Résumé

Émile Auzou Revue des Deux Mondes

Mais si, dans les parties resserrées, le chenal se maintient assez bien, il divague dans les vals au milieu d’un épais limon, au milieu surtout de bancs de sable immenses, dont la végétation, la culture même souvent fixent les rives jadis incertaines.
Les sables ! Comment sauver un fleuve qui en roule, qui en étale sur des centaines de kilomètres ? Le voyageur le plus léger est frappé à ce spectacle. La matière solide attire seule son regard. « C’est un fleuve de sable ! » Il se représente la Loire comme ces torrens de bouc qui sortent parfois des glaciers.
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Émile Auzou Revue des Deux Mondes

Des voyageurs l’avaient décrite, cette savane inondée, dont les rives toujours incertaines interdisent d’y établir des ports, dont un quart peut-être est couvert d’îles si voisines, d’herbes si touffues que des caravanes traversent le lac sans s’en douter ; terre tour à tour inondée ou découverte, féconde donc en miasmes putrides, en fièvres violentes, en myriades d’essaims de moustiques ; bas-fond dont aucun fleuve ne sort, où un seul se perd ; si voisin du désert au nord que là seulement les rives sont nettes, parce que les dunes de sable s’y avancent.
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Émile Auzou Revue des Deux Mondes

En supprimant la servitude dans l’Afrique du Nord, les Européens ont tué le commerce saharien. A moins d’y découvrir des richesses minérales encore imprévues, le Sahara sera de plus en plus désert. A mesure que les côtes de Guinée appelleront plus fortement, par les cours d’eau, les chemins de fer, les produits et les hommes du Soudan, les nomades sahariens se rapprocheront de lui ; ils seront aspirés par lui comme une poussière légère par un puissant foyer.
L’avantage de prévenir les Anglais à Tombouctou ? C’est une crainte chimérique née d’une confiance étrange dans les dires du rival.
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