Eugène Lesbazeilles, Les forêts (1884)
“ Le voyageur qui, venant d'Europe, pénètre dans une des vastes forêts du Canada ou de l'un des États du nord, — le Maine, l'Ohio ou le Michigan, — se sent aussitôt saisi d'une profonde émotion : il s'étonne, il regarde, il écoute, il s'extasie. Sous ces hautes voûtes de feuillage supportées par d'innombrables fûts de pins et de chênes qui s'élancent d'un seul jet, dans un air immobile et une lumière amortie, réduite à un doux crépuscule, au mi lieu d'un silence tel qu'il croit n'avoir jamais- jusqu'alors connu le silence, il goûte avec délices la complète solitude et l'indépendance absolue. ”
