M. Marc-Monnier

Élements biographiques

M. Marc-Monnier Le comte Joseph Gorani d'après ses mémoires inédits

Quand l’excellence fut hors d’affaire, tout Lisbonne se mit en fête ; ce n’étaient que Te Deum, réjouissances publiques et privées ; on priait tous les matins, on dansait tous les soirs, et un déluge de poésies inonda le palais du ministre. « Je fis moi-même des vers à cette occasion, dit Gorani, mais mes vers étaient sincères, puisque j’étais persuadé que mon bienfaiteur l’était aussi de tout le Portugal. » Cet enthousiasme ne dura pas ; le jeune courtisan s’aperçut un peu tard que le comte d’Oeiras n’était pas un homme de bien, ni peut-être même un homme de génie.
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M. Marc-Monnier Le Tour du monde

Durant cette nuit solitaire, autour de cet homme de bien, abri vivant d’un mort, le Vésuve a vomi de quoi bombarder une ville. Patient et immobile, l’héroïque ami n’en est pas moins resté là, ne pouvant crier, car sa voix était étouffée par le tonnerre, et affrontant mille morts pour sauver un cadavre, avec une obstination de dévouement qui n’était certes pas l’ivresse du feu. Quand on peut citer de pareils traits, on n’en conclut certes pas que l’homme soit un Dieu, mais on se console un peu de n’être qu’un homme.
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M. Marc-Monnier Le Tour du monde

À deux pas de nous, un ruisseau de lave descend dans le gouffre, et ce gouffre, ouvert depuis la veille, est une vraie mer qui se perd à l’horizon dans des nuages de fumée : une mer liquide qui tourbillonne et mugit, brisant contre des écueils amoncelés ses vagues de flamme, entre-choquant ses flots qui jaillissent brisés dans l’air et qui retombent, écume de feu, sur de hauts rochers qu’ils allument. — Et en même temps, sur nos têtes, le grand cratère vomit du fer, du soufre, des flocons de lave, des boulets rouges, des bombes qui pèsent trois quintaux.
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