“ Si Julien et sa mère sont à la hauteur de votre courage et de votre dévouement, loin de les dissuader, j’admirerai le sacrifice. Et d’abord ne vous exagérez pas les conséquences de l’avenir. M. Antoine est homme de parole, cela est certain ; dans le bien comme dans le mal, il tient ce qu’il promet. ”
Citations sur “M. Antoine”
Frantz Fonson,
La Kommandantur, comédie dramatique en 3 actes…
(1917)
“ THÉRÈSE, se précipitant vers la fenêtre pour la fermer. Tais-toi, Antoine, pas si fort! S'ils nous entendaient! ANTOINE Je m'en fous! THÉRÈSE Ah! non, n'est-ce pas? Assez de malheur comme ça! Dans tout ça, tu ne penses plus à nous? Moi, mon Dieu, je suis une vieille patraque maintenant, mais Catherine? et notre petit Lucien, cet amour du bon Dieu qui n'a plus que nous depuis que notre pauvre fils Henri est mort et que sa femme l'a suivi si vite ! Y songes-tu, Antoine? Tu veux te battre, à soixante ans ! (Mouvement d'Antoine.) Oui, oui. Oh! cinquante-huit! ”
George Sand,
Le Péché de Monsieur Antoine
“ Si je suis belle et bonne, je n'en sais rien; mais je suis sûre que, laide et maussade, mon père et ma mère m'aimeraient encore quand même. Mon bonheur vient donc de leur bonté, de leur tendresse, et non de mon mérite.—On vous permettra pourtant de croire, dit M. Antoine à Émile, tout en pressant sa fille sur son cœur, qu'il y a un peu de l'un et un peu de l'autre.—Ah! monsieur Antoine! qu'avez-vous fait là? s'écria Janille; voilà encore une de vos distractions!... Vous avez fait une tache avec votre œuf sur la marche de Gilberte. ”
George Sand,
Le Péché de Monsieur Antoine
“ Pour M. Antoine ? — Non, Antoine n’a guère de travaux à faire faire, le pauvre compère, et il y suffit tout seul ; mais il a un voisin qui n’en manque pas, et qui ne compte guère ses journées d’ouvrier. — Qui donc ? M. de Boisguilbault s’est-il réconcilié avec ta figure ? — Non pas que je sache ; mais il n’a jamais défendu à ses métayers de me donner de l’ouvrage. Il n’est pas homme à vouloir me faire du tort, et il n’y a guère que les gens de sa maison qui sachent qu’il m’en veut, si toutefois il m’en veut ; le diable seul comprend ce qu’il y a là-dessous ! ”
George Sand,
Le Péché de Monsieur Antoine
“ Une profonde tristesse s'était emparée des auditeurs, tandis qu'il esquissait sans art et sans ménagement la peinture du riche persévérant et insensible. Le vin n'avait fait aucun effet sur lui, et chaque fois qu'il levait les yeux sur le jeune homme, il semblait plonger dans son sein et lui adresser un sévère interrogatoire. M. Antoine, un peu affaissé sous le poids du breuvage, n'avait pourtant rien perdu de son discours, et, subissant, comme de coutume, l'ascendant de cette âme plus ferme que la sienne, il laissait échapper, de temps en temps, un profond soupir. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Non, Antoine, — ma maîtresse t’aimait, et sa fortune s’était associée — sans réserve à la tienne. antoine. Arrière, eunuque impudent ! tais-toi ! — Elle m’a trahi et elle mourra. mardian. — La mort est une dette qui ne se paye qu’une fois, — et elle l’a acquittée. Ce que tu voulais faire — est fait ; ses dernières paroles — ont été : Antoine ! très-noble Antoine ! — Alors un cri déchirant lui a brisé dans la gorge — le nom d’Antoine, suspendu — entre son cœur et ses lèvres : elle a rendu l’âme, gardant ton nom enseveli en elle. ”
Gustave Flaubert,
La Première Tentation de Saint Antoine
“ Allons ! lève la tête ! pose-toi en face de Dieu ! dédaigne tout ! Aucun triomphe ne vaut la joie d’en rire, et il y a quelque chose qui dépasse les sommets les plus hauts, c’est de les mépriser parce qu’ils se trouvent trop bas ! Nourris égoïstement ce plaisir farouche ! gratte ta plaie ! adore-toi ! ANTOINE Je m’abaisserai, Seigneur ! Je courberai dans la poussière mon front et mon orgueil. Je veux me tenir devant toi continuellement, comme un bélier sur l’autel, comme un holocauste qui fume. AlorsLE DIABLE écarte d’un geste tous les Péchés et, s’avançant courbé vers saint Antoine : Oui ! ”
M. Durand, Notice biographique sur saint Antoine le Grand… (1879)
“ Antoine fonde les monastères d'Arsinoé. — Instructions qu'il donne à ses disciples, — Il aspire au martyre. — Miracles opérés par son entremise. — Il s'enfuit au fond du désert. — Sa nouvelle retraite est découverte. — Ses occupations. — Un ange lui montre la manière de bien travailler. — Combien son oraison était sublime. — Dernière attaque de l'enfer. Antoine avait voulu se dérober aux regards des hommes; mais Dieu, qui exalte les humbles, avait rendu son nom célèbre, et le bruit de sa sainteté attirait de tous côtés un grand nombre de disciples, désireux de vivre sous sa conduite. ”
George Sand,
Théâtre complet de George Sand
“ ANTOINE, qui est rentré par le fond avec des papiers, et qui s’est arrêté pour les écouter, se rapproche d’eux. Victorine a raison, et c’est elle, à présent, qui est la plus sage des deux. FULGENCE. Comment ! monsieur Antoine, vous nous écoutiez donc ? ANTOINE. Pourquoi pas ? J’en ai encore le droit. VICTORINE, l’embrassant. Oh ! vous l’aurez toujours ! Je veux que vous sachiez toujours toutes mes pensées et que vous me donniez conseil en tout. Voyons, dites donc à M. Fulgence qu’il ne sait pas ce qu’il dit ! ANTOINE. Il est amoureux, et l’amour fait déraisonner. ”
George Sand,
Antonia
(1863)
“ Madame Thierry était muette de surprise. Elle regarda Marcel, qui, sans être vu de M. Antoine, lui fit énergiquement le geste et la pantomime de céder à la fantaisie du vieux riche. La pauvre femme eut un serrement de cœur, mais elle n’hésita pas ; elle se laissa glisser de son fauteuil sur son coussin, où elle posa les deux genoux, et, prenant les deux mains de M. Antoine : — Vous avez raison, mon frère, lui dit-elle, vous m’enseignez mon devoir. Je m’y rends. Soyez le plus grand des hommes, pardonnez tout et accordez tout. ”
George Sand,
Antonia
(1863)
“ Il est temps d’en finir et de laisser cette maison à M. Antoine. Mon intention est d’aller vivre en province, dans quelque solitude où l’on m’oubliera entièrement. Je n’emmènerai que Camille. Faites-moi le plaisir de me diriger dans le choix d’un pays perdu et d’une habitation des plus humbles. — Il y a une grande difficulté, lui dit Marcel : c’est que M. Antoine ne veut point accepter de liquidation, que sa quittance générale est dans mon portefeuille, et qu’il ne suppose pas encore qu’elle ne soit point acceptée. ”
M. Durand, Notice biographique sur saint Antoine le Grand… (1879)
“ Euloge obéit, raconte tout ce qui s'était passé, et dit qu'il a résolu d'abandonner ce misérable. Saint Antoine le réprimande sévèrement de vouloir renoncer à une si bonne œuvre et délaisser celui pour qui Notre-Seigneur Jésus-Christ avait versé son sang. Puis se tournant vers le malade : « Pauvre et misérable estropié, lui ditil, qui ne reconnais pas les bienfaits de ton hôte ! C'est le démon qui s'est emparé de ton corps et ensuite de ton âme, pour te faire perdre la patience et t'enlever la persévérance ! » ”
“ ANTONIA DEUXIÈME PARTIE [1] . Marcel, voyant que la vanité horticole reprenait le dessus et pensant qu’il pourrait exploiter la joie de son oncle au profit de ses protégés, donna les plus grands éloges à la future Antonia. — Vous comptez sans doute en faire hommage au Jardin du Roi ? lui dit-il. Messieurs les savans doivent vous tenir en grande estime ! — Oh ! pour celle-ci, bernique, répondit M. Antoine : ils pourront la regarder tout leur soûl, la décrire dans leur beau langage, la spécifiquer, comme ils disent ”
M. Durand, Notice biographique sur saint Antoine le Grand… (1879)
“ Saint Antoine, type de la charité, Saint Antoine, salut de ceux qui sont exposés aux dangers de la mer, Saint Antoine, secours de tous ceux qui vous invoquent, Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur. Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur. ”
M. Durand, Notice biographique sur saint Antoine le Grand… (1879)
“ Saint Antoine n'était plus, il venait de s'endormir dans le Seigneur. Sa mort bienheureuse arriva le 17 janvier 35G. Il était âgé de cent cinq ans, et, chose merveilleuse, malgré les excessives austérités de sa vie, il n'était sujet à aucune des infirmités qui sont le partage ordinaire de la vieillesse : il n'avait pas perdu une seule de ses dents, sa vue n'avait point baissé, ses jambes étaient restées fermes et son corps robuste. Dieu n'avait pas voulu que le poids des années pesât sur des membres qui avaient toujours travaillé pour sa gloire. ”
M. Durand, Notice biographique sur saint Antoine le Grand… (1879)
“ Portrait de saint Antoine. — Fondation du monastère de Pispir. — Visite des autres monastères. — Châtiment de l'impie Balac. — Antoine est appelé à Alexandrie. — 11 réfute les Ariens. — Il console Didyme l'aveugle. — Il recoit une lettre de l'empereur. — Dieu lui manifeste l'avenir. On a dit souvent et avec raison que l'âme se peint dans les yeux, et que la grande sainteté se reflète dans la physionomie : Antoine avait l'abord très-doux, un air souriant et une humeur toujours égale ”
P. Guérinet, Paul, ou les Dangers d'un caractère faible… (1839)
“ Antoine habitait un superbe hôtel : il était entouré de nombreux domestiques, et recevait l'élite de la société parisienne; mais quand le beau monde avait disparu, quand, après quelques heures d'agitation, il rentrait chez lui, qu'il se voyait au milieu de ses vastes et silencieux appartements, seul, sans confident, tourmenté souvent par la goutte, il s'ennuyait; il avait besoin des douceurs de la vie intime en quittant la vie artificielle des salons, et il ne trouvait qu'une monotone et desséchante solitude; il éprouvait combien est à plaindre un homme qui ne peut se suffire à lui-même. ”
George Sand,
Le Péché de Monsieur Antoine
“ Alors on est à son aise pour le reste de ses jours, et on se moque un peu de MM. Cardonnet père et fils ! — Au fait, dit M. Antoine, voilà ton existence assurée, ma fille ! Ah ! que M. de Boisguilbault sait noblement se venger ! Je savais bien, moi, ce que je disais quand je le défendais contre toi, Janille ! Prétendras-tu encore que c’est un vilain et méchant homme ? — Nenni, monsieur, nenni ! il a du bon, je le reconnais. Allons, racontez-nous donc comment tout ça s’est passé, vous autres ! ”
George Sand,
Antonia
(1863)
“ Soit ! — Elle me recevrait ? dit M. Antoine, dont les yeux ronds brillèrent un instant. — Et pourquoi non ? dit Marcel. — Ah ! oui, elle me recevrait dans sa cour, tout au plus dans son antichambre, debout, entre deux portes, comme on reçoit un chien ou un procureur ! — Vous tenez donc beaucoup aux manières, vous qui ne voulez arracher votre chapeau de dessus votre tête devant qui que ce soit ? Mais tranquillisez-vous : madame d’Estrelle est aussi polie avec les honnêtes gens de notre classe qu’avec les gens les plus huppés. ”
P. Guérinet, Paul, ou les Dangers d'un caractère faible… (1839)
“ Antoine était un de ces riches parvenus qui n'ont point cette éducation première, celte instruction de jeunesse , aliment de l'esprit dans la solitude , soutien du coeur dans l'adversité. Rhall sera pour moi, pensait-il, un compagnon fidèle, un ami ; il me tiendra lieu du fils que j'ai perdu ; ce jeune homme a de l'esprit, des connaissances, un bon ton ; en faisant son bonheur j'exciterai sa reconnaissance , et il s'attachera naturellement à son bienfaiteur. ”
George Sand,
Le Péché de Monsieur Antoine
“ Maintenant que j'ai fini avec mes arbres, dit M. Antoine en remettant sa veste qu'il avait accrochée à une branche, allons chercher ma fille pour déjeuner. Vous n'avez pas encore vu ma fille, je crois? Mais elle vous connaît déjà, car elle est initiée à tous les petits secrets de notre pauvre Jean; et même, il a tant d'affection pour elle, qu'il prend plus souvent conseil d'elle que de moi. Marchez devant, Monsieur, dit-il à son chien, allez dire à votre jeune maîtresse que l'heure de se mettre à table est venue. Ah! cela vous rend tout guilleret, vous! ”
George Sand,
Antonia
(1863)
“ Dois-je compte à quelqu’un... ? — Ah ! madame, ne me parlez pas sur ce ton-là, s’écria Julien hors de lui. Ou la richesse de mon oncle a fait taire vos répugnances, et, dans ce cas, je n’ai absolument rien à vous dire, ou bien vous avez subi l’insolence de ses offres avec une patience qui l’a abusé ; et, si vous avez eu cette patience, cette bonté-là, j’en devine aisément la cause. Vous avez craint de voir retomber sur nous le ressentiment de M. Antoine ! ”
George Sand,
Antonia
(1863)
“ Que sera-ce donc quand Julien aura femme et enfants ! Il se reprochera vos maux, et, si le remords entre un jour dans cette âme si fière, adieu le courage et peut-être le talent ! — Assez, vous dis-je, mon cher Marcel. Conseillez-moi, dirigez-moi ; ordonnez, je me rends. Il ne faut pas que je le voie, que je lui parle ? — Non, certes, ma chère comtesse, il ne le faut pas. Il faut qu’il ignore tout ce qui vient de se passer, et que les dons de M. Antoine tombent sur lui sans qu’il soupçonne à quelles conditions l’oncle est redevenu traitable. Autrement, il serait capable de les refuser. ”
Gustave Flaubert,
La tentation de saint Antoine
(1874)
“ Il lui donne ses mains à flairer . Elles sentent le cadavre . Antoine se recule . Je peux faire se mouvoir des serpents de bronze , rire des statues de marbre , parler des chiens . Je te montrerai une immense quantité d' or ; j' établirai des rois ; tu verras des peuples m' adorant ! Je peux marcher sur les nuages et sur les flots , passer à travers les montagnes , apparaître en jeune homme , en vieillard , en tigre et en fourmi , prendre ton visage , te donner le mien , conduire la foudre . ”
George Sand,
Le Péché de Monsieur Antoine
“ Ce que je dis est bien clair, reprit le paysan. Une fois que j’ai ruiné toutes les petites industries qui me faisaient concurrence, je deviens un seigneur plus puissant que ne l’étaient vos pères avant la révolution, monsieur Antoine ! Je gouverne au-dessus des lois, et, tandis que pour la moindre peccadille je fais coffrer un pauvre diable, je me permets tout ce qui me plaît et m’accommode. ”
Gustave Flaubert,
La tentation de saint Antoine
(1874)
“ SAINT-ANTOINE qui a une longue barbe , de longs cheveux , et une tunique de peau de chèvre , est assis , jambes croisées , en train de faire des nattes . Dès que le soleil disparaît , il pousse un grand soupir , et regardant l' horizon : Encore un jour ! un jour de passé ! Autrefois pourtant , je n' étais pas si misérable ! Avant la fin de la nuit , je commençais mes oraisons ; puis , je descendais vers le fleuve chercher de l' eau , et je remontais par le sentier rude avec l' outre sur mon épaule , en chantant des hymnes . Ensuite , je m' amusais à ranger tout dans ma cabane . ”
William Shakespeare,
Antoine et Cléopâtre
“ Antoine. Depuis que Cléopâtre n’est plus, j’ai vécu avec tant de déshonneur que les dieux abhorrent ma bassesse. Moi, qui avec mon épée partageais l’univers, moi qui construisit sur le dos verdâtre de Neptune des cités avec mes vaisseaux, je m’accuse de manquer du courage d’une femme. Mon âme est moins noble que la sienne, elle qui par sa mort dit à notre César : Je n’ai d’autre vainqueur que moi-même. ”
Jules Gouget, Notice biographique sur A. Antoine… (1869)
“ A peine M. Antoine était-il entré dans l'éternité, que sa vie tout entière était soumise à l'examen, et sa destinée fixée à jamais ! Nous n'avons pas la présomption de scruter les secrets divins, encore moins de nous en faire l'organe. Prosterné devant cette couche funèbre, nous pleurons 1 nous adorons ! nous prions ! nous tremblons 1 Celui qui ne trouve pas les anges assez purs devant lui, aura-t-il jugé M. Antoine digne d'une miséricorde sans restriction ? nous le souhaitons, nous ne l'affirmons pas. ”
George Sand,
Le Péché de Monsieur Antoine
“ Comme mon renvoi de Boisguilbault date à peu près de la même époque, je pense que c’est un trop plein de la colère du marquis qui est retombé sur moi, ou bien que, comme il me savait dès lors très attaché à M. Antoine, il a craint que je n’eusse la hardiesse de lui en parler et de blâmer son caprice. En cela il ne s’est guère trompé, car je n’ai pas la langue engourdie, et il est certain que j’aurais fait entendre mon mot à l’oreille de M. le marquis. Il a voulu prendre les devants ; je ne peux pas expliquer autrement sa dureté envers moi. — Cet homme a-t-il une famille ? demanda Émile. ”
M. Durand, Notice biographique sur saint Antoine le Grand… (1879)
“ De tels exemples et beaucoup d'autres du même genre ne pouvaient manquer de produire une vive impression sur ceux qui en étaient témoins, et leur inspirer la plus haute idée de la puissance de saint Antoine. De là ce culte si profondément enraciné dans le pays , de là cette confiance pour ainsi dire illimitée en sa bienfaisante intercession, de là cette foi qui obtient les miracles. Citons-en un nouvel exemple qui nous peint bien le caractère de cette religieuse contrée. Nous le tenons d'un témoin oculaire. ”
