Duke of Urbino

Définition et enjeux

Robert de la Sizeranne Revue des Deux Mondes

« Le 19 février 1504, dit un chroniqueur, le jour de lundi, on fit, le soir, dans la salle du Seigneur Duc, la Comédie du duc de Valentinois et du Pape Alexandre VI, quand ils firent le projet d’anéantir l’État d’Urbino, quand ils envoyèrent Mme Lucrèce à Ferrare, quand ils invitèrent la duchesse (d’Urbino) aux noces, quand ils vinrent pour prendre l’État, quand le duc d’Urbino revint pour la première fois et puis repartit, quand ils égorgèrent Vitellozzo et les autres seigneurs et quand le pape Alexandre VI mourut et le duc d’Urbino revint dans son État. »
C’est une idée tout italienne.
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Robert de la Sizeranne Revue des Deux Mondes

Donc le duc devait partir. Vivant et libre, il pourrait attendre des jours meilleurs, quelque retour de fortune. Le grand appui de César, le Pape, était vieux, et s’il venait à disparaître, le pouvoir des Borgia croulerait aussitôt. D’ailleurs, Urbino n’était pas tout l’État. Il y avait des forteresses dans le Montefeltro : il y avait le nid d’aigle, le berceau de la puissance militaire de ce pays, San Leo. Si le duc devait se défendre jusqu’à la mort, c’était là.
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Robert de la Sizeranne Revue des Deux Mondes

Pourquoi tout ce monde était-il à Urbino ? Quand on considère ce nid d’aigle, perché dans un des districts les plus isolés et les plus inaccessibles de l’Italie, en dehors de toutes les grandes routes et communications des peuples, on comprend mal sa puissance d’attraction sur les beaux esprits du XVIe siècle. On comprend, encore moins, que ces trois génies de la grâce et de la mesure, Raphaël, Bramante et Castiglione lui-même, en soient sortis. Deux choses l’expliquent cependant : l’admirable Collection des ducs d’Urbino et la présence d’Elisabetta Gonzague.
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