Leonid Andreïev,
Les Sept Pendus
“ L’âme violente et indomptable du Tzigane, étoufiée par les murs et les grillages de la fenêtre opaque, usait toute son énergie à incendier le cerveau de Michka. Comme dans une vapeur d’ivresse, des images vives bien qu’imparfaites tourbillonnaient, se heurtaient, se confondaient dans sa tête ; elles passaient avec une rapidité aveuglante et irrésistible, et tendaient toutes au même but : la fuite, la liberté, la vie. Pendant des heures entières, les narines dilatées comme celles d’un cheval, le Tzigane flairait l’air : il lui semblait qu’il sentait l’odeur du chanvre et de l’incendie. ”
