur homme que l’on puisse trouver, mais avec cela la poire la plus phénoménale que l’on puisse rencontrer. ”
Adrien Leroux, Les adriennes , nouvelles, recueillies et mises en vers par un officier du corps I. du G. (1805)
“ Le bon Duval avec l'amour aux prises, Puissant athlète, a bientôt surmonté Ces doux efforts, délicieuses crises De la pudeur avec la volupté. Oh! non , jamais, jamais sa main lutine N'avait palpé de satin plus moelleux, Duvet plus doux, de gorge plus mutine. Sa femme n'a ce talent merveilleux De varier le jeu des jouissances. Elle ne sait allier l'art heureux De l'abandon, à l'art des résistances. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ « Quant au nommé Duval, cet autre général de rencontre, écrit-il [3] , il avait été, dès le matin, fusillé au Petit-Bicêtre avec deux officiers d’état-major de la Commune. Tous trois avaient subi en fanfarons le sort que la loi réserve à tout chef d’insurgés pris les armes à la main ». Avec Duval tombait l’un des meilleurs soldats de la Révolution. S’il n’avait pas les aptitudes du général de métier, il possédait à un degré éminent celles du conducteur de foule qui mène à l’assaut des Tuileries et jette bas les trônes et les Bastilles. Peu d’hommes ont exercé pareil ascendant sur les masses. ”
“ Si je crois devoir vous faire cette confidence, monsieur, — a ajouté M. de Saint-Géran, — c’est que, malgré des torts graves de M. Ducormier à mon égard, j’ai appris par lui, au moment de croiser nos épées, que vous lui aviez fait d’abord espérer la main de mademoiselle Duval, mais qu’ensuite vous aviez sacrifié les prétentions de mon rival aux miennes, dans votre sollicitude pour l’avenir de mademoiselle Duval. Soyez donc rassuré, monsieur : la voix d’un rival qui abjure tout espoir ne saurait être suspecte ”
Jules Jehin, Les aventures extraordinaires de deux canayens
“ « Alors je dus faire préparer un bain pour le pauvre Duval, et lorsqu’il fut à peu près présentable, je le fis souper et je le reconduisis jusque chez lui. « À toutes les rues, à tous les carrefours il s’arrêtait et disait d’une voix émue : « C’est ben « maudit », ou bien, « ça » parle au « yable ». Et comme je lui demandais la raison de ces exclamations, il me répondit : « Dire qu’il s’est promené par « icitte », que son regard a vu toutes ces choses ! ”
Jules Jehin, Les aventures extraordinaires de deux canayens
“ Ben vrai, que l’diable me mène si je créyais vous vouère à matin, leur répondit Duval, pour une surprise, en v’là une vraie. Venez toujours à la maison, on prendra un coup, tirera une touche et croquera un morceau. ”
Fanny Burney, Évelina (1778)
“ Je vous écris, mon cher monsieur, dans la plus grande agitation ; madame Duval vient de me faire une proposition qui me met dans une frayeur mortelle : vous la trouverez vous-même aussi inattendue que révoltante. ”
“ En l’apercevant gravir l’escalier d’un pas pesant, le corps raide, la tête droite, le chapeau sur les yeux, le regard vide, semblable à un somnambule, sa maîtresse de pension qui le croisa sur le palier, ne put s’empêcher de s’écrier : — Qu’avez-vous donc, Monsieur Duval, êtes-vous malade ? ”
Philippe Panneton,
Le Poids du jour
“ Tu sais bien : une Germain, qui a marié un Duval. Une cousine à nous autres. — Tu n’as tout de même pas envie d’entreprendre cette expédition-là en plein cœur d’hiver ! La visite à cousine Duval serait d’ailleurs probablement de celles dont on parle et que jamais l’on ne fait. Déjà l’esprit léger de Jocelyne s’était posé ailleurs. — Oh papa ! papa ! Regarde. — Quoi ? Où donc ? — Là, à côté du puits. Tu ne vois pas ? Tiens, il remue. — Ah ! Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Un chien ? — Mais non. C’est... oui... c’est un renard. Qu’il est joli ! ”
Quatrelles, Voyage autour du grand monde (1875)
“ C'était l'Amour à M. Duval, avant d'être l'Amour à M. Porret. — Si c'était l'amour à M. Duval. c'est bien différent, reprend le ministre en offrant à l'enfant un verre de punch. — Il n'est pas si bonne société qu'on ne quitte, dit le maître des cérémonies, en saluant le ministre. Votre Excellence nous excusera, mais nous avons encore un fameux ruban de queue à avaler avant la soupe. L'Amour ploie sous le poids des oranges et des fruits glacés. Mars vient à son secours, entasse les friandises dans un pli de son manteau auquel il fait un nœud en guise de bonbonnière. ”
Antoine Gérin-Lajoie,
Jean Rivard, le défricheur
“ Je ne connais pas ce Monsieur Duval, mais je puis vous affirmer sans crainte qu’il ne vous aime pas autant que moi ; il paraît s’aimer trop lui-même pour aimer beaucoup une autre personne. Malheureusement pour moi, il a de beaux habits, il vend de belles marchandises, soie, rubans, dentelles, et les jeunes filles aiment tant toutes ces choses-là ! ”
Fanny Burney, Évelina (1778)
“ Si effectivement madame Duval pensoit à réaliser cette menace, j’en aurois de l’inquiétude ; les emportemens de cette femme et la volubilité de sa langue, ne sont pas faits pour vous. Incapable d’agir par moi-même, ou de discerner la route qu’il me convient de suivre, que je suis heureuse d’avoir un ami tel que vous, duquel il m’est permis de prendre conseil ! ”
“ J’vous demande un peu, y a-t-il un chrétien qu’est capable par un temps pareil d’faire soixante milles dans l’bois et sur l’lac ?... » — « On a des bonnes raquettes », avait répondu Jacques Duval, « on a des provisions et on est bien habillé ; on a aussi chacun une bonne hache et un fusil ; on est bon !... » ”
Fanny Burney, Évelina (1778)
“ M. Dubois parut fort en peine de mon indisposition ; il suivit ma chaise, et me reconduisit chez madame Duval. Le sort de cet infortuné absorbe actuellement toute mon attention. Si malheureusement il persiste dans l’horrible dessein qu’il a formé, on l’en empêchera difficilement. Que ne puis-je approfondir la nature des maux auxquels il est livré ! Que ne puis-je apporter quelque soulagement à ses souffrances ! Je suis sûre, monsieur, que vous lui accorderez votre compassion. ”
“ Après avoir contenu un violent mouvement, M. de Saint-Géran dit d’une voix sourde, en suite d’un moment de réflexion : — Poursuivez, monsieur. — Je conçois parfaitement, monsieur, que vous soyez devenu passionnément épris de mademoiselle Clémence Duval, — reprit Ducormier, — et que vous ayez eu la pensée de l’épouser ; c’est un ange par le cœur et par la beauté. Ce que je conçois moins, c’est qu’après un refus formellement motivé par mademoiselle Duval, vous ayez persisté dans vos poursuites ”
François-Guillaume Ducray-Duminil, Les Soirées de la chaumière, ou les Leçons du vieux père… (1794)
“ Duval et Gratien conviennent que leur frère a raison. Comme ils n'ont pas un moment, pas une démarche à négliger, il vaut beaucoup mieux qu'ils se séparent, pour se réunir un jour dans le sein du bonheur. Moi, par exemple, dit Duval, il faut que j'aille dans une grande ville pour trouver mon riche, tandis qu'Hubert peut rencontrer son infortuné dans la première chaumière : la femme sensible et désintéressée que cherche Gratien peut aussi se présenter à lui au premier moment. Ne nous gênons donc point par une complaisance mal entendue. Voyez-vous ce carrefour au tiers de la forêt ? ”
Eugène Sue,
La vigie de Koat-Ven : roman maritime…
(1846)
“ LA VITESSE. Tiens, voici M. Duval, le valet de chambre de M. le comte; il va nous apprendre du nouveau. DUVAL, accourant. La Vitesse, vous allez donner ordre au chef d'écurie de faire seller à l'instant le Glorieux pour Jérôme; vite! vile! LA VITESSE. Le Glorieux! le meilleur cheval de la vénerie, le cheval de prédilection de M. le comte, le cheval le plus vite do l'écurie; le cheval qui, de sa vie, n'a été enjambe que. par M. le comte! vous vous trompez, monsieur Duval, c'est impossible! ”
Emma Bailly, Les ménages militaires. Le mariage du trésorier (1876-1878)
“ Madame Duval, de plus en plus assiégée par la crainte de voir un accident inconnu déranger l'état mental de son élève, joignit les mains, et, prête à pleurer, se renfonça dans le fiacre. La jeune fille, attentive, les yeux perçants comme un guerrier sioux qui guette un ennemi sur le sentier de guerre, examinait une à une les constructions qui se dressaient le long de l'allée. Celle-ci était une vaste maison bourgeoise, celle-là une maison d'éducation ; cette autre abritait toute une nichée de garçons bruyants et de fillettes rieuses; un vieillard s'ensoleillait sur le perron de ce chalet ”
