“ X. Quelquefois aussi on peint autour du trône de Dieu, ou plutôt dessous, les apôtres, qui furent ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre, par leur paroles et par leurs œuvres. Et on les peint chevelus comme les Nazaréens, c’est-à-dire les saints ; car voici la loi des Nazaréens : « Que, dès le temps de leur séparation de la vie commune des hommes, le rasoir ne passe pas sur leur tête. » On les représente aussi parfois sous la figure de douze brebis, parce que, comme des brebis, ils ont été mis à mort pour le Seigneur. ”
Nazaréens
Définition et enjeux
Citations sur “Nazaréens”
“ On savait que Jésus, ses parents, ses premiers disciples étaient de Nazareth ou des environs ; on les désignait par leur lieu d’origine [30] . On a supposé, non sans raison peut-être, que le nom de « nazaréens » s’appliqua surtout aux chrétiens de Galilée réfugiés en Batanée [31] , tandis que le nom d’ébionim continua d’être le titre que se donnaient les saints mendiants de Jérusalem [32] . Quoi qu’il en soit, « nazaréens » resta toujours en Orient le mot générique pour désigner les chrétiens ”
Comtesse de Ségur,
Les Actes des Apôtres
“ Qu’est-ce que c’est que le vœu des Nazaréens ? Grand’mère. Ceux qui faisaient ce vœu, devaient pendant tout le temps de leur Nazaréat, un mois, deux mois, six mois ou plus, selon la promesse qu’ils avaient faite à Dieu, ne pas boire de vin, ni rien de ce qui enivre, et de plus laisser croître leurs cheveux. C’était chez les Juifs une marque de deuil et de pénitence. Ils devaient, à la fin de leur Nazaréat, offrir un sacrifice, se couper les cheveux et les faire brûler dans le feu du sacrifice. ”
François de Sales,
Introduction à la vie dévote
(1695)
“ Voilà justement la raison pour laquelle, dans l’ancien Testament, les Nazaréens s’abstenoient, non-seulement de tout ce qui peut enivrer, mais encore de manger du raisin, et même du verjus : ce n’est pas qu’ils crussent que ni l’un ni l’autre les pût enivrer ”
“ Les Nazaréens ont déjà autant de sectes qu’il y a eu de sophistes pour examiner et prêcher leur culte. Et à peine Jean l’évangéliste a dit : Jésus est Dieu, qu’Arius dit : Jésus est homme. Et la majorité immense des nazaréens dit comme Arius : il est homme. Et cependant ils persécutent et massacrent nos frères pour avoir dit cela, et ils renversent les temples des Dieux, et ils ne veulent plus de Dieu sur la terre, et tout va périr de ce qui est beau parmi les hommes. ”
Pierre Abélard,
Lettres d’Abélard et d’Héloïse
“ Chez tous les peuples, en effet, gentils, Juifs ou chrétiens, il s’est de tout temps rencontré des hommes s’élevant au dessus du vulgaire par la foi ou par la sévérité des mœurs, et se séparant de la foule par une continence ou par une austérité singulière. Tels furent, dans l’antiquité, chez les Juifs, les Nazaréens qui se consacraient au service du Seigneur suivant la loi, et les fils des prophètes, et les sectateurs d’Élie et d’Elisée que l’ancien Testament, d’accord avec le témoignage de saint Jérôme, nous représente comme des moines. ”
Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Lettres juives
“ La foi des nazaréens, démontrée telle que la prêchent leurs docteurs de la premiere classe, a encore plus de brillant que la nôtre. Ils ont tous nos premiers principes ; mais il semble qu’ils en aient épuré les suites. Notre morale a quelque chose de farouche ; la leur semble dictée par bouche divine. La bonne foi, la candeur, le pardon des ennemis, toutes les vertus que le cœur & l’esprit peuvent embrasser, leur sont étroitement commandées. Rien ne sauroit les dispenser de leur devoir. Un véritable nazaréen est un philosophe parfait. ”
Alfred Loisy,
Les Évangiles synoptiques. 1
(1907-1908)
“ Joseph arrive à Nazareth pour faire droit à l'histoire et rejoindre la tradition primitive de l'Evangile, Matthieu dit que ce fut en vertu d'une nécessité providentielle, parce que les prophètes avaient dit que le Messie serait appelé nazaréen1. On est obligé de convenir qu'il n'y a pas là autre chose qu'un jeu de mots. Le Christ, en effet, a été appelé Jésus de Nazareth, ou le Nazaréen, à cause du lieu de son origine, et d'après lui ses sectateurs ont été dits Nazaréens. ”
Alfred Loisy,
Les Évangiles synoptiques. 1
(1907-1908)
“ L'étonnement des gens de Nazareth devient purement admiratif, ce qui fait valoir l'éloquence du Sauveur, mais contredit Marc, et obligera Luc à se contredire lui-même pour amener sa conclusion, où il faut que les Nazaréens blâment Jésus, soient blâmés par lui et se fâchent au point de le vouloir mettre à mort. ”
“ Il est remarquable, du reste, que sa famille lui fit une assez vive opposition, et refusa nettement de croire à sa mission. Les Nazaréens, bien plus violents, voulurent, dit-on, le tuer en le précipitant d’un sommet escarpé. ”
Matilde Serao,
Au pays de Jésus: souvenirs d'un voyage en Palestine
“ Les idées, les mœurs, la vie, sont presque immuables, en Palestine, depuis des centaines d’années, même dans les pays où la civilisation a pénétré : à plus forte raison en Galilée. Ces ateliers, à Nazareth, n’ont certainement pas beaucoup changé depuis deux mille ans, époque où le bon Joseph y maniait le rabot et où Jésus, humblement, travaillait l’âme débordante de son divin secret. Les Nazaréens sont simples, pieux et bons. J’ai acheté à l’un d’eux un ornement en filet avec des houppes rouges et bleues, destiné à garnir le harnais d’un petit âne : c’est un ouvrage assez bien fait. ”
Alfred Maury,
Croyances et légendes du Moyen-âge…
(1896)
“ Peut-être cette secte descendelle des Nazaréens ou Ebionites de l'ancienne église chrétienne, ou de ces chrétiens qui, comme ceux que saint Paul trouva à Ephèse (Actes XIX, 2-7) , n'avaient reçu que le baptême de Jean et ne savaient rien du Saint-Esprit. Voyez l'excellente thèse de M. L. E. Burckhard sur cette secte. 2. Ce livre est le Sidra Hiahia ou Draschia Diahija. Suivant les Nazaréens, Jean-Baptiste reçut ce livre de Dieu. La nouveauté de sa rédaction est indiquée par la mention qui y est faite de cloches et de rosaire. Cf. thèse citée, p. 43. --- 3. ”
Eusèbe de Salle,
Ali le Renard, ou la Conquête d'Alger…
(1832)
“ Oui, le jour terrible pour les nazaréens : l'élite de leur jeunesse est emprisonnée sur cette étroite langue de terre ; la mer va briser leurs vaisseaux, le fer des enfans d'Ismaël les immolera jusqu'au dernier, car il est écrit : Pour les infidèles point de merci. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Nazaréens est aussi employé dans l’Ecriture pour marquer un homme élevé en dignité, comme il est dit du patriarche Joseph. Genes. xlix. V. 26. qu’il étoit nazaréen entre ses freres. On explique ce terme diversement. ”
Jean-Baptiste de Boyer Argens, Lettres juives, ou Correspondance philosophique… (1754)
“ Cependant quoique chacun puisse ici servir Dieu à sa mode , la religion de l'état, ou des Provinces- U nies , est la Chrétienne réformée. Tu sais que cette religion est dans le fond la même que la Nazaréenne, & qu'elle n'en est distincte que dans certains points. Les-Nazaréens Papistes damnent hau- tement les Nazaréens réformés. Ceux- ci accordent bien à leurs adversaires quelque petite place dans le Ciel ; mais ii leur rendent le chemin ù difficile y que franchement, autant vaudroit-il Qu'ils les donnassent à tous les diables. ”
Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Lettres juives
“ Les docteurs nazaréens qui sont ici, enseignent au peuple qu’il n’y a qu’un Dieu. Ils le regardent comme un grand roi, lui composent une cour magnifique, & lui donnent un grand nombre de princes & de seigneurs pour en faire l’ornement. Ce sont les ecclésiastiques qui sont en droit d’expédier les lettres-patentes de ceux qui doivent occuper ces postes. Comme elles se vendent très-cher, & que le souverain pontife y trouve son intérêt, il est attentif à faire de tems en tems de très-nombreuses promotions. On appelle cela, en termes nazaréens, canonisation d’un saint. ”
Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Lettres juives
“ Les nazaréens papistes & nos rabbins, condamnent ce sentiment. Ils croient que Dieu ne doit point avoir pitié d’une créature qui a tâché de le servir dans une autre religion ; & il est tel moine à Rome qui consentiroit plutôt d’avouer qu’il n’est aucune divinité, que d’accorder une place dans le ciel à quelques nazaréens réformés qui ont donné dans ce monde des exemples de la vertu Ia plus parfaite. ”
“ Là aussi, sur cette terre où dorment le charpentier Joseph et des milliers de Nazaréens oubliés, qui n’ont pas franchi l’horizon de leur vallée, le philosophe serait mieux placé qu’en aucun lieu du monde pour contempler le cours des choses humaines, se consoler de leur contingence, se rassurer sur le but divin que le monde poursuit à travers d’innombrables défaillances et nonobstant l’universelle vanité. ”
Tinco Martinus Lycklama à Nijeholt, Voyage en Russie, au Caucase et en Perse… (1872-1875)
“ A quelque distance de là, en revenant toujours dans le voisinage du couvent, on voit une petite église construite sur l'emplacement de la synagogue de Nazareth, fréquentée par Jésus. La tradition, qui détermine cet emplacement, est fort ancienne, car déjà, au vie siècle, elle était constatée par Antonin de Plaisance. L'église est moderne et sert de ✓ paroisse aux grecs-unis. C'est dans la synagogue de Nazareth que fut prononcée la prédication fameuse recueillie par Saint-Luc, dans le quatrième chapitre de son Evangile. Les Nazaréens furent les derniers à croire à la divine mission du Christ. ”
Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Lettres juives
“ Pour exciter la charité des nazaréens, le pontife, de temps en temps, ouvre les portes du ciel. Autrefois cela n’arrivoit que tous les cent ans : actuellement, comme on s’est apparemment apperçu que les hommes vivoient moins, on fait cette ouverture tous les vingt-cinq ”
Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Lettres juives
“ D’ailleurs, toutes les religions, si l’on en excepte celle des nazaréens réformés, sont également surchargées d’usages abusifs & de coutumes vicieuses, qui se sont introduites peu-à-peu. Un homme sage les regarde comme des choses étrangères, & qui n’ont rien de commun avec les points essentiels. Je suppose donc, que, laissant à part les cérémonies musulmanes, on propose à un philosophe payen, qui n’aura point d’idée du judaïsme ou du nazaréïsme, une confession de foi mahométane. ”
Amélie Chevalier, Les voyageuses au XIXe siècle
“ À partir de Tripoli, l’Orient chrétien remplace l’Orient musulman. La princesse atteignit Nazareth le mercredi de la semaine sainte, par les vallons que dominent les monts de la Galilée. Rien n’est plus délicieux que ces vallons, où des lauriers, des myrtes de la taille de nos chênes enlacent leurs ombrages au-dessus des tapis de verdure et de fleurs. La caravane entra à Nazareth à la nuit tombante, et s’arrêta au couvent des franciscains. ”
François Lacoste, Le Glaneur sur le chemin de Jérusalem… (1875)
“ Pourquoi le Sauveur porte le nom de Nazaréen. — Couvent, chapelle et saintes grottes de Nazareth.— Atelier de saint Joseph. — Fontaine de la sainte Vierge. — Chapelle de la Mensa-Domini. — Eglise des Grecs catholiques ou ancienne synagogue, — Rocher du Précipice. Nazareth demande une attention particulière, parce que c'est là que s'est écoulée l'enfance et la plus grande partie de la vie mortelle du fils de Dieu fait homme. Il a voulu en porter le nom pour plusieurs raisons que M. Renan n'a pas su deviner. ”
X.-B. Saintine,
Trois ans en Judée, par P. Gérardy Saintine…
(1860)
“ Bâtie en gradins dans un amphithéâtre de montagnes, au milieu de roches blanchâtres qui font mieux ressortir la verdure naissante de ses figuiers, Nazareth est le sanctuaire où commença le rachat de l'humanité ; c'est là que l'Éternel descendit dans le sein d'une vierge pour guérir nos misères en les partageant, et tout voyageur qui lit sous l'autel de l'église, ces mots ineffables : « Ici le Verbe s'est fait chair, » s'abîme dans la grandeur du mystère de la clémence divine, et reste anéanti entre les crimes du passé et les espérances de l'avenir. ”
Joseph Besson, La Syrie et la Terre sainte au XVIIe siècle… (1862)
“ Nazareth la plus méprisée des villes de la Palestine, de laquelle on doutait si elle était capable de produire quelque bien, Nazareth devenue la Heur des villes, a donné au monde la fleur des hommes, l'Homme-Dieu et le plus qualifié des hommes de Dieu, saint Joseph. Nazareth est une si belle contrée, qu'André de Jérusalem ne craint point de la comparer avec le paradis terrestre 1 ”
Matilde Serao,
Au pays de Jésus: souvenirs d'un voyage en Palestine
“ Nazareth, c’est le pays de la paix chrétienne : les moines y vivent dans une parfaite tranquillité et leurs œuvres pieuses et charitables ne sont troublées par personne. A Jérusalem, Bethléem, Jaffa, Caïffa, Tibériade, les éléments turcs et juifs sont toujours si discordants et les chrétiens si turbulents ! Ici, c’est la paix profonde. Construite sur deux collines, cette petite ville de Nazareth est toute en montées et en descentes, mais les rues sont praticables ; çà et là, on trébuche sur une pierre : seule, la grande voie, qui conduit au marché, est assez bien pavée. ”
Georges Darboy,
Jérusalem et la Terre-Sainte : notes de voyage
“ Nazareth est située sur la pente méridionale d'une colline, et bâtie en amphithéâtre ; elle est dominée par des hauteurs qui se réunissent à la base, et se détachent l'une de l'autre, à la cime, comme les lobes d'une fleur. Des maisons blanches et propres, l'atelier de saint Joseph, les églises des Grecs unis et des Grecs schismatiques, l'église et le couvent des Pères latins, une mosquée avec son élégant minaret, un bazar qui semble assez animé, l'ancienne synagogue où Jésus montra, par les Écritures, qu'il était le Messie promis ”
Adolphe Roüet, Vie de l'abbé Martin (d'Agde), curé de Saint-Denis… (1869)
“ Les animaux domestiques sont élevés avec un soin tout particulier. Les métiers les plus usuels y sont exercés avec une intelligence et une étonnante adresse et dextérité. La Nazaréenne pourvoit à tout et suffit à tout. Les précieux résultats qui font admirer la Solitude de Nazareth ont leur source dans la grâce de Dieu, qui est le principe de tout bien ; puis dans les exemples de dévouement et de sages se qui sont sans cesse sous les yeux des Nazaréennes, dans la personne de celles qui les dirigent. ”
Thomas d’Aquin,
Chaîne d’or sur l’évangile de saint Jean
“ Nathanaël, qui était très-instruit dans la loi, ayant entendu dire à Philippe : « Nous avons trouvé Jésus de Nazareth ; » ce dernier mot réveilla son espérance, et il dit : « Il peut venir quelque chose de bon de Nazareth. » Car il avait approfondi les Ecritures, et il savait (ce que les scribes et les pharisiens ignoraient) , que c’était de Nazareth qu’on devait attendre le Sauveur. — ALCUIN. C’est lui qui est le saint par excellence, l’innocence, celui qui est sans tache et dont le prophète a dit : « Un rejeton sortira de la tige de Jessé, et du Nazaréen (une fleur) s’élèvera de sa racine. » ”
Matilde Serao,
Au pays de Jésus: souvenirs d'un voyage en Palestine
“ Et cependant, c’était une aube comme celle-ci dans ce pays sacré, qui vit la mort du malheureux : c’est étrange ! Le père Marcel de Noilhac n’a pas lu Alfiéri et je me garde bien de lui en parler. Il fixe les yeux à l’horizon, et au fond de son cœur il y a un grand désir de revenir à Nazareth. Il est certain que Jérusalem est faite pour les franciscains qui combattent, mais non pour ceux qui prient ; elle est faite pour ceux qui luttent et non pour ceux qui aiment les muettes contemplations. Je parle de Nazareth : les yeux du religieux brillent. ”
“ Cette exigence serait satisfaite si le départ d’Égypte pour Nazareth n’était expressément motivé, et s’il était seulement dit que les parents de Jésus retournèrent dans la terre d’Israël d’après un avis venu d’en haut, et se rendirent à Nazareth. ”
A.-H. de Wandelbourg, Études et souvenirs sur l'Orient et ses missions… (1883)
“ Nazareth était, jusqu'à l'époque de l'Incarnation , une localité obscure, pas même nommée dans la Bible ni dans l'histoire, avant que l'archange y vînt annoncer à Marie sa maternité virginale et divine. Notre Seigneur, pendant sa vie mortelle comme depuis son Ascension, dans les prédications de ses disciples comme dans les blasphèmes de ses ennemis, fut communément nommé « Jésus de Nazareth, » parce qu'il avait été élevé dans cette ville. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Geneviève, qui épiait avec inquiétude toutes les paroles des émissaires des pharisiens, entendit l’un de ces deux hommes dire à l’autre : — Suivez et surveillez le Nazaréen... Moi, je cours chez les seigneurs Caïphe et Baruch leur rendre compte des abominables blasphèmes et des impiétés qu’il a proférés cette nuit en compagnie de ces vagabonds... Il ne faut pas cette fois que le Nazaréen échappe au sort qui l’attend... ”
