Ambroise Tardieu, Les voyages à travers l'Europe et l'Afrique d'un archéologue historiographe… (1906)
“ C'est d'une mélancolie indéfinissable. Je prends une gondole. Je traverse d'étroits canaux, sous des ponts multipliés. Plus de bruit, si ce n'est celui de la rame. Je passe aux pieds de nombreux palais gothiques ; la lune éclaire toujours ; par-ci, par là, des lanternes allumées aux gondoles. Me voici à l'albergo (l'hôtel) . Je fais prix. Il faut croire que la vie n'est pas chère à Venise ; car, à l'hôtel de la Lune (Albergo di la Luna) , une belle et bonne chambre ne coûte guère plus de deux francs cinquante par jour, et c'est l'un des grands hôtels de ville, près de la place Saint-Marc (1) . ”
